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Coronavirus : Confinement et dépression ?

Depuis la propagation du covid-19 ou Coronavirus, le confinement est l’une des mesures les plus adaptées pour contrecarrer une contamination accrue. Néanmoins, ce qui s’avérait être une solution adéquate voire idéale, pourrait se révéler être un facteur de dépression chez les jeunes, surtout dans un pays comme Haïti où la situation était déjà critique et fragilisée dans son ensemble.

Le confinement ce qui veut dire être enfermé, se retirer dans un espace clos ; est avec cette pandémie, une mesure très envisagée pour empêcher toute propagation du virus. En Haïti où plusieurs cas sont répertoriés sur le territoire national depuis le Jeudi 19 Mars, les autorités en place ont opté pour la fermeture des écoles, des universités, des entreprises entre autres, ainsi que la cessation de toutes les activités nécessitant la présence de plus de dix personnes. En peu de mots, tout le monde est invité à rester chez soi. Cependant, sachant les moments difficiles par lesquels nous venons de traverser à citer : « Le pays lock », le phénomène du Kidnapping ; sans oublier l’insécurité grandissante qui s’y faufile encore; le confinement peut rendre les jeunes, par exemple, anxieux et dépressifs.

Depuis le milieu de l’année 2019, la migration était devenue un phénomène de plus en plus apprivoisé en Haïti. Les jeunes, surtout, fatigués de cette situation étouffante qui y régnait, convoitaient l’ailleurs, d’autres horizons, qui à leur avis, seraient plus bienveillants. Alors que certains pays ouvraient la voie à des étrangers, ils ont saisi l’occasion de partir, pour ceux qui en avaient les moyens, vers d’autres contrées. Et pour certains qui se croient malchanceux, ils ont continué d’espérer, d’attendre ou de sombrer. Pire encore, les trois mois « lòk » où manifestations incessantes ont boycottées toutes les activités, n’ont fait qu’accroître cette rage de tout foutre en l’air, de partir et de tout quitter. Plusieurs ont exprimé leur ras-le-bol. Et il était clair qu’ils frôlaient une crise dépressive. Ils étaient impuissants!

Qu’en -est-il du confinement? En Haïti, nous le vivons mal. C’est un fait! Nous n’étions pas préparés encore moins psychologiquement. Nos nerfs sont encore fragiles. Imaginez-vous, vous êtes à l’université. Voilà qu’elle se retrouve fermée pour des revendications non-satisfaisantes. Un souhait, un seul. Vous voulez partir. Comment ? Vous n’en avez pas les moyens et les conditions ne sont pas non plus réunies. Avec ce confinement et ce sentiment d’impuissance sans compter cette peur qui vous submerge pour vos proches, comment vous vous sentez? Vous perdez les moyens.

Autre illustration! Vous subissez des violences conjugales et vous vous retrouvez avec votre conjoint, enfermées, pour un temps indéterminé. Avec quel sentiment vivez-vous donc ce confinement ? Bien? Prenons le cas que vous êtes aussi une jeune entrepreneure et que vous avez déployé tous vos efforts dans la mise en place de votre entreprise. Qu’est-ce qui vous arrive ? Vous vous retrouvez les mains liées. Oui, on privilégie le télé-travail. Mais rappelons nous qu’en Haïti, c’est une possibilité qu’on ne peut même envisager. Avec quelle électricité ? Quelle technologie avancée ?

Au final, le Coronavirus, dans un pays comme Haïti ne menace pas que l’équilibre sanitaire de ses habitants mais aussi leur état psychologique. Le manque se retrouve à tous les niveaux. L’économie tangue. Les espoirs s’envolent petit à petit. Et si après ce confinement, il n’y a pas de mesures prises pour soigner les refoulements dûs à tout ce qui se passe dans ce pays, les séquelles risquent d’être énormes. Nous n’aimerions pas avoir des jeunes résignés, déséquilibrés et découragés.

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