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A la rencontre d’Ericka Julie Jean Louis, une artiste haïtienne pluridisciplinaire

Ericka Julie Jean Louis a de l’art qui coule dans les veines, dirait-on, tant elle a un amour, de l’aptitude et une dévotion pour les disciplines comme la danse, le chant et le théâtre. Née en 1990 à l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti, elle a passé son enfance au Centre Ville. Ses études primaires à l’École Sainte-Trinité, ses études secondaires au Lycée Marie Jeanne et à l’institution Césaire. Aujourd’hui, à part le monde artistique, elle partage sa vie avec sa fille adorée de 6 ans.

La chanson et Ericka relève d’une longue histoire d’amour. Elle a fait ses débuts à la chorale de Sainte-Trinité, d’où elle est passée de membre junior à membre senior. En 2010, son amour pour la musique l’a conduit au casting de Digicel Stars. Elle avait été parmi les 10 sélectionnés pour la capitale. « Malheureusement, je n’avais pas pu participer aux performances lives », raconte-elle avec un air très dynamique et serein. On ressent dans sa voix une femme ayant une force et une détermination pour aller de l’avant.

Puisque tout n’est pas toujours tout rose et qu’il ne faut surtout pas abandonner aux premiers échecs, la chanteuse opta pour une seconde audition à Haïti spectacle qui ne lui a pas du tout été favorable. Ses débuts sur scène ont donc commencé grâce à Marckenson Brutus, qui lui a permis de faire ses premiers pas dans des activités comme Retro Noël… Le ciel a fini par s’éclaircir sur sa tête, à partir de son intégration dans le groupe Siromiel, après une audition qui cette fois-ci a été fructueuse. Sa persévérence pour atteindre ses rêves avait finalement porter fruit.

Ericka n’aime pas que la chanson, pour ainsi dire, elle est une artiste pluridisciplinaire au cœur d’Haïti. Elle a une passion et un don, selon ses dires, pour la musique, la danse et le théâtre. En 2013, elle a nourri le rêve de devenir la seule femme haïtienne pluridisciplinaire. Quoique à l’époque, elle faisait déjà du théâtre et de la danse. Ainsi, parler de danse, de chant, de théâtre et de chorégraphie, ce n’est pas facile de les mettre dans un même panier, affirme-elle, il faut de la discipline et de l’organisation. C’est un ensemble qui, selon elle, fait battre son cœur. 

Néanmoins, elle a précisé : « Je n’ai pas une préférence dans la mesure où ce que je veux faire, c’est présenter une autre forme artistique, une autre forme de performance. Moi je suis une performeuse,  je suis une artiste qui, quand je suis sur scène, je joue, je danse et je chante « , a t-elle précisé.

La jeune femme enseigne la danse dans certaines écoles de Port-au-Prince. Depuis toute petite, elle participait déjà aux spectacles de danse à Saint-Trinité et l’une de ses meilleures fans qui adorait la regarder danser était sa mère. Cette dernière le fait sans doute encore de là-haut, dans le ciel. La défunte lui avait, par la suite, conseiller de prendre des cours de chants, histoire de se perfectionner. Et par là-même occasion, maman haïtienne oblige, elle lui avait également conseillé de se trouver un boulot stable. Ce qu’elle n’a pas fait. Cette année, elle a pensé à se lancer dans l’entrepreneuriat n’empêche qu’elle vit jusqu’à présent de son art.

Le monde artistique à ses challenges, quant à l’industrie musicale, n’en parlons pas. Cependant, Mme Julie n’a pas du tout froid aux yeux. Elle se dit de préférence être en compétition avec elle-même. Elle respecte et félicite le talent de ses aînées, qui, d’après elle, se sont imposées. Elles sont désormais plus présentes sur la scène musicales, elle s’en réjouit. Quant à elle, son idéal ce n’est pas de baisser les bras mais plutôt de travailler plus dur pour surpasser là où elle se trouve aujourd’hui.

Le 30 juillet dernier, à Vivano, Ericka a organisé un concert dont le thème a été  » Girls Power « , une façon pour elle d’apporter « son grein de sel », de mettre les projecteurs sur des femmes bourrées de talents. Elle nous a confié qu’il y a eu pas mal de difficultés dans les coulisses. Toutefois, cela n’a pas empêché la réalisation de ce concert qui lui tenait tant à cœur. Le public avait fait le déplacement, la presse était là. La fête a été belle.

C’était son deuxième concert, mais son aventure n’en restera pas là. Elle concocte ça et là des projets qu’elle garde en silence pour ne pas manquer à ses promesses. La chanteuse dit ne pas aimé parler de perspectives d’avenir surtout à cause de la situation qui prévaut dans le pays. Elle préfère travailler durement et une fois prête, elle les déballera pour le grand plaisir de ses fans.

Pour l’heure, Ericka a deux titres en rotation sur les ondes. « Si n te gen pouvwa », une chanson sortie il y a 11 mois en hommage à sa mère et aux victimes du 12 janvier 2010. Et un compas Love « Pran Menm », sortie le 21 mai 2022.

Son anniversaire est pour bientôt. A cette occasion, Art Intense organise une journée porte ouverte qui aura lieu le 4 septembre de 11h du matin à 4h de l’après-midi à Éclosion située à la 1e ruelle Jérémie. Allez-y en foule, elle vous attend !

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