Wendelle Coq, une femme de pouvoir ayant la tête bien placée sur ses épaules

  • Par Grace Gyzell - GG | mercredi 06 novembre 2019
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Source photo page facebook Wendelle Coq

Originaire de Marmelade, Wendelle Coq est une femme influente du système judiciaire haitien, une professionnelle aguerrie qui a passé plus d’une décennie à la Cour d'Appel des Gonaïves et de Port-au-Prince; puis juge à la Cour de cassation depuis 2011. La magistrate a accepté d’accorder une interview exclusive à Dofen News, nous l'avons rencontrée en sa résidence le 5 novembre 2019. Elle a reçu l’équipe avec son sourire habituel et courtois.

Qui n’a pas déjà entendu le nom de Wendelle Coq? Parfois on pense qu’il s’agit d’un homme a cause de son prénom. Madame Thelot (nom de son mari) est une mère de famille, mariée depuis tantôt vingt (20) ans avec deux (2) enfants qui sont adultes maintenant. Elle a fait ses études de droit aux Gonaïves sous l’influence de son père, brillant avocat et notaire de carrière. Wendelle Coq-Thelot voulait devenir Médecin, mais une autre carrière l’attendait. Selon ses dires, en tant que croyante, Dieu avait d’autres projets pour elle. Après ces études de droit, elle a milité comme avocate au barreau des Gonaïves, ensuite s’est inscrite à l’école de la magistrature. En 2001 elle a intégré la Cour d’appel des Gonaïves où elle a prêté ses services pendant trois (3) ans. Suite aux catastrophes naturelles qui ont ravagé la ville, Me Coq a été transférée à la Cour d’appel de Port au Prince en tant que Substitut du Commissaire du Gouvernement pendant deux (2) ans, puis juge à cette même Cour. Au total, elle a passé plus de dix (10) ans à la Cour d’appel.

 

Détentrice de deux masters, l’un en étude judiciaire et l’autre en gouvernance, Me Coq a publié trois ouvrages dont le dernier en date de 2017 est titré “Principe de droit commercial et de procédures commerciales”. Parallèlement sa carrière dans la magistrature, la seule femme à siéger à la Cour de Cassation, s’adonne également à l’enseignement en contribuant à la formation de plusieurs promotions de juristes et de magistrats à travers différentes Universités et à l’École de la magistrature. 

 

Un grand changement s’est opéré dans sa vie professionnelle en 2011, elle a été nommée juge à la Cour de cassation, la plus haute cour du pays. Madame Coq est l’une des rares femmes ayant occupé un poste de leadership dans le système judiciaire. « Si les femmes sont peu représentées dans les espaces de pouvoirs et de décisions dans le pays, cela résulte d’un fardeau culturel » nous dit-elle. De son avis « cette situation ne restera pas inchangée, car contrairement aux années antérieures plus de femmes fréquentent les Universités qu’il y a 20, 30, 40 ans de cela. Dans les 10 et 20 prochaines années, il y aura beaucoup plus de femmes dans le secteur qu’à son époque car de plus en plus de jeunes femmes choisissent ce métier et y font carrière », enchérit-elle.


La Juge Wendelle Coq n’est pas de ces gens qui se disent satisfaits de leur position. Tout en restant accrochée aux principes de droit, elle est comme toute citoyenne préoccupée par la situation actuelle du pays qui, depuis plus d’un an, connait des troubles à n’en plus finir, lesquelles ne sont pas sans conséquences sur la situation socioéconomique du pays. 

 

De l’avis de la Juge Coq, « le pays a besoin d’une personne capable de réunir tous les secteurs vers une seule vision, celle du bien-être de toutes les haïtiennes, tous les haïtiens. » Pour sortir le pays dans ce carrefour difficile elle préconise « une solution constitutionnelle ». Se rappelant de son expérience au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire en tant que Vice-présidente, Wendelle croit que le pays doit avoir confiance en ses dirigeants, des gens qui peuvent combattre la corruption et mener la barque haïtienne vers le développement durable, la justice sociale et l’état de droit.

 

Madame Coq-Thelot pense que les femmes haïtiennes ont consenti beaucoup de sacrifices comme les hommes pour ce pays, cela leur revient de droit de participer aux espaces de pouvoir, au même titre que les hommes. A ceux qui croient que la crise actuelle est trop aiguë pour être résolue par une femme, ou avec les femmes, elle croit qu’il ne faut jamais minimiser les capacités d’une femme. 

 

A la question directe "Vous voyez-vous comme présidente de la République ?” Elle répond directement “Je suis à la disposition de la République".



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