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Plaidoyer pour un investissement effectif dans l’encadrement des filles pour un avenir égalitaire libre de préjugés, de stéréotypes et de violences.

Nous commémorons la journée internationale des droits de la femme et parlons d’égalité et de leadership des femmes, les filles appelées à devenir « femmes » ne reçoivent pas le traitement adéquat, leur assurant un futur différent de celui que nous déplorons aujourd’hui. Près de deux tiers des 110 millions d’enfants non scolarisés dans le monde sont des filles. Au-delà des tâches lourdes au niveau des ménages compromettant leur apprentissage, elles sont exposées à la discrimination et toutes formes de risque dont la grossesse précoce et les violences de genre qui entravent leur rêve et leur future.

Comment espérer un avenir égalitaire libre de préjugés, de stéréotypes et de violences quand rien n’est fait pour créer un environnement sécuritaire favorable à l’apprentissage des filles, à leur développement émotionnel et à leur épanouissement? Les discours et la prolifération d’évènements ne changeront rien dans la condition des femmes haïtiennes, s’ils n’aboutissent pas à des actions concrètes définies dans des politiques publiques s’attaquant aux pratiques, aux normes discriminatoires et à l’impunité.

En marge du 8 mars, La Fondation TOYA est préoccupée par rapport à l’irresponsabilité manifeste des dirigeants face au climat d’insécurité et de violence qui constitue le quotidien des familles. Le cas de Olsmina Jean-Méus, fillette âgée de cinq ans qui a été enlevée, séquestrée, exécutée et abandonnée sur des immondices le 7 février dernier tout comme Evelyne Sincère, renseigne sur le sort qui attend bon nombre de filles qui grandissent en Haïti.

Le silence complice des acteurs sociaux notamment des dirigeants face à ces actes odieux, expose les filles et les femmes à davantage de risques. Ce silence compromet ainsi les nombreuses avancées en matière de droits, fruits du travail et de la détermination des organisations de femmes et féministes engagées.

Révoltée, La Fondation TOYA interpelle tout un chacun face à l’urgente nécessité d’adresser la question de la vulnérabilité des filles dans son fondement pour espérer un demain différent pour les femmes. Car, encore une fois, ces agissements signalent que les batailles ne sont pas gagnées d’avance, les acquis ne sont ni protégés, ni conquis définitivement. Par conséquent, nous rappelons aux autorités et aux instances concernées, qu’Haïti à travers les différentes conventions s’est engagée à garantir les droits des filles et des femmes. Du coup, il leur incombe la responsabilité de combattre l’impunité et la corruption qui entravent l’accès à une justice équitable et impartiale susceptible de favoriser un climat sécuritaire où les filles peuvent grandir et apprendre en toute sécurité. 

Au-delà de la tradition qui entoure le 8 mars, la Fondation TOYA rappelle à tous les secteurs de la vie nationale, l’impérieuse obligation de miser sur l’encadrement effectif des filles pour espérer un avenir égalitaire, libre de préjugés et de violences. Ainsi, la société est invitée à être solidaire à cette cause en protégeant les filles et en combattant la culture du silence autour des violences faites aux Filles et aux femmes.

Pa Fè Kòm SI NOU PA WE!  TiFi jodi, Fanm demen!

         Fondation TOYA

Delmas Haïti, le 11 mars 2021

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