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Source photo : soumise par Jasmine Lavertu

Zuma Angela Jasmine Lavertu, boursière de la 9e édition des Résidences PAR 4 CHEMINS 2022, présente « Rad Mare »

« Rad Mare » est une œuvre théâtrale de Zuma Angela Jasmine Lavertu, boursière de la 9e édition des Résidences PAR 4 CHEMINS 2022. Chaque année, le Festival Quatre Chemins lance un appel à candidature pour des résidences en création artistique, c’était une occasion en or cette fois-ci pour la jeune femme de soumettre son projet qui lui tenait tant à cœur. Heureusement, Rad Mare a eu sa chance. Dans un mini-entretien, Jasmine nous raconte cette aventure à la fois satisfaisante et triste.

D.N : Qu’est-ce qui vous a poussé à participer au festival ?

Z.A.J.L : Depuis quelques temps déjà, je réfléchissais à l’idée d’un événement théâtral touchant nos misères de tous les jours, précisément l’insécurité et la façon dont nous sommes affectés par elle. Mais je différais à chaque fois, non par manque de motivation, mais plutôt parce que d’autres projets toujours plus urgents m’absorbaient. Et ces dernières années, la recrudescence de l’insécurité à Port-au-Prince, m’ayant certes grandement troublé, a été pour moi comme une sorte d’aiguillon qui m’a incité à monter ce projet « RAD MARE ». J’ai été retenue par le comité de sélection des RÉSIDENCES QUATRE CHEMINS. Ce projet est donc un cri de colère, l’expression d’un ras-le-bol (que je voudrais collectif), et aussi une invitation à la réflexion, à une action commune pour aider à changer les choses en Haïti.

D.N : Avec quel sentiment avez-vous reçu  la nouvelle de votre sélection ?

Z.A.J.L : C’est avec un sentiment de grande satisfaction que j’ai reçu la nouvelle. Mais, je dois  le dire, une satisfaction pleine de tristesse, de douleur et aussi de colère. Tristesse, ai-je dit ? Oui, parce que justement « RAD MARE » est conçu et monté dans un moment de peine et de douleur aiguës, c’est-à-dire à partir du moment où j’ai découvert un phénomène particulier de bien malheureux, dans notre vie. Un grand nombre de jeunes gens de ma ville natale, PETIT-GOÂVE, donc des ami.e.s ou des connaissances, sont forcées d’abandonner leurs études en raison des problèmes liés à l’insécurité, impossible pour eux de passer à Martissant, ce qui incite lesparents à rappeler leurs enfants qui alors étaient encore à Port-au-Prince. 

Qui a oublié la jeune fille de PETIT-GOÂVE ? Osni Zidor, pleine d’avenirs, elle avait reçu une balle perdue, en plein cœur de Port-au-Prince, à Bois-Verna. Elle est donc morte comme une chienne sans maître, au bord de la route. Et c’est là que réside toute la magie de l’art qui nous permet de partir des peines  d’autrui ou de ses propres peines et douleurs pour en produire quelque chose de beau et qui concerne tout le monde.

D.N : En peu de mots, que doit-on savoir de la tête pensante du projet « Rad Mare » ?

Z.A.J.L : Je suis juriste de formation. J’ai fait mes études à l’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaives (EDSEG), l’une des rares choses que j’ai faites qui ne soient pas immédiatement liées au théâtre. J’ai bénéficié, entre 2013 et 2019 d’une série de formations sur les arts de la scène (Mothergo + École de théâtre. Août 2013, Formation de théâtre Forum, Formation de théâtre Rituel, l’Association Quatre Chemins, Anouscka  Brodacz etc ). Voilà, je suis donc une passionnée de théâtre. J’ai participé  dans de nombreuses pièces de théâtre dont  » Réflexions balistiques » de Laurent Van Wetter, mise en scène par Guy Regis Junior. Je suis formatrice de théâtre Forum. Je travaille spécialement avec des  orphelins et des  personnes à mobilité réduite. La  scène est mon espace de prédilection pour dénoncer  et combattre le mal, et, ce faisant, contribuer à embellir le monde et l’humanité.

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