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Marie Flaure François une leader d’Espas Fanm Sid, une organisation œuvrant dans le sud du pays

Espas Fanm Sid est une organisation féminine qui évolue depuis octobre 2017 dans le sud du pays.  » C’est un espace  physique de réflexion et d’actions sur la problématique des questions relatives à la condition des femmes et jeunes filles », nous dit Marie Flaure François la co-fondatrice. Dofen News a rencontré cette infirmière en sa qualité de vice-présidente pour un panorama de l’association.

Alors que la majorité des organisations féminines serait logée au département de l’Ouest du pays, dans la capitale plus précisément, on peut toutefois compter sur quelques-unes qui sont présentes dans les zones de province. Espas Fanm Sid comme tous les autres rassemblements féminins a été créé pour une amélioration du sort des femmes et jeunes filles dans un milieu donné. De type régional, sa fondation est le fruit d’un malheureux constat sociétal selon sa co-fondatrice.

« J’observais machinalement toutes les   formes d’injustices sociales que subissent surtout les femmes et jeunes filles à côté de l’éducation genrée et stéréotypée qu’on leur inculquait dès l’enfance. Mais aussi la situation lamentable de ces dernières au niveau   de la métropole du Sud accompagnée d’une absence de voix  qui s’engage pour en parler ».

Selon « Espas Fanm Sid », la femme haïtienne a un rôle important dans le développement économique d’Haïti. Pour ce faire, d’une part, elle doit en prendre conscience et d’autres part, avoir une éducation économique, familiale, sociale, culturelle, civique et artistique. Ainsi ont été élaborés un ensemble d’objectifs comme,  » se focaliser sur les besoins relatifs aux conditions des femmes, et de réduire les inégalités basées sur le sexe. Contribuer à bâtir une société où les droits des femmes et des filles seront respectés et entendus. Développer l’esprit et la pratique de l’entraide aussi bien entre les femmes qu’avec les autres organisations de femmes sur le  plan national », entre autres.

Travaillant sur plusieurs fronts comme la santé, l’éducation, l’accès aux ressources (la terre – au crédit- aux intrants), le changement climatique et l’encadrement des petites filles, l’organisation dispose d’un bilan diversifié.

« Nos différentes activités sont les suivantes : formation sur les droits des femmes, sur les activités génératrices de revenus, assistance-conseil, distribution de kits d’hygiène et de kits alimentaires, conférence débats sur des thèmes touchant la problématique de genre », explique Madame François.

Par ailleurs, les difficultés auxquelles fait face l’association sont d’ordre interne et externe détaille la vice-présidente. « Un manque d’engagement et de citoyenneté responsable. La forte tendance des membres qui  veulent toujours  bénéficier de certains avantages que l’organisation ne possède pas au lieu de prendre part activement pour la réalisation des activités en faveur de la communauté », confie-t-elle.

« La situation sociale qui  bloque  nos actions et activités, la coupure avec les autres départements dont l’ouest.  L’insécurité généralisée, le kidnapping.  Ensuite, au niveau financier, notons  l’absence de financements pour les frais de fonctionnement de l’organisation et pour l’exécution  des  projets  par rapport à notre agenda d’activités », ajoute-t-elle.

Comme toutes les institutions communautaires qui évoluent sur le territoire, madame François reconnaît que l’insécurité est un facteur handicapant pas mal d’activités de l’organisation. Par conséquent, elle réclame « un climat sécuritaire propice pour la réalisation des activités d’accompagnements à la communauté ».

Une certaine cohésion des activités des organisations de la société civile en faveur des droits des femmes et  filles au niveau départemental. Un front commun  entre les responsables étatiques afin  de mieux collaborer et soutenir le  travail des  organisations de proximité. Un appui technique et financier pour nos  programmes et projets  pour supporter la  population les plus vulnérables dont les femmes et les enfants. Participer à la reconstruction du grand Sud et permettre l’accès aux services et ressources pour déféminiser la  pauvreté.  Ce sont là un ensemble de recommandations de l’une des responsables de Espas Fanm Sid,  adressées à plusieurs acteurs de la société haïtienne.

Brève présentation de Marie Flaure François

Née un 19 juin dans la ville des Cayes, Marie Flaure François est mère d’un garçon. Cette infirmière de profession est en train de finaliser son mémoire de licence en Sciences Juridiques (droit pénal). Professionnellement, elle est responsable des affaires académiques à l’UIH (Université l’Iscad d’Haïti) et fait office de vice-présidente de l’organisation ESPAS FANM SID. Elle est membre du Lion’s Club International des Caye, un club de service international de bénévoles.

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