La Coordonnatrice du Collectif Femmes de l’Artibonite (COFA) fait le point sur la situation actuelle du pays

  • Par Diane Bissereth | mercredi 09 octobre 2019
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Crédit photo : soumise par Cassamajor Patricia

Suite à une note de presse signée par plusieurs organisations féministes de l’Artibonite. La rédaction de Dofen News a contacté Patricia Cassamajor Racine, la Coordinatrice du Collectif Femmes de l’Artibonite (COFA) pour faire un point plus détaillé sur la crise que traverse le pays actuellement.

Ce lundi 7 octobre 2019, Haïti a commencé sa quatrième semaine de «pays lock» où toutes les activités publiques et privées sont en mode pause incluant la reprise des classes. A part les week-ends qui sont le plus souvent laissés comme journées de ravitaillements, les autres jours de la semaine sont marqués par la descente massive et répétée de la population dans les rues et des barricades de sortes érigées à tous les carrefours dans l'unique but de réclamer la démission du Président élu Jovenel Moïse.


Le COFA est une association qui gère et défend les intérêts des femmes et qui lutte également contre toutes les formes des violences et des discriminations, a précisé sa coordonnatrice avant de commencer notre ronde d'entrevue spéciale.


Dofen News: Que pensez-vous de la situation actuelle du pays? En quoi consiste-t-elle un désavantage pour les femmes?

 

Patricia Cassamajor Racine : Cette situation représente un énorme désavantage pour les femmes. Nous avons déjà enregistré le pire:
• Il n'y a pas d'hôpital ou de centre de santé disponible pour prendre en charge une femme qui est en train d'accoucher. Ceux qui essaient de garder leurs portes ouvertes n'ont pas de vaccins, ni de gants, ni d'ocytocine, pour ne citer que ceux-là. Pour celles qui portent encore leurs enfants, la dégradation de l'environnement a déjà provoqué de graves conséquences sur leur vie et sur celle du bébé. Si une femme enceinte a besoin d'assistance étant chez elle au cours de la nuit, même si tout le monde voudrait collaborer, ils en sont incapable car le carburant reste encore indisponible.
• Les enfants ne peuvent pas aller à l'école.
• Les femmes sont victimes de viols, de vols à main armés , de armées au moment de se rendre au marché etc. 
• Celles qui exercent dans l'informel et qui vendent des produits périssables ne peuvent pas le faire à cause du transport en commun qui est paralysé.
• Avec la famine et les besoins primaires qui ne sont pas comblés, les filles et les femmes sont exposées à la prostitution. En somme, les cas de grossesses précoces et de maladies infectieuses risquent d'augmenter. 
• Depuis le début des soulèvements, leurs enfants ou leurs maris décèdent par balles. Pour d'autres, certains membres de leurs familles sont portés disparus. Et avec ce fléau de décès spontané, nous avons désormais beaucoup plus de familles monoparentales.


D.N : Selon vous que doivent-elles faire pour survivre à cette tempête socio-politique ravageuse?

 

P.C.R : Elles doivent continuer à s'organiser, à se réunir en association, à créer des activités génératrices de revenues et à faire entendre leurs revendications par le biais de la presse.


D. N : Pensez-vous qu'il y aura une fin à cette crise? Dans ce cas que vous proposeriez-vous?

 

P.C.R : Je suis certaine qu’il y aura une fin dans les jours à venir car nous avons un pays en phase stationnaire où rien ne fonctionne et une situation économique qui va en decrescendo, ça doit changer. Le Collectif Femmes de l’Artibonite (COFA) espère que les autorités entendent raison, qu’ils plient bagage et laissent le phœnix renaître de ces cendres. 


Nous les encourageons à faire preuve de conscience, ensuite ceux qui prendront la relève auront pour tâche de créer un gouvernement d’unité national en attendant les élections pour élire un nouveau chef d’Etat.

 

 

 



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