Haïti Femmes & TIC, le modèle de la lutte pour l’intégration des femmes dans les TIC

  • Par Diane Bissereth | mardi 07 mai 2019
Crédit photo : page facebook Haiti Femmes & TIC

A tort ou à raison, le domaine de la technologie est perçu comme un monde d’hommes. Fondamentalement, les études montrent que les femmes ont moins d’accès à ces technologies, et de fait, les exploitent moins bien. Malencontreusement, les choses ne sont pas différentes ici en Haïti. Toutefois, l’association « Haïti Femmes & TIC » se veut être l’icône de cette génération qui veut faire pencher la balance et initier beaucoup plus de femmes dans le secteur.

Dès l’enseignement primaire et secondaire, la société haïtienne renvoie aux jeunes femmes une opinion toute faite des disciplines qu’elles doivent embrasser ce qui constitue une entrave significative à l’évolution de leurs mentalités. 

 

Leurs entourages sont peu familiarisés avec ces domaines (sciences et technologies) et ignorent parfois le rôle qu’elles peuvent y jouer. Les postes de direction sont représentés par une image agressive des hommes et l’engagement des femmes pour l’évolution de ce domaine est apprécié par peu de gens. En effet, l’importance accordée aux femmes de ce secteur reste minime et par crainte de ne pas pouvoir y faire leur place certaines d’entre elles choisissent une orientation socialement mieux acceptée. Au milieu de toute cette situation embrouillée, on retrouve Haïti Femmes & TIC, une institution qui s’adonne pour le bon équilibre des choses.

 

Créée en février 2015, Haïti Femmes & TIC est une communauté qui regroupe les jeunes talents féminins évoluant dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en Haïti dans le but de les voir innover activement dans le milieu et dans d’autres disciplines de sciences appliquées afin de lutter contre la pauvreté, les discriminations sociales et de déconstruire les stéréotypes dont elles font objet. Brièvement, elle a pour mission de contribuer au renforcement des capacités des jeunes filles/femmes dans le domaine des TIC en Haïti.

 

D’après Debora Emmanuela Toussaint, co-fondatrice de Haïti Femmes & TIC, les problèmes et discriminations auxquels font face les jeunes femmes sont multiples et peuvent même les pousser à l’abandon. « En tant que femme pratiquante en TIC, j’ai confronté de nombreuses difficultés. Je n’ai pas réalisé tout ce que j’avais souhaité cependant je ne saurais être insatisfaite face aux travaux accomplis et l’héritage que les institutions cofondées constitueront pour les générations futures. », nous a fait savoir la jeune femme. 

 

En plus des jeunes filles/et femmes ; Debora, représentante en Haïti le SoWCoders (society of women coders), association qui aide les jeunes filles dans les pays en voie de développement à intégrer les sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM), a également pensé aux enfants. 

 

Elle a eu la brillante idée d’intégrer les TIC dans les écoles en cofondant « B.A. BA-Technologies », une institution qui fait la promotion des TIC chez les enfants. « En février 2018, nous avons réalisé conjointement un projet intitulé « kidôtech 8.12 » qui prône l’intégration des enfants dans le domaine des TIC particulièrement la programmation », a expliqué Debora. 

 

Aujourd’hui, Haïti Femmes & TIC compte environ une trentaine de membres. Pour inciter plus de filles/femmes à pratiquer les métiers liés à la technologie, les initiatrices leur offrent un environnement adapté leur permettant d’apprendre et de partager avec un contenu significatif.

 

Si la technologie est un univers frappé du sceau de la masculinité, la gente féminine occupe indubitablement une place dans cet écosystème. Entre 2009 et 2014, le nombre de startups outre-Atlantique créées par les femmes a quasiment doublé. Même s’il est difficile de mettre la main sur des statistiques pouvant répertorier le cas d’Haïti, il est visiblement évident que les haïtiennes, adepte des TIC, font leur possible pour démontrer que la technologie n’est pas qu’une affaire d’hommes et que les femmes ont aussi leur mot à dire, leur part de travail à faire.                     

     

 

 



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