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La détention préventive prolongée, le calvaire de trois détenues prend finalement fin

Ce début de mois d’août a été très riche en actualités. Pas seulement à cause de la participation de la sélection féminine de football à la coupe du monde U-20 mais aussi à cause de la libération de trois (3) détenues des quotidiens infernaux dont elles vivaient dans les différentes prisons où elles étaient incarcérées.

Carline T. a été arrêtée en 2011 après une bagarre où une victime était à déplorer. Poignardée dans le dos par Marie- Ange P., la victime, Carline s’est défendue en lui lançant, à son tour, le couteau. Ce n’est qu’en étant au commissariat que cette dernière apprend la nouvelle du décès de la victime. Accusée de meurtre, elle a été condamnée à deux (2) ans de prison et a passé sept (7) ans en détention préventive.

Repêchée par l’équipe juridique du Bureau des Droits Humains en Haïti (BDHH) via son programme d’assistance légale gratuite, le dossier de Carline T. a été entendu, le 6 août dernier, par devant les assises criminelles du Palais de Justice de P-au-P, une séance au cours de laquelle elle a finalement retrouvé la liberté sous le bénéfice de la loi de Lespinasse. 

Bertina E., quant à elle, est devenue mère bien trop jeune. Vivant en famille d’accueil depuis ces neuf (9) ans, elle tombe enceinte à quatorze (14) ans. Ne pouvant pas donner les soins nécessaires à son bébé, ce dernier est décédé à l’âge de deux (2) mois. Accusée de ce drame, Bertina a passé sept (7) longues années en prison. Pris en charge par les avocats du BDHH, les membres du jury ont décidé, le 13 août écoulé, de lui acquitter de toutes les accusations qui pesaient contre elle. 

Lise S. a été condamnée pour les mêmes chefs d’accusation que Bertina. Arrêtée en 2010, elle est accusée d’infanticide après avoir perdu l’enfant qu’elle portait à 6 mois de grossesse. Entendue au tribunal après son arrestation, l’accusée affirme ne pas savoir qu’elle était enceinte parce qu’elle continuait à avoir ses menstruations tous les mois. 

Malheureusement, son alibi ne lui a pas valu grand-chose puisqu’elle a passé plus de huit (8) ans en prison. Une affaire qui sera pris en charge, encore une fois, par le BDHH. S’étant présentée par devant les assisses criminelles le 2 août passé, les avocats ont obtenu sa libération.

Beaucoup de personnes purgent des peines sans aucune raison valable. Accusées à tort, certainses d’entre elles n’ont même pas eu la chance de passer devant un juge. Ajouter à cela, leur vie en détention se résume en un mot « l’horreur ». Dans le cas de certaines des femmes susmentionnées, elles étaient devenues plus des victimes que des condamnées. Elles ont subi des traitements inhumains, elles étaient, pour ainsi dire, maltraitées à un point que leur libération s’apparaîtrait plus à une délivrance. 

Notons que les avocats qui ont obtenu la libération de Bertina E., Lise S. et Carline T., par le biais du programme d’assistance légale du BDHH offert gratuitement aux bénéficiaires, sont Uel Davidson Olivier, Jacques Letang, Nathan Laguerre, Melior Joseph, Lelio Louis, Marie Fabella Julis et Daniel Pierre Phillippe.

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