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La Créatrice Macdieunette Djuna Brutus, PDG de CLEGG à la pointe de la mode

Macdieunette Djuna Brutus, née en Haïti va se lancer au mannequinat dès son arrivée en République Dominicaine. Passionnée de l’univers de la mode, elle va intégrer la Fashion Business School en France. L’ancienne Face of Beauty Haïti International, reçue par le journal Dofen News a discuté avec beaucoup d’enthousiasme sur sa marque CLEGG, ses couturiers favoris et sa compréhension de la mode.

Dofen News : Que représente pour vous la mode ?

Macdieunette Djuna Brutus : Pour moi, chaque personne est unique, la mode est donc, à mon avis, pour chacun, une manière d’exprimer, et de faire comprendre son unicité au monde. Et donc à travers Clegg, je souhaite faire passer ce message afin d’apporter un nouveau regard sur la mode : Je veux que chaque personne se rappelle que les différences (physiques ou pas) font la beauté de quelqu’un.

Je veux aussi dire à ceux qui aiment, comme moi cet univers, que c’est à eux de se construire leur place et de l’imposer aux autres.
La mode est pour tous ! Tout le monde mérite sa place !

D.N : Comment ont été vos débuts dans le milieu ?

M.D.B : J’ai rencontré bon nombres de difficultés et de défis sur ma route, cela n’a pas toujours été facile surtout quand on est toute seule. Je me rappelle de longues nuits sans sommeil, de pas mal de refus et de portes closes….. Et encore aujourd’hui, les challenges se multiplient à chaque étape franchie, mais ma vie en elle-même est un combat et cela ne m’empêche pas d’aller jusqu’au bout. Tout est possible à celui qui croit et quand on met Dieu dans tout ce qu’on fait, il rend possible l’impensable.

D.N : Avez-vous des modèles? Si, oui qui sont-ils ?

M.D.B : Yves Saint Laurent reste mon inspiration comme couturier. Il a su bousculer les codes vestimentaires en apportant sa propre vision de la mode et donner le pouvoir aux femmes en fournissant à leur garde-robe un symbole de force et de sexitude, ce dont on avait besoin pour se libérer !  Jusqu’à aujourd’hui, il en inspire encore beaucoup dans l’industrie de la mode.

J’aime beaucoup aussi Coco Chanel qui a libéré les femmes à une époque où seuls les hommes avaient le pouvoir, elle a osé défier les règles sans se soucier des qu’en dira-t-on. J’ai toujours adoré son franc-parler et sa bravoure dans sa volonté de bousculer les codes pour habiller et non emprisonner les femmes ! Quand je pense qu’elle a été la première à adopter le pantalon jusqu’alors réservé aux hommes, pour nous autres ! Je me dis quelle femme exceptionnelle !

D.N : Quelles sont les choses qu’une femme doit toujours avoir dans son sac ?

M.D.B : Une paire de lunettes Clegg (rires), les lunettes sont des accessoires intemporels qui vont avec tout. Cela apporte une touche magique à la tenue, c’est un peu comme le maquillage.

D.N : Comment définissez-vous votre style ?

M.D.B : Un style original, chic et décontracté, inspiré d’Yves Saint-Laurent et de Chanel, avec bien sûr ma petite touche personnelle magique !  (Rires)

J’aime me sentir libre dans mes vêtements, je fais ce que je veux et comme je peux. L’image a une très grande importance pour moi, car c’est un élément essentiel de la communication non-verbale. Ton style vestimentaire reflète qui tu es, ce que tu dis et ce que tu fais. S’il est cohérent avec ta personnalité et les messages que tu renvoies, tu augmentes ta confiance et renforces ton impact. Alors, je m’impose toujours avec mon style, raison pour laquelle mes amies m’appellent : “Femme actuelle.”

D.N : Quel est pour vous le pire fashion faux pas ?

M.D.B : C’est d’essayer d’adopter un style qui ne correspond pas à ton identité et à ta morphologie. Mais, en réalité, il n’y a pas de fashion faux pas, il suffit de se sentir bien dans un vêtement.

D.N : Quelle maison de couture vous fait rêver ?

M.D.B : Gabrielle Chanel ! Son histoire, son parcours m’a toujours donné des ailes pour avancer à mon tour : une femme forte, déterminée à prendre des risques pour réaliser ses rêves. Elle n’est partie de rien, sans aucun repère, à part une tante qui lui apprendra les rudiments de couture pour parvenir à imposer sa griffe au monde au delà des générations et du temps !

