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L’ASD-Haïti, pour l’épanouissement des enfants de Carrefour-Feuilles

Haïti est ravagé depuis des temps par des problèmes économiques et sociaux qui  font que les valeurs s’effritent. Les jeunes et les moins jeunes n’ont plus de repères, ils sont livrés à eux-mêmes. Mais, quelques part, dans la commune de Carrefour-Feuilles, une lueur d’espoir scintille encore, ce, à travers l’Action en Solidarité pour le Développement (ASD-Haïti), qui se bat corps et âmes pour que les enfants s’épanouissent comme le veut la Convention Internationale Relative aux Droits de l’Enfant (CIDE).

« Les jeunes sont l’avenir du monde »,  « Timoun jodi, granmoun demen », ce sont des slogans qu’on entend souvent dirent ça et là. L’Action en Solidarité pour le Développement (ASD-Haïti), a à sa tête des jeunes femmes dynamiques et qui ont un sens aigu du leadership. Cette structure passe de la parole aux actes et permet l’épanouissement des jeunes de de ce quartier.

Selon Darlène René, enseignante au secondaire et coordonnatrice de l’ASD-Haïti, l’organisation a vu le jour en 2014 dans l’objectif de réunir les jeunes de Carrefour feuilles. Depuis sa création de nombreuses activités se font pour le bien-être et l’épanouissement de ces derniers. Les activités telles que : Rassemblement autour du livre (RAL), Bonjour les jeunes, Bravo les aînés (pour honorer un notable), Partageons les livres (chaque été), Des jeunes femmes mères professionnelles. « Cette dernière activité consiste à réhausser l’estime des femmes qui se sentent limitées après avoir donné la vie à leurs enfants » a-t-elle précisé.

Les filles et les garçons d’Haïti ont vraiment besoin d’accompagnement pour bien évoluer, ils ont besoin d’activités parascolaires qui leur permettront de s’épanouir. Cette organisation initiée par les jeunes a besoin de support supplémentaire pour faire face à une série de difficultés qu’elle rencontre tous les jours.
D’après, Agar Christophanie Esteve, bibliothécaire, secrétaire générale, de l’ASD-Haïti, le  fonctionnement de l’institution connaît quelques obstacles. « D’abord, certains parents sont un peu réticent, ils ne veulent pas que leurs enfants se rendent à ce genre d’activité, peut-être parce qu’ils n’ont pas compris le bien-fondé d’une telle initiative. Mais, on s’arrange toujours pour qu’ils acceptent.

Ensuite, l’ASD-Haïti n’a pas d’adresse fixe. Pas de local qui lui est propre, ce qui fait que l’on change d’adresse tous les 2 à 3 ans. On ne reçoit aucun financement de la part d’entité publique ou privée, sinon, que l’on organise tout avec nos propres moyens et la cotisation des parents ».

Carrefour-Feuilles, comme beaucoup d’autres quartiers de la capitale connaît cette activité en pleine rue que l’on appelle : « Car Wash », une ambiance qui n’est pas appréciée par certains  parents haïtiens surtout. La secrétaire de l’institution se dit rassurante et confiante, les jeunes qu’elle coache ne se laissent point entrainer par les mauvaises influences, ils s’appliquent corps et âmes aux ateliers de lecture par exemple.

L’une des satisfactions de L’ASD, c’est de constater que les jeunes apprécient de plus en plus la lecture :  « Notre plus grand défi, qu’on a pu relever, c’est qu’on est arriver à inculquer à ces jeunes l’amour de la lecture, dont la pluparts ignoraient les bienfaits. Ils ont transmis cet amour à leurs amies (s). Actuellement, ils lisent jusqu’à 5 à 6 livres par trimestre » a indiqué Guerline Compère, enseignante et coordonnatrice adjointe de l’institution.

Malheureusement, l’Action en Solidarité pour le Développement n’a pas de bibliothèque qui lui est propre. Pour combler ce vide, l’ASD-Haïti organise des tournées dans plusieurs bibliothèque de la capitale.  Et ses membres mettent à la disposition des enfants leurs livres personnels.

« Ce groupe qui travaille depuis 7 ans, veut vraiment assurer la continuité de ce projet. L’avenir de cette association qui dépend de ces enfants doit être pris à cœur. Il nous faut donc plus de partenaires pour nous aider dans la logistique. Notamment, au moment des sorties avec les enfants », a t-elle précisé avant de mentionner l’insécurité qui, particulièrement cette année, a paralysé les déplacements.

La coordonatrice adjointe a terminé en adressant un conseil salutaire à la jeunesse haïtienne et en particulier celle de Carrefour-Feuilles en évoquant ces vers de Georges Castera :

« La poussière te marche sur les pieds, prend les livres en otage pour ne pas te voiler d’incohérences et te mentir à voix basse ».

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