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Marie Michelle Milord, la tête pensante de « DocteurPreneurs Haïti »

De plus en plus de jeunes haïtiennes et haïtiens font de leur mieux pour affronter les différents problèmes auxquels fait face le pays. Pas d’encadrement pour les jeunes, pourtant certains se démarquent, ils innovent pour se donner eux-mêmes une chance d’exister à travers leurs rêves. L’entrepreneuriat depuis des années est une activité qui gagne du terrain en Haïti. Marie Michelle Milord est médecin et entrepreneure, eh oui ! que cela ne vous étonne point, les personnels de la santé font aussi de l’entrepreneuriat.
Présidente de la jeune organisation sociale dénommé  » DocteurPreneurs « , le temps d’une causerie au téléphone elle nous a parlé d’elle et de son idée innovante.

Dofen News : 1- Qui est Marie  Michelle Milord?

Marie Michelle MILORD : 1-Je suis Marie Michelle MILORD, benjamine de ma famille, née le 23 avril 1997 à Port-au-Prince. J’ai fait mes études secondaires au Lycée Marie Jeanne (7ème à la Terminale). J’ai été présidente de classe en rhéto et en philo.
Après mes études secondaires, j’ai opté pour les sciences médicales et a justement fait des études de médecine à l’Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA). Présentement, je suis interne à l’Hôpital Universitaire de la Paix (HUP).

D.N : 2- Comment pouvez-vous vous  décrire en tant que jeune femme ?

MMM : 2- Dotée d’un grand sens de Leadership et d’excellence, les mots qui me décrivent parfaitement sont: le dynamisme, la détermination, l’intelligence, la discipline et l’ouverture d’esprit mais particulièrement persévérante et tournée vers le résultat, ce qui m’a permis de faire de brillantes études et suivi des formations internationales comme Médecine de l’amélioration à Institute for Healthcare Improvement (iHi) et « Covid-19 and Cardiovascular Complications » au Stanford Medicine. Sans oublier que je viens de passer un mois de stage en Pneumologie à l’Hôpital Erasme – Cliniques Universitaires de Bruxelles en Belgique, janvier dernier.

DN: 3-Quel est votre  passe temps favori ?

MMM : 3- Mon passe temps favori:
Le cinéma: Je suis accro aux films et aux séries.
La lecture et aussi la solitude car j’aime passer du temps seule, je trouve que parfois la solitude peut se révéler une meilleure compagnie (en ce sens je suis très casanière).

DN : 4-Pourquoi avoir choisi de faire la médecine ?

MMM : 4- J’étais en philo en 2014 lorsque ma défunte mère a eu son premier stroke (AVC Ischémique) et fut hospitalisée à l’HUEH. Mon sens de l’observation m’a permis de constater que c’est un métier qui demande un haut niveau de ténacité et de persévérance couronnés de personnels engagés à vouloir le rétablissement de leurs patients, et moi comme spectatrice impuissante face à la maladie de ma mère, j’ai développé le désir de faire partie de la fraternité médicale en voulant aider des segments de la société et leur apporter de meilleures installations de santé.

DN : 5- Vous êtes la fondatrice de « DocteurPreneurs Haïti « , pourquoi avoir pris une telle initiative et en tant que Docteurpreneur quel est votre véritable d’activité entrepreneuriale ?

MMM : 5- Hormis le fait que je sois présidente de Doctorpreneurs-Haïti, je suis membre de Toastmasters International depuis Septembre 2018, Past Président du Club Saphir Toastmasters et actuelle Vice-présidente aux Relations Publiques dudit club. Je suis également coordonatrice adjointe de l’association féministe Zantray’O et membre de la Société Française de Cardiologie (SFC).

Doctorpreneurs-Haïti est fondée le 3 octobre 2019, soit six (6) jours après la mort de ma défunte mère pour ne pas sombrer dans la dépression en essayant de faire autres choses vu qu’on a été très proches. Maintenant pourquoi mettre sur pied une telle idée ? Constatant au cours du « pays lock » que les étudiants et personnels du monde médical savaient aussi se donner à d’autres passion, Doctorpreneurs-Haïti veut morceler cette projection qui tend à faire croire que ces derniers ne sont que des « batteurs de bête » portant une blouse blanche. Et ainsi les encourager à embrasser l’aventure entrepreneuriale, que ce dernier soit lucratif ou social.

Personnellement, je fais de l’entrepreneuriat social en mettant en œuvre des projets comme Doctorpreneurs-Haïti en offrant aux jeunes universitaires un espace pour vendre leurs idées et trouver de l’accompagnement. Toutefois, j’ai mes petites entreprises informelles comme la confection de blouses personnalisées et la vente du riz national.

DN : 6-Que pensez-vous du statut des cliniques ou des hôpitaux, on dit qu’on ne vend pas la santé or il faut obligatoirement des frais médicaux pour recevoir des soins même en urgence ?

