L’année académique 2018 - 2019, une catastrophe

  • Par Laïka Mezil | mardi 09 juillet 2019
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Crédit photo : Dofen News (Archives)

Cette année n’aura pas été de toute tranquillité pour quiconque en Haïti. Et le secteur éducatif n’en a pas été exempt. En effet, les vives tensions, qui ont secoué tout le pays, ont causé bien des soucis aux élèves et aux étudiants.

Bouclée sous des manifestations de grande envergure, l’année académique 2018 - 2019 s’est achevée prématurément, car les élèves n’ont malheureusement pas pu achever leur programme. Cela est surtout dû aux multiples manifestations des secteurs de l’opposition et des petrochallengers revendiquant respectivement le départ de Jovenel Moïse au pouvoir et la tenue du procès des dilapidateurs des fonds Petrocaribe destinés au développement du pays.
 
Pas mal de secteurs ont été gravement atteints par ces journées de revendications qui ont empêché la libre circulation des habitants de différentes villes du pays. Les secteurs économiques et éducatifs semblent avoir été les plus affectés, puisque nous avons constaté la montée de l’inflation et la fermeture prématurée des établissements. Nombreuses sont les écoles qui n’ont pas convié leurs élèves aux examens de fin d’années par crainte que ces derniers se fassent attaquer par des citoyens malintentionnés. Un avis qui doit-on le préciser partagé par les parents. « Je ne risque pas d’envoyer mon enfant à l’abattoir, nous ignorons si certaines personnes n’iront pas les faire du mal. Sans compter que le Collège n’a pas organisé les examens de fin d’années. Du coup, la troisième étape sera considérée comme l’examen final », nous a révélé un parent.


À cause de ces turbulences politiques qui ont conduit à la perte de plusieurs jours de classe, le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) a été obligé de modifier le calendrier scolaire 2018 - 2019, selon une note de la dite institution. Repoussant ainsi de quelques jours les dates de différents contrôles officiels : contrôle 3 du 18 au 22 mars ; contrôle 4 du 17 au 28 juin ; examen de 9e année fondamentale du 24 au 26 juin 2019 ; examens des Écoles normales d’instituteurs (ENI) du 24 au 28 juin ; examen des Centres d’éducation familiale du 24 au 28 juin 2019 et examens de fin d’études secondaires du 8 au 12 juillet 2019. Toutefois, cela ne semble pas avoir apporté un réel changement pour les élèves puisque certains se plaignent d’avoir manqué des cours importants. « Au lycée, nous n’avons pas pu achever à temps le programme. L’école a dû nous organiser des cours de rattrapage pour nous aider. Toutefois, cela a été bref et je ne suis pas sûr d’avoir emmagasiné le maximum », a expliqué Lucienne Charles, vice-présidente du Nouveau secondaire 4, vacation PM au Lycée Marie Jeanne.  

D’autres affirment que c’est le nouveau secondaire qui pose problème. « Nous avons beaucoup de matières à travailler, certains professeurs peinent à nous expliquer certaines notions. Ce changement brusque nous pousse à nous surmener. Du coup, on ressent une forte pression », nous confie une autre écolière du Lycée Marie Jeanne qui n’a pas voulu que son nom soit révélé.


Malgré ce manque de préparation, pas mal d’élèves se sont présentés aux examens pour cette première journée, à savoir ce 8 juillet 2019. On constate même que certains sont accompagnés par un membre de leurs familles. Assurément, la crainte de savoir son enfant seul dans les rues inquiète encore.  


Angoisse, pression, tension, manque de préparation, ce sont les différents sentiments avec lesquels plusieurs de ces élèves se présentent en salle d’examen par cette journée de lundi ce qui nous pousse à nous demander, s’ils seront capables de bien subir les épreuves et au final de réussir. Quel sera le pourcentage d’élèves à passer le cap par département cette année ? Pour l’instant, la réponse est inconnue. On ne peut que leur souhaiter bonne chance, espérant que beaucoup réussiront.
 



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