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« Jeunes, du moment que vous pouvez faire flotter le drapeau haïtien, notre drapeau, faites-le », dixit Daphercar Dorsainvil

Daphecar Dorsainvil est l’une des 2 lycéennes de la Guyane admises à Sciences Po. Dofen News a été à la rencontre de cette brillantissime jeune haïtienne dans une entrevue en toute exclusivité, pour en savoir davantage sur celle qui se voit future DRH.

Dofen News : Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs, lectrices ?

Daphecar Dorsainvil : Née à Carrefour, je suis âgée de 20 ans. Mon père est mort quand j’avais 9 ans et depuis, j’ai grandi avec ma mère et ma petite sœur.  Concernant ma scolarité, j’ai fait mes études aux collèges « Notre Dame de la Guadeloupe » et « Vision Poétique ». J’ai été chez les sœurs à Aquin pendant 1 an. Et ça fait 4 ans que je suis sur le territoire Guyanais.

D.N : Comment a été votre intégration dans le système éducatif français ? Avez-vous rencontré certaines difficultés ?

D.D : C’était assez facile. Quand je suis arrivée en Guyane en janvier 2018, j’allais avoir 16 ans en mai et j’étais déjà en seconde en Haïti mais je n’étais pas scolarisé de suite. En novembre, on m’a affecté  en classe APF l’équivalent d’une classe de troisième. Suite à mes excellentes moyennes (17,18,19) j’ai été affectée en Seconde générale au lycée Lumina Sophie là où j’ai fait mes 3 années de lycée. J’ai toujours fait partie des meilleures élèves de ma classe. Ayant une assez bonne base en Haïti donc c’était pas compliqué de m’intégrer. Au niveau scolaire, je n’ai rencontré aucunes difficultés.

D.N : Comment êtes-vous arrivée à une admission à Sciences-Po au campus de Poitiers ? Quelle a été la procédure ? Pour quand est prévu le début des cours ?

D.D : Il y a 7 campus dont le campus de Potiers où je suis admise. J’ai appris l’existence des ateliers Sciences-Po au lycée par une amie en senconde et en 1ère j’ai décidé de m’inscrire. On prépare le concours de Sciences-Po en deux ans au lycée, de la 1ère à la terminale et l’atelier se fait le mercredi au lycée de 14 heures à 17 heures et parfois les jours fériés, les vacances et le week-end.

Pendant la 1ère année, on nous apprend à faire des synthèses de documents, à vérifier nos sources, à ouvrir notre esprit critique, et aussi avoir l’habitude de regarder les actualités (tout ce qui se passe dans le monde). Au cours de l’année de Terminale, on a préparé les écrits. (les 3 essais de Sciences-Po),  l’écrit 1 c’est sur notre motivation, l’essai numéro 2 sur une question de notre choix et le troisième sur nos activités et centre d’intérêt c’est-à-dire qu’est ce qui nous rend particulier, qui nous démarque des autres. Et après, si nos écrits sont validés, on est convoqué pour l’oral par visio-conférence. Pendant cet oral, on doit expliquer notre motivation, analyser une image et après répondre à des questions sur l’école dans le but de savoir si on connaît justement cette école que l’on veut intégrer. J’avais droit à deux vœux pour deux campus, pour moi c’était Reims et Poitiers. Il y’a une semaine d’intégration obligatoire le 22 août. Et les cours commencent ce 29 août.

D.N : Pourquoi le choix de cette filière ?

D.D : Tout simplement parce que Sciences-Po ne forment pas que des politiciens. Car après avoir intégré Sciences-Po, si on veut entamer une carrière dans la politique (députés, sénateurs ,présidents ou autre), on doit intégré L’ENA tout de suite après. Moi j’ai choisi cette filière parce que tout simplement les enseignements à Sciences-Po sont vastes et aussi grâce à cette faculté, je peux faire le métier de mes rêves (DRH).

D.N : Comment voyez-vous votre carrière après les études ?

D.D : Après les études, je me vois travailler dans une grande entreprise en tant que DRH ou future DRH, ça dépend de l’évolution de mon poste.

D.N : Si vous vous voulez ajouter quelque chose, au plaisir.

D.D : Dès fois j’avais envie d’abandonner mais heureusement que j’avais ma famille , mes amis et mes professeurs pour me soutenir, pour me rappeler mon objectif. Jeunes, du moment que vous pouvez faire flotter le Drapeau Haïtien, notre Drapeau, faites-le !!!

Et aussi je sais qu’il y en a beaucoup qui peuvent faire plus ou mieux que moi, ils n’ont pas la possibilité mais n’abandonnez pas. Et pour tous les jeunes en Guyane ou ailleurs, du moment qu’ils ont de la détermination et un objectif, rien est impossible.

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