MMM : 6- Il ne faut pas confondre un administrateur, d’un médecin. Oui le serment d’Hippocrate stipule que la santé des patients doit être le premier souci d’un médecin mais il ne revient pas au dit médecin de prendre de l’argent entre les mains d’une personne pour lui donner des soins en échange. L’administration de la clinique ou de l’hôpital qui comprend soit une charte régissant les règlements internes de ladite institution établit des règles comme passer à l’admission, avoir un dossier du patient pour récolter un maximum d’informations sur la personne et aussi l’histoire de la maladie, ce qui est tout aussi bénéfique pour la patiente ou le patient en question. Toute entreprise, pour fonctionner, à besoin de carburant (pas d’électricité dans le pays) et même là encore ça a un coût, que dire des matériels qui valent assez souvent la tête  d’un nègre. Sans parler des personnels qui parfois font des activités parallèles pour répondre à leurs besoins personnels.

DN : 7- Depuis que l’organisation existe êtes-vous satisfaite des réalisations déjà effectuer?

MMM : 7- Satisfaction est un mot assez faible pour qualifier la façon dont nos attentes sont comblées. Nous avons une équipe qui travaille assidûment de façon à donner des résultats objectifs et transparents. Nous sommes quasiment à la 3ème édition de notre concours annuel baptisé « Become a Doctorpreneurs ». Nous avons aussi réalisé des cliniques mobiles et collecte de sang, et surtout des causeries où nos aîné.e.s qui ont réussi et professionnellement et en embrassant l’aventure entrepreneuriale partagent leurs expériences dont la plus récente a été réalisée le 12 mars dernier autour du thème « Cheers to Female Physicians & Entrepreneurs », activité pendant laquelle nous avons honoré des femmes scientifiques et entrepreneures comme Mme Hugline Jérôme (PDG Dream Promo), Dr Marie Maud Nazon Laplanche (Médecin ORL – Entrepreneure), Mme Christine Coupet Jacques (PDG Dagmar) et Mme Alexandra Sophie Normil qui fut notre modératrice.
Toutefois, il faut souligner que nous avons véritablement besoin de sponsors pour mener à bien nos différents projets. Contacts: doctorpreneurshaiti@gmail.com ou shelle97milord@gmail.com

DN : 8 – En tant que jeune interniste à l’heure des nouvelles technologies comment est-ce que le smart phone et les réseaux sociaux contribuent à vos autres activités même en étant à l’hôpital ?

MMM : 8 – C’est une question que je discute assez souvent avec mes collègues surtout quand nous étions à la faculté où nous nous demandions « est-ce que les professeurs que nous considérons comme modèles auraient été aussi excellents s’ils avaient autant accès à la technologie surtout le téléphone qui parfois tue notre temps ». Cependant, tout est une question de consistance et de discipline lorsqu’on sait ce qu’on veut. Personnellement, j’ai toujours un carnet (agenda) où j’écris le moindre détail (j’ai cette habitude depuis la 9ème année) et c’est ainsi en ayant les objectifs fixés sur les yeux que je serai beaucoup plus enclin à vouloir les réaliser comme des devoirs de maison. Il y aussi la passion: j’aime la médecine, être au chevet de mes patients mais j’aime aussi toutes les activités que j’entreprends de façon parallèle, ce qui m’amène à créer un peu de temps pour chaque chose. Et quant à la technologie, c’est devenu un moyen pour nous autres de faire du recyclage, mettre à jour ce qu’on appris il y a de cela 10-20 ans ou encore nous performer via des formations en ligne.

DN : 9-Docteurpreneur est une idée innovente vue par une très jeune médecin, comment est-ce que les aînés ont acceuilli cette initiative?

MMM : 9- En tant qu’organisation sociale, notre impact est très positif dans la société haïtienne en dépit de notre jeunesse. Nous avons été bien accueillis par des personnalités du monde médical comme Dr Réginald Lubin, Dr Fresnel Larosilière et Dr Edwin Magloire qui furent les premières personnes à emboîter le pas et Laboratoires Farmatrix qui nous accompagnent depuis bientôt trois (3) ans. Récemment, nous avons bénéficié de la participation de l’économiste Etzer Émile comme membre du Jury et l’Entrepreneur Rock André de CEDEL Haïti et travaillé avec des artistes comme Tafa, BIC TizonDife, Tamara Suffren pour ne citer que ceux-là….

DN : 10- Un conseil pour les lectrices et lecteurs de Dofen News.

MMM : 10- Il y a une citation de Goethe que j’adule et je cite « Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie ». C’est ainsi que j’encourage les lectrices et lecteurs de Dofen News à ne pas attendre le bon moment pour se lancer, vous vous étonnerez de voir qu’il n’y aura jamais de bon moment car le meilleur moment c’est maintenant. On est d’accord que la situation socio-économique et politique du pays nous décourage mais cela ne doit pas nous empêcher de continuer à mener des actions novatrices pour le bien de la communauté car le changement que nous prônons tous doit se faire avec les citoyens.

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