Une self made, grâce à sa forte personnalité, elle est aujourd’hui, l’icône que l’on connaît. L’histoire de cette femme avec une telle réussite professionnelle rare et spectaculaire me fascinera toujours.

D.N : Qu’est ce qui vous a inspiré à mettre sur pied votre entreprise Clegg ?

M.D.B : Tout d’abord ma mère, car elle était couturière. Une femme très élégante ! Elle était très entreprenante et avait une école de couture, parce qu’elle voulait que toutes les femmes de son époque aient un métier et soient utiles à leur foyer. Elle est une femme forte, déterminée, une single mother qui ne s’est jamais laissé faire et qui n’a jamais baissé les bras devant les difficultés. Elle a subi toutes sortes d’humiliations afin de nous aider à réaliser nos plus grands rêves.

Ensuite ma nièce Clegg Kamalaïka, qui elle a réveillé en moi quelque chose qui était éteint, elle est cette lumière qui m’a fait prendre conscience de ma joie de vivre. J’ai choisi de créer ma marque en son nom afin que l’on puisse briller ensemble.

Je voulais aussi montrer aux jeunes de mon pays Haïti, qu’il n’existe aucune limite. Ton origine, là d’où tu viens ne définit en aucune manière qui tu es, c’est ton parcours qui te définit. Il faut toujours commencer avec ce que tu as et comme tu peux.

D.N : Comment est la clientèle pour le moment ?

M.D.B : La clientèle principale en ce moment sont les parisiens, j’ai quelques-uns aux USA. On avance à son rythme comme pour toute marque qui commence à évoluer.

D.N : Quelles sont vos attentes ?

M.D.B : Devenir une référence dans le milieu de la mode en apportant un changement sur la façon dont on conçoit la beauté et la mode. Les vêtements sont faits pour tous. Définir des critères de présélection déjà prédéfinis dans le milieu n’est pas juste. Et les autres ? Ils  se positionnent où ? Ils doivent faire quoi ?

Oui, je comprends qu’il y ait  des critères pour chaque métier, mais cela ne doit pas bloquer l’autre sur sa passion. Il faut toujours donner l’opportunité à l’autre de montrer ce qu’il peut faire, parce que la beauté est dans la diversité, tout handicap naît par rapport au regard des autres et la façon dont la société met des barrières.

Moi, je veux une mode plus large, diverse. Je veux voir dans les défilés tout type de morphologie. Je veux une  mode où chacun peut se sentir libre et bien dans sa peau, sans avoir peur du regard des autres.

Ma hauteur a toujours été ma limite dans cette industrie, pourtant, je ne passe jamais inaperçue partout où je passe par rapport à ma façon d’imposer mon style. C’est l’une des raisons pour laquelle, je n’attends jamais à ce que l’on me donne une place, j’ai créé ma place.

D.N : Quelles sont les difficultés rencontrées ?

M.D.B : Le financement a toujours été le plus gros challenge, car quand on se lance toute seule, ce n’est pas toujours facile. Heureusement, j’ai ma famille qui me soutient toujours, plus spécialement ma sœur Shelmine qui est mon associée, elle m’accompagne toujours dans mes projets que ce soit d’ordre personnel ou professionnel. On peut déplacer des montagnes avec la foi, Dieu est illimité, alors il n’y a pas de raison de se mettre une barrière en se limitant.

D.N : Quels sont vos conseils pour toutes les jeunes filles et femmes intéressées par la mode ?

M.D.B : Sois patiente et soit juste envers toi-même, ne laisse personne choisir qui tu dois être. Va vers tes rêves, n’aie pas peur de prendre des risques. Continue à travailler même si tu as le sentiment que personne ne te voit, peu importe que tu sois seul sur ton chemin, continue à lutter pour ce que tu crois, même si cela fait mal. Le jour arrivera ou ta lumière brillera parce que tu n’as pas abandonné.

La mode est un beau milieu, mais il y existe également beaucoup de concurrence. L’important, c’est de se mettre en tête qu’il n’y a pas deux comme toi, il n’y a pas deux histoires comme la tienne, tu es unique. Le soleil se lève pour tout le monde. Alors, il ne faut pas avoir peur de vos concurrents, mais plutôt en apprendre d’eux.

Shylene Prempin

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