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Quand Sara Fleurinvil rehausse la couture haïtienne avec SARABELA

La mode est un secteur difficile dans lequel peu de gens s’intéressent à investir et à exploiter. Néanmoins, la jeune capoise Sara Fleurinvil s’est donnée à cœur joie doublée d’une motivation certaine d’entreprendre dans ce domaine. Avec SARABELA, marque de fabrique et entreprise, elle veut non seulement transmettre son héritage culturel mais aussi vendre la couture haïtienne.

Dofen News : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, lectrices ?

Sara Fleurinvil : Je suis âgée de 25 ans. Originaire du Cap-Haïtien, j’ai effectué mes études scolaires dans ma ville natale au Collège Regina Assumpta où j’ai eu l’opportunité d’apprendre la coupe couture.

Bénéficiaire de la bourse d’excellence de HELP en 2016, j’ai poursuivi mes études en aménagement et protection de l’environnement à la Faculté des Sciences de l’Agriculture et de l’Environnement de l’université Quisqueya. Designer de mode autodidacte, j’ai commencé de très tôt à exploiter ce talent à des fins personnelles jusqu’en août 2020, quand j’ai décidé officiellement de me lancer dans le domaine de la mode en créant « Sarabela ».

D.N : Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre sur pied SARABELA?

S.F : En 2019, j’ai commencé par avoir un plus grand intérêt pour le secteur du textile et beaucoup plus envie de poursuivre ma passion. Ainsi, je me suis dit qu’il ne fallait en aucun cas créer quelque chose tout simplement pour ma satisfaction personnelle. Je devrais à tout prix créer quelque chose d’authentique, qui ait un impact.

Et, c’est là que j’ai commencé par m’intéresser au tissu karabela qui est un tissu très adopté dans notre culture. J’ai fini par découvrir que c’est un tissu que nous exploitons peu en le limitant uniquement à la confection des costumes traditionnelles. Pour moi, le tissu a un plus grand potentiel et peut être porté à différentes occasions et ceci en adoptant différents styles. D’où l’idée de mettre sur pied Sarabela qui crée des prêt-à-porter à partir du tissu karabela.

D.N : Comment ont été les débuts jusqu’ à date ?

S.F : L’entreprise a été créée durant la pandémie, donc on peut déjà s’imaginer que cela n’a pas été facile. Toutefois, le public l’a accueilli avec un tel enthousiasme auquel je ne m’attendais pas. Sur le coup je me suis dit, okay c’est l’occasion idéale de motiver l’équipe à travailler davantage.

Actuellement, nous sommes trois jeunes femmes à administrer l’entreprise, deux autres partenaires et moi. Mis à part ce trio, nous avons deux contractuels qui sont des professionnels en couture qui confectionnent nos prêt-à-porter. Certes, c’est une petite équipe en termes de nombre, mais c’est aussi une équipe déterminée qui travaille quotidiennement pour satisfaire sa clientèle.

D.N : Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

S.F : Dans les premiers mois, il était un peu difficile pour nous en tant que jeunes étudiantes de gérer nos obligations universitaires tout en gérant l’entreprise. Mais nous avons appris au fur et à mesure, par les expériences acquises et les formations reçues dans divers programmes d’entrepreneuriat tels que, BrandStartup et AWE, les différentes stratégies qui nous permettent à la fois de faire la gérance de l’entreprise et répondre à nos autres obligations en tant que jeunes.

Mis à part cela, l’une des plus grandes difficultés que nous rencontrons actuellement est de pouvoir se procurer des matières premières pour confectionner nos vêtements. Avec les différentes crises que traversent notre pays, il est de plus en plus difficile d’en trouver. Nous sommes obligées certaines fois de nous tourner vers l’extérieur.

D.N : Quelle vision avez-vous sur le long terme pour cette entreprise ?

S.F : Pour mon équipe et moi, Sarabela est plus qu’une entreprise ou une marque de vêtements, c’est tout d’abord un canal qui permet de transmettre un héritage culturel de génération en génération. A l’avenir, nous comptons ouvrir plusieurs ateliers où nous aurons la capacité d’agrandir notre famille en permettant a beaucoup plus de professionnels en couture d’exploiter leur talent tout en rehaussant la couture haïtienne, longtemps négligée. Pourtant c’est un domaine qui pourrait jouer un rôle important dans l’économie de notre pays.

D.N : Lorsque vous avez appris que vous étiez sélectionnée pour AWE, avec quel sentiment avez-vous pris la nouvelle ?

S.F : Je ne crois pas que j’ai le mot exact qui pourrait décrire le niveau de joie éprouvé à ce moment-là. En appliquant à ce programme, j’ai voulu acquérir les bases fondamentales pour continuer à mener à bien l’entreprise. Être sélectionnée pour AWE était l’une des plus grandes opportunités qui pourraient s’offrir à moi en tant que jeune entrepreneure.

D.N : Comment est l’expérience jusqu’à présent ?

S.F : C’est une expérience très enrichissante où je n’apprends pas seulement des formateurs mais aussi des autres participantes qui ont chacune des parcours aussi motivants que d’autres. Après chacune des séances, j’entrevoie toujours de nouvelles perspectives pour mon entreprise, ce qui m’aide énormément à remplir mes lacunes.

D.N : Quels sont vos conseils pour toutes les jeunes femmes qui aimeraient se lancer en affaires ?

S.F : Je voudrais dire à toutes les femmes qui aimeraient se lancer dans le monde des affaires, que leur faculté à mettre sur pied et gérer une entreprise n’est pas déterminée par leur genre. Si elles croient avoir la capacité de se lancer, qu’elles foncent. Il leur faudra beaucoup de disciplines pour y arriver et aussi beaucoup de courage et d’audace pour affronter ceux qui douteraient de leur capacité avec pour simple prétexte qu’elles sont des femmes.

Il ne faut jamais rater l’opportunité de mettre sur pied un projet par peur qu’on sous-estime votre capacité. Vous valez milles fois mieux que ce à quoi on voudrait vous faire croire.

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