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Qui va supporter les « prostituées » en plein Coronavirus

La prostitution, acte par lequel une personne consent à avoir des rapports sexuels en échange de l’argent, est un métier vieux comme le monde. Quoiqu’elle puisse être amorale et indécente du point de vue religieux, elle représente un gagne-pain pour de nombreuses femmes. En Haïti, ces femmes-là qu’on rencontre fréquemment au crépuscule, vivent dans des conditions difficiles, et, fort souvent elles sont  reléguées en marge de la société et font l’objet de peu d’intérêts.

Or, elles ont aussi des besoins comme celui de se nourrir, de se vêtir et de prendre soin de leurs proches. Avec le Covid-19, la situation semble loin d’être évoluée. Tout comme d’autres secteurs de la vie nationale, nos prostituées subissent d’énormes répercussions.

Habituellement, à la tombée de la nuit, ces femmes qu’on surnomme ; « Escortgirl », « Vendeuse de charmes »,  « Femme de trottoirs » ou encore « Prostituée », se tiennent sur les trottoirs de nombreux lieux mythiques de Port-au-Prince, au centre-ville comme à Pétion-ville; vêtues d’un énième de tissu. 

Si l’on pouvait les questionner sur ce mode de vie, on trouverait des réponses similaires quoiqu’elles auraient chacune une histoire. Ont-elles opté pour le choix le plus facile ? Certains affirmeraient que oui! Néanmoins, outre la quête du plaisir ou de nouvelles sensations, elles sont aussi animées par le besoin. Elles veulent survivre. Un coup par ci, un coup par là. Malheureusement, comme la fatalité ne s’annonce guère, la présence du Coronavirus sur le territoire national, vient de causer un impact majeur dans le quotidien de ces femmes.  

On le sait bien, Haïti est confronté au Coronavirus et le gouvernement appelle constamment à des mesures préventives. Parmi celles-ci, le confinement (rester enfermé chez soi) et le couvre-feu décrété, ne conviennent ni l’un ni l’autre à ces femmes de trottoirs qui gagnent leurs vies au jour le jour. Les risques sont énormes. Sachant que pour empêcher la propagation du virus, il est conseillé de garder une distance physique d’au moins 1m50; on pourrait dire qu’elles sont dans l’impossibilité d’exercer.

Qui viendrait par un temps d’inquiétude se livrer dans un corps à corps avec une prostituée? Comment pourront-elles appliquer telle ou telle mesure préventive si leur gagne-pain dépend que de rapports sexuels? Encore une fois, les réponses risquent d’être déplaisantes. La situation paraît plus critique que nous pourrions l’imaginer.

Dans un reportage diffusé sur les antennes de la Radio Caraibes FM, l’une de ces femmes trottoirs, s’est confiée: «  Moun yo pa vini. Prezidan an di depil 8tè tout moun dwe rantre lakay yo.  Li pa bon pou nou paske se nan lè sa nou sòti pou nou bwase. »

Les promesses d’accompagnements, aussi nombreuses soient-elles, prendront-elles en compte ces femmes -là? Peut-être qu’on ne voit présentement que le bout de cette crise dans laquelle nous allons nous engouffrer bientôt. 

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