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Kay Atizan fête ses 14 ans

Il y a quatorze ans, après avoir travaillé pendant 10 ans dans l’atelier de perlage de son oncle en tant qu’assistante administrative, puis 3 ans en qualité de Directrice des ventes du Showroom de AID TO ARTISANS, un projet de l’USAID, Simone Audant Ambroise, a décidé d’ouvrir sa propre affaire. Elle a sauté le pas le 8 décembre 2006 en ouvrant Kay Atizan.

A la fermeture du projet Aid To Artisans de l’USAID elle s’était persuadée de garder les mêmes fournisseurs dans le but de conserver le standard du magasin d’artisanat qui était devenu bien connu et très apprécié et aussi parce qu’il représentait une source de revenus extrêmement importante pour les nombreux artisans qui le fréquentaient. Depuis ce jour, Kay Atizan représente un vaste assortiment de produits d’artisanat local provenant de différents ateliers parmi les plus célèbres et talentueux de diverses régions du pays.


Simone Audant Ambroise qui est née à Port au Prince au sein d’une famille aimante et nombreuse a toujours eu un penchant pour l’art mais elle n’avait pas fait de choix particulier. Elle aimait tout ce qui s’y rapportait. La musique, la danse, la peinture. Toutefois, ce n’est qu’en fréquentant l’atelier de son oncle Gérard Denis qu’elle découvre avec stupéfaction l’art délicat et fascinant du perlage.

La fermeture du projet lui offrit l’opportunité de continuer d’oeuvrer dans l’artisanat mais cette fois sous la signature de Kay Atizan (la maison des artisans), et de monter sa propre affaire. Sa perspicacité a été la bonne et surtout, elle a été payante. Depuis, quatorze années se sont écoulées. Elle s’est créé un nom, une réputation qu’elle compte bien honorer les 19 et 20 décembre prochain.

Pour célébrer les 14 ans de Kay Atizan et rendre ce jour encore plus marquant, Simone et son équipe ont mis sur pied une programmation alléchante et bien chargée dont une mini foire.


« Nous avons invité quelques-uns de nos artisans à participer à cette célébration en exposant leurs œuvres dans notre espace. Certains pourront également faire des démonstrations et exécuter sur place certains travaux « live ». Nous aurons aussi des invités spéciaux notamment des artistes dessinateurs qui seront à la disposition du public pour reproduire leur portrait avec leur technique particulière. », s’enthousiasme Simone Audant Ambroise qui avant d’intégrer le milieu artisanal exerçait dans l’éducation préscolaire d’une part en Haïti puis au Canada.

Les produits de Kay Atizan comme les drapeauxpailletés et bouteilles perlées des Cayes, les sculptures en roche taillée de la région de Léogane et de Cormier, les célèbres sculptures en métal découpé de la Croix des Bouquets sans oublier les masques et vases en papier mâché, plateaux et sous plats en plywood peints de Jacmel, les superbes nappes, centres de table et coussins brodés du Paradis des Indiens ou encore de nombreux articles provenant de divers ateliers de la zone de Port-au-Prince notamment des coffrets et bijoux en corne et os, sacs à mains et bourses perlés, des pièces en céramique et en argile peint proposent de voyager et de traverser le monde artistique haïtien afin de mieux le comprendre et de s’en imprégner. La boutique située à Pétion-Ville est bien plus qu’un espace, qu’un bien, c’est une mémoire, une histoire.


Pour les temps à venir, Simone Audant Ambroise nous confie qu’elle est fière d’avoir réveillé les talents endormis chez certains artisans qui s’étaient convertis en chauffeur de taxi motos, agriculteur, vendeur de
boissons à cause des moments pénibles que connaît le pays. Ils ont concocté une collection durant le temps de la covid-19. Collection, selon elle, née de la détermination des artisans qui en dépit des difficultés de nos conditions sociales, continuent à avoir l’espoir de lendemains meilleurs.

« Nos artisans et artisanes mettent beaucoup d’énergie et de détermination à redéfinir l’artisanat haïtien sous toutes ses formes. Les travaux de récupération de nos matières premières ne cessent d’étonner et de faire le bonheur des amateurs d’artisanat de belle qualité. », conclut-elle.


Les crises du pays, les pillages, les versions de pays lock ont forcé la responsable à fermer ses portes afin d’assurer la sécurité de son personnel. La pandémie du coronavirus l’a elle aussi obligé de fermer totalement de fin mars à fin mai, privant ainsi ses artisans de source de revenus. Cette période passée ou plutôt calmée, la réouverture s’est faite progressivement.

Vient maintenant s’ajouter à la liste, la recrudescence de l’insécurité et des nombreux cas d’enlèvement. Une situation qui inquiète au plus au point Simone Audant Ambroise. Toutefois, elle souhaite qu’à l’occasion de la période des fêtes de fin d’année, le pays connaîtra une accalmie de ce climat de terreur. Ainsi la population ne se sentira plus menacée et pourra vaquer
sereinement à leur occupation.

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