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Stéphana Taïna Dorval présente « Siwomyèl ak Sèl »

Siwomyèl ak Sèl est le premier recueil de poème en créole que nous offre la jeune écrivaine de 23 ans. La vente signature est prévue pour le samedi 5 juin 2021 au local de Makaya Chocolat à Pétion-ville.

Dofen News : Pouvez-vous présenter à nos lectrices/lecteurs ?

Stéphana Dorval : Je suis Stéphana Dorval, j’ai 23 ans, je suis née à Port-au-Prince. Actuellement, je suis étudiante finissante à l’INAGHEI, une faculté de l’Université d’Etat d’Haïti, où j’ai étudié la gestion des affaires. Je travaille en tant que correctrice à la maison d’édition Correctpro et je suis aussi rédactrice d’un film documentaire sur Haïti qui s’appelle « Boyo en trente jours ». Je peux dire que je suis écrivaine, poétesse également.

D.N : Parlez-nous un peu de votre parcours ?
S-D : J’ai fait mes études primaires et secondaires au collège Saint François d’Assise. J’ai commencé à écrire depuis l’adolescence. J’écrivais de courts textes parfois des nouvelles. Je les faisais lire à des amies de la classe et ensuite la direction de mon école m’avait chargé d’écrire un texte pour la fête de l’établissement et c’est ainsi que tout a commencé. J’ai participé à un concours quand j’étais en classe de philo et j’étais l’une des lauréats d’un concours national de nouvelles, c’est là qu’on avait publié un recueil de la même catégorie avec des textes de jeunes écoliers. Après j’ai travaillé avec des médias en ligne en tant que rédactrice, j’ai aussi travaillé en tant que professeur et maintenant je suis éditrice et je compte bien rester dans cette voie-là parce que j’ai toujours aimé la littérature. J’aime bien y évoluer. Je m’investis beaucoup et je me donne à fond dans ma carrière d’écrivaine.

D.N : Est-ce votre premier ouvrage ? Pourquoi avez-vous décidé de l’écrire ?
S-D : C’est le premier livre que j’ai terminé, j’ai beaucoup d’autres qui restent encore à l’état de brouillon. Celui-ci est spécial, il m’a pris deux à trois mois pour l’écrire. Au fait, j’étais dans une période difficile de ma vie. J’écrivais des choses qui me passaient par la tête mais il me paraissait qu’elles avaient du poids donc je me suis dit comme je n’ai rien à faire il me fallait un objectif, une mission. Je devais me donner une raison de me lever chaque jour et de faire quelque chose.

D.N : Pourquoi vous avez écrit ce livre en créole ?
S-D : J’ai décidé d’écrire ce livre en créole parce que le créole est une langue qu’on a longtemps mise de côté. Lorsque j’ai commencé à écrire, je le faisais toujours en français et ce jusqu’en 2020. Je réalise que le créole est une langue très poétique, une très belle langue. Je dis souvent : « Kreyