Le tabou mariage et concubinage, un débat dépassé

  • Mariah C. Baptiste | jeudi 29 novembre 2018
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« J’ai passé 15 ans avec Robert avant de l’épouser! Il me fallait le connaitre avant. Après le mariage, c’est comme si je ne l’avais jamais connu. Rien a changé sinon le fait que nous étions mariés.» Mariage, concubinage comment mieux vivre à deux ?

Le roi Salomon, dit-on, avait 700 femmes et 300 concubines. Pourtant ce roi fut le plus sage, a fait remarquer Doris, un jeune homme marié depuis trois ans. En effet, dans beaucoup de pays, en Afrique notamment,  la polygamie est de plus en plus présente. Selon les démographes et les ethnologues 85 % des sociétés le sont en droit. La polygamie, ce concept qui désigne le fait pour un homme d’avoir plusieurs femmes n’a cessé d’interpeller les féministes. Pourquoi les hommes auront le droit d’avoir plusieurs relations et non pas les femmes ?  Comment la société voit-elle une femme qui n’est pas mariée ? Que pensent les femmes ?

 

Dès le berceau, les jeunes filles sont éduquées à devenir mère, épouse et non maitresse ou concubine. Julie, une jeune femme célibataire confie : « Ma mère me dit toujours une fille qui n’est pas mariée est une honte pour sa famille. J’ai donc grandi avec l’idéal de la robe blanche.»

 

D’après cette jeune femme qui vit dans l’espoir de s’unir avec un homme dans la plus belle des  institutions qui encadre légalement l’amour, le mariage est le bonheur suprême. L’union de deux êtres reconnue par l’Etat est un pas important dans la vie sociale d’une personne comme l’est le baptême, la première communion, la remise des diplômes. De tous ces évènements qui marquent une existence, lequel est le plus important ? « Le plus important dans la vie d’une femme, c’est le mariage », affirme-t-elle sans ambages.

 

Néanmoins, si l’on peut parler de l’amour pour une telle union, il serait tout aussi censé de l’accommoder avec le libre-arbitre. Une femme sur trois s’est mariée par amour cependant d’après un article sur le Monde près d’un million couple se forment chaque année. Parmi eux  546 000 sont en union libre, 240 000 se marient et 164 000 se pacsent. Toujours d’après l’article « vivre en concubinage a longtemps été une pratique ultra minoritaire : seul 2,9% des couples n’étaient pas mariés en 1962, 2,6 % en 1975 et seulement 6,3% en 1982. Aujourd’hui, c’est le cas de plus d’un quart des unions (26%), soit 19% d’unions libre et 7% de pacs. »

 

« J’ai choisi de vivre avec Robert avant de l’épouser, pourtant je l’aimais beaucoup. C’était mon choix», s’est confié Sylnive qui vit avec son mari Robert depuis tantôt 20 ans. « Cela n’a pas été facile compte tenu du nombre de difficultés rencontrés du coté de mes parents et des autres femmes. Le plus dur était que mes enfants portaient cette marque discriminatoire enfant naturel.Moi aussi, j’ai été discriminé dans ma vie sociale. Je me rappelle qu’on m’a refusé un prêt à la banque parce que je n’étais pas marié. Mon propriétaire disait n’avoir pas confiance en moi », raconte-t-elle avec peine.

 

La vie est plus facile et plus simple à deux. Sommes-nous combien à rêver d’épouser le prince charmant qui parfois, ne tardera pas à se transformer en une grenouille allergique ?Madame de la Fayette dans ses œuvres fait mention de la nécessité pour les femmes de s’épanouir. Elle défend le fait que les femmes manifestent le même désir  que les hommes, celui d’aller chercher l’amour ailleurs dans les bras d’un amant. « Le mariage n’est qu’un prétexte, un accord pour rendre l’amour moins accessible et plus désireux », écrit-elle dans Princesse de Clèves. De la Venus de Willendorf, image d’un idéal féminin tout puissant, à la Mariée de Niki Saint-Phalle, offrant le regard de la femme sur sa propre destinée, la quête de l’éternel féminin jalonne vers l’autonomie amoureuse et la reconnaissance du corps, du désir et du contrat social qui va avec. 

 

« Pour moi le mariage n’est qu’entrave et interdit, je suis libre comme ça. Je fais ce que je veux. Quand je veux et sans avoir des comptes à rendre qui que ce soit », souligna Bettina, une artiste peintre qui vit avec son homme depuis 5 ans. Encore une fois, entre pression sociale, liberté et l’amour, les féministes ont du fil à retordre. 

 

Polygamie, Concubinage, mariage ou plus encore maitresse, amante, épouse, copine ne sont que de mots l’important c’est de trouver le bonheur dans la relation.



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