Source photo : page de Nègès Mawon

« Places des femmes dans l’économie haitienne », une conférence-débat organisée par Nègès Mawon

L’organisation féministe Nègès Mawon a organisé une conférence, à la Fondasyon konesans ak libète (FOKAL), ce jeudi 27 septembre 2018 sur le thème : « places des femmes dans l’économie haïtienne ». Cette conférence, donnée par Nathalie Lamaute-Brisson, s’inscrit dans le cadre des activités du festival féministe « Nègès Mawon », qui a été lancé depuis le 24 septembre. C’est une réflexion sur la situation de la femme haïtienne insérée dans une société capitaliste et patriarcale.

Une réflexion également portée sur les éventuelles solutions qui soient à même de changer la situation de la femme haïtienne dans notre société. A travers cette conférence madame Nathalie Lamaute – Brisson a dressé une radiographie de la situation des femmes en Haïti. Placée dans une économie rentière qui de plus, est traversée par un rapport de genres ; les femmes se retrouvent en mauvaise posture et assujetties aux pouvoirs masculins. 

Dans la division du travail les femmes sont souvent reléguées au second plan. Jugées inférieures aux hommes, elles se voient confier les tâches domestiques et les travaux reproductifs non rémunérés. Très peu d’entre elles intègrent le marché du travail. Elles évoluent davantage dans le secteur informel.  Globalement la vie des femmes est difficile dans le pays. Elles travaillent plus que les hommes, et paradoxalement ont un revenu plus faible. Entre leurs activités économiques et les travaux ménagers, les femmes n’ont quasiment pas de temps de loisirs.

Les choses sont claires, la situation des femmes dans le pays est pénible. Et, la nécessité pour que les choses changent s’impose un peu plus chaque jour. La question qu’on se pose alors, c’est de savoir choisir le moyen le plus approprié.

Durant la conférence on a visionné deux courts métrages, sur les expériences de certaines femmes avec la « Fondasyon KoleZepòl » (fonkoze). Le premier montre l’inégalité qui règne entre les femmes. Parmi les femmes dites pauvres, il y a des plus pauvres. L’autre court métrage est un exemple d’empowerment qui entre autres est l’un des moyens proposés pour permettre aux femmes de s’épanouir. Saincia, personnage principal du documentaire, a intégré le système de crédit de fonkoze. À l’aide de leur support, elle a appris à gérer son petit commerce, jusqu’à avoir sa propre entreprise. Un cas typique auquel beaucoup d’autres femmes se reconnaitront. Mais selon la docteure en économie, même si l’empowerment est très important, il ne suffit pas à apporter une solution durable. Car bien que la femme ait développé ses capacités pour devenir autonome, elle n’en demeure pas moins vulnérable aux agressions qu’exerce le système sur elle.

Autrement dit l’empowerment n’affranchit pas les femmes des rouages de la société capitaliste et machiste.  L’émancipation parait selon madame Lamaute la voie salutaire pour libérer les femmes des jougs de la société telle que conçue. Car, elle met la femme en état de discuter, de négocier. L’empowerment est individuel, tandis que l’émancipation est collective.  Elle permet une redistribution des rôles. Ce qui permettra aux femmes d’avoir plus de temps pour elles-mêmes et de se libérer des carcans de la société capitaliste et machiste dans laquelle elles vivent.

C’est un public animé qui a participé aux débats. Un débat important que la fondation Nègès Mawon nous incitent à faire. Un débat qui pourra changer l’ordre des choses. Un débat pour que les rêves des femmes « sispann boukannen ». En plein déroulement de la troisième édition du festival, les « Nègès Mawon » prennent position pour une redéfinition de la place de la femme dans l’économie haïtienne.

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