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Crédit photo : MILJKO VIA GETTY IMAGES

Démystifier le plaisir sexuel féminin

Influencé par l’éducation, la culture et les dogmes religieux, le plaisir sexuel féminin a été toujours considéré comme un acte immoral. Des siècles d’oppression, de tabous et de discrimination contribuent, jusqu’à date, à condamner les femmes qui tentent de briser la barrière. Entre le dépassement et les préjugés, la sexualité féminine est controversée. De la masturbation à la manifestation du désir sexuel, les femmes ont été toujours critiquées sur la base de la moralité.

Les dogmes religieux, l’éducation et la culture sont, entre autres, les facteurs qui rendent mystérieux les comportements sexuels des femmes. La bible, et particulièrement le livre de Genèse, est l’un des fondements de ces positions dogmatiques. Le 9e livre de Genèse dans le verset 7, Dieu a dit « Et vous, soyez féconds et multipliez, répandez-vous sur la terre et multipliez sur elle », ce qui fait croire que tout ce qui n’est pas productif telle que la masturbation, le coït interrompu est décrié et puni. De plus, dans le livre de 1 Corinthiens 7 v 4, il a été écrit « La femme n’a pas d’autorité sur son propre corps, mais c’est le mari; et parallèlement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme ».

Un verset qui met en question le plaisir sexuel et précisément celui des femmes dans une société construite sur un modèle hétérosexuel patriarcal comme la nôtre. Dès nos plus jeunes âges, on inculque aux jeunes femmes que les hommes sont libres de manifester leur désir sexuel. Ils ont le droit de se masturber, pas les femmes. Ils ont le droit d’exprimer leur envie sexuelle, pas les femmes. Et les femmes qui osent affirmer leur désir sexuel sont vite traitées de putes. Un comportement qui laisse comprendre que la modestie et la soumission sont des vertues féminines.

Entre le dépassement et le retenu

Malgré les stéréotypes, certaines femmes osent parler et assumer librement leur sexualité. Gina, 27 ans, croit que les femmes ont le droit de jouir tout comme les hommes, malgré leur différence. « Le plaisir sexuel n’est pas une affaire de sexe. Il permet de libérer nos désirs sexuels et de connaître mieux notre corps », précise la professionnelle des sciences humaines et sociales. Elle affirme que les jouissances sexuelles dépendent grandement de l’implication de la femme pendant l’acte sexuel. De plus, elle incite les femmes à être plus actives dans la recherche du plaisir sexuel. « Oser dire ce que vous voulez. Oser demander quand vous ressentez l’envie », conseille Gina.

D’un autre côté, Janie admet que la satisfaction sexuelle de son partenaire dépend grandement de ses implications. « Je viens toujours avec des nouvelles positions. Quand mon envie sexuelle se manifeste, je le fais la demande et je dirige l’acte sexuel. Et ça lui plait toujours », avoue t-elle avec un sentiment de fierté. Passionnée par le plaisir sexuel, la jeune femme admet qu’il y aura toujours des stéréotypes pour empêcher les femmes de jouir, mais il revient à elles de briser les barrières pour s’épargner des conséquences des désirs sexuels refoulés. « Une femme non épanouie sexuellement paie les conséquences dans ses relations avec autrui, dans ses activités et dans ses manifestations physiques et peut développer des troubles de sexualité », avance t-elle. Elle encourage les femmes à proposer des positions à leur partenaire, à communiquer sur leur désir afin de libérer leur émotion combien importante pour une sexualité épanouie.

Par ailleurs, Saelle, 28 ans, malgré ses études en sciences humaines et sociales qui pourraient l’aider à bannir certains préjugés, elle admet que son éducation parentale l’empêche d’affirmer ses besoins sexuels. «J’ai grandi dans une famille chrétienne. Mes parents me disaient toujours que les femmes n’ont pas le droit sur leur corps, c’est un péché. Du coup, ça m’empêche de faire des expériences sexuelles pour mon plaisir ». Elle avoue avoir déjà rompu une relation avec un partenaire à cause de la discordance de leur comportement. Elle confesse qu’elle ne connait pas son corps et avait du mal à satisfaire le type. Consciente des risques que cela accourent, la jeune célibataire promet qu’elle va essayer de dépasser les discours construits.

Déconstruire les discours pour une sexualité épanouie

Jay, un jeune homme de 30 ans, se positionne sur le comportement des femmes qui se laissent toujours guider au cours des actes sexuels. « Les hommes aiment les femmes qui s’affirment en plein acte. Ils aiment celles qui prennent des initiatives en vue de satisfaire leurs désirs », confesse t-il. Il critique les femmes qui continuent à s’accoutumer quotidiennement. « Je n’arrive pas à comprendre pourquoi une femme croit qu’elle est malhabile et incapable. Du moins, pourquoi elles restent soumises à l’éducation patriarcale malgré les différentes luttes féminines qui contribuent à libérer la sexualité féminine », estime t-il. Il invite les femmes à acquérir une meilleure connaissance de leur potentialité, à dépasser les tabous et à faire des expériences nouvelles dans leur relation, ce qui pourront augmenter le rythme du plaisir sexuel.

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