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Tafa Mi-Soleil a remué les âmes à la 5ème édition du Festival Féministe Nègès Mawon

« Enjamber la flaque où se relève le soleil : Dire le viol » est un texte écrit par Souade Labbize. Il est interprété par la jeune et talentueuse chanteuse Tafa Mi-Soleil le mardi 19 juillet 2022 au Centre d’Art lors de la clôture du vernissage de l’exposition baptisée ‘’Miwa Fanm’’ à l’occasion de la 5è édition du Festival Féministe Nègès Mawon. Tafa, dans sa prestation, a tenu en haleine un public fidèle et attentif, pour dénoncer la culture du viol et le silence approbateur.

Dans le jardin du Centre d’Art, ce mardi  22  juillet à 2 h et demi, Tafa Mi-Soleil, dans sa performance, a prouvé encore une fois qu’elle n’est pas que chanteuse, ou peintre, mais qu’elle a l’art coller à la peau.

C’est avec de la peinture sur le corps qu’elle a interprété ‘’Dire le viol’’ de Souade Labbize. Par la gestuelle, l’intonation de sa voix, Tafa a laissé déverser toute la colère, la rage, la solitude d’une fille victime de viol qui n’a jamais trouver justice et réconfort. Au lieu de tout ça, elle s’est fait gronder, humilier et abandonner aux torts que lui a fait subir un inconnu, voir même un proche. Abandonner par ceux-là mêmes qui auraient dû la comprendre, la chérir ou l’aider à tout surmonter. Tout ceci pour dire que dans la plupart des cas de viols ce sont les victimes qui paient le prix de la honte. Souvent, justice ne leur sont jamais rendu.

Tafa Mi-Soleil a donc d’un coup de maître interprété le rôle d’une fille violée. De la peinture sur le corps, à moitié nu, de la gestuelle en accord aux moindres dires du texte. Au son de la musique, une guitare en accord aux mots et aux gestes. Elle s’est laissée transpercer par une douleur qui n’est pas sienne. 

« Je ne devais pas interrompre une fois de plus la séance de ma mère réveiller par mes premiers sanglots. La détresse m’a accompagné sous ce lit où j’ai acheminé mes larmes vers le silence. Je m’aperçois aujourd’hui qu’il est possible plus de quarante ans après un traumatisme, de pleurer pour un détail qui nous est échapper « , scandait Tafa sous son chapeau d’actrice de théâtre.

Cette mise en scène est la réalité de toutes celles qui malencontreusement ont été victime de viol. Le public du Centre d’Art a été sans voix, face à cette belle interprétation de celle qui a de l’art à la place du sang dans les veines.

« Tafa vient de nous peindre l’image d’une fille meurtrie, brisée et incomprise. Victime de viol, de maltraitance et du rejet de sa famille de leur irresponsabilité. J’ai beaucoup apprécié le choix du texte et de la mis en scène », a déclaré Alain Despeignes, l’un des spectateurs.

Magdala Louis a elle aussi donné son impression sur le spectacle. « J’estime que le sujet du viol est un sujet qui n’a jamais été assez aborder dans une famille. Une jeune fille victime de viol n’a jamais pu en parler. J’en connais qui ont été victime qui préfèrent se confier à des amis(es) plutôt qu’aux membres de leur famille. »

« Il est bien de mettre sur scène un tel sujet en vue de conscientiser les gens, surtout les jeunes comme nous qui sont appeler à devenir mères, afin de savoir comment aborder la question. De nos jours les viols sont très fréquents, les familles doivent prendre leurs responsabilités face à ce fléau pour non seulement protéger leurs enfants si jamais elles en sont victimes et aussi de protéger leurs santés mentales », continue t-elle.

Spectacle émouvant, certes, mais reflétant une réalité des plus cruelles. Pourvu que ce genre de sensibilisation se fasse le plus souvent pour le bien-être des victimes de viols. 

La mise en scène est une collaboration conjointe de Tafa Mi-Soleil et de Gaëlle Bien-Aimé. Chapeau Mesdames !

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