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Ambassadrice de la diaspora africaine en Floride, Danielle Gourdet veut interconnecter l’Afrique et sa diaspora

Née en Haïti, Danielle Gourdet est une docteure en médecine intégrative. Nommée ambassadrice du « State of the African Diaspora » pour une période de trois ans, elle s’implique déjà activement dans sa nouvelle fonction. Dofen News vous la présente en ses propres mots.

Dofen News : Pouvez-vous nous parler de votre enfance en Haïti ?

Danielle Gourdet : Selon ce que je me souviens, depuis mon enfance j’étais toujours connectée à tout ce qui a rapport à la culture, aux traditions. Depuis à l’âge de 8 ans, je dessinais beaucoup, des figures que moi-même ne comprenait pas. A 14 ans je vais rencontrer plusieurs personnalités et d’intellectuels qui vont m’éclairer sur beaucoup de chose, comme mon parrain Georges Paul Hector, l’un des plus grands artistes peintres haïtiens. Je composais et chantais beaucoup de musiques folkloriques. Très jeune je me suis rendue à l’Ecole nationale des arts (ENARTS) et au foyer culturel de carrefour. Progressivement j’ai pu découvrir qui j’étais réellement, ma culture, ma religion.

D.N : Parlez-nous un peu de votre spécialité en médecine intégrative ?

D.G : C’est une discipline qui fait un mariage entre la médecine traditionnelle et la médicine conditionnelle. Nous faisons une intégration de la médecine naturelle avec des recherches de la médecine moderne.

D.N: Avec quel sentiment avez-vous reçu le titre d’Ambassadrice de la diaspora dans l’Etat de Floride ? Et quel est votre plan pour cette nouvelle tâche ?

D.G : Ça a été pour moi plus qu’un honneur, parce que j’ai été choisie pour l’être après qu’on ait étudié mon dossier. Ils m’ont appelée et j’ai répondu positivement. Notre plan est de réunir toutes nos valeurs africaines communes. Entrer l’Afrique dans la diaspora (Tous ces gens qui ont été 400 ans de cela et même plus, arrachées de leurs terres natales pour être éparpillées partout dans le monde) et inversement. Elle est une grande et forte communauté, on recense approximativement 370 millions d’africains. Nous voulons rassembler cette population pour un retour vers le continent noir. Nous avons beaucoup de cerveaux repartis dans le monde : des mathématiciens, des journalistes et d’autres, qui sont des richesses de l’Afrique mais qui sont ailleurs. Nous les voulons désormais au bercail.

D.N : Quels en sont les projets ?

D.G : Il y a beaucoup d’avis qui véhiculent de mauvaises idées sur l’Afrique, néanmoins j’affirme que c’est l’un des continents les plus riches dans le monde. Nous travaillons déjà à aider tous les enfants de l’Afrique qui veulent retourner au bercail soit pour des études, de l’investissement ou rester définitivement. Nous comptons établir des relations sur le plan économique, politique et culturel. Et pratiquer le ‘’soft diplomacy’’ dans les échanges culturels en offrant des bourses d’études aux étudiants intéressés de venir étudier en Afrique. Dans cette perspective d’interconnecter l’Afrique et la diaspora, nous comptons travailler également sur la restitution des biens et trésors coloniaux, la conservation de la culture et de la religion africaine tout en respectant les autres religions etc. Nous allons aborder les questions de finances, d’agriculture, de transport, des nouvelles technologies, des espaces satellites et projeter de combattre le racisme.

D.N : Quelle est la place d’Haïti dans vos politiques étant ambassadrice de l’Afrique ?

D.G : Haïti se trouve en tête de liste dans nos travaux. Nous ouvrons le cadre aussi pour tous les haïtiens. On les accompagnera à tous les niveaux

D.N : Quelle est votre position par rapport à la situation actuelle en Haïti ?

D.G : Nous savons que le pays traverse un moment difficile face à l’insécurité. Le gouvernement haïtien devrait remédier à la situation. Mais pour une raison ou une autre pour le moment, il y des détails dans lesquels nous préfèrerions ne pas entrer. La situation haïtienne est très délicate.

D.N : Est-ce que le State of the African Diaspora compte, sur le plan de développement, faire des interventions physiques en Haïti ?

D.G : En dépit de tout ce qui se passe là-bas, nous répondons à l’affirmative. D’ailleurs nous sommes en train d’élaborer des projets pour intervenir dans tous les pays qui possèdent des noirs qui y vivent.

D.N : Avez-vous des projets de développement pour les pays en Afrique ?

D.G : Bien sûr, nous en avons. Nous comptons créer et développer des villes pour mieux faciliter l’arrivée des gens. On les appellera des smart city.

D.N : Pouvez-nous parler du State of the African Diaspora ?

D.G : En 2014, le président de l’Union africaine, Mohamed Ould Abdel Aziz a donné mandat au Dr Louis Georges Tin pour former la sixième région à savoir la diaspora africaine. C’est un gouvernement sans territoire mais selon la constitution de cet Etat nous avons un premier ministre, un parlement, un cabinet ministériel, des ambassadeurs, des députés. Néanmoins nous n’avons pas de président. J’ai été nommée par le Premier ministre. Notre rôle et mission est de chercher les enfants de l’Afrique dispersés dans le monde et les ramener à la maison.

D.N : Quelle est la place de la femme africaine dans la diaspora haïtienne ?

D.G : On ne saurait parler de l’Afrique sans parler des femmes africaines. Elles sont à la base de tout. Toutes les richesses de ce continent reposent sur elles. Nous nous rappelons que le drapeau du premier Etat noir indépendant, Haïti a été cousu par une femme. D’après la spécialiste en sciences administratives commerciales, les haïtiens qui seront intéressés de venir en Afrique, peut se référer au programme « Eco-6 (Economy community of state) ». Il leur sera accordé une « green card » qui pourra faciliter leur installation dans n’importe quel pays du continent et éventuellement se naturaliser.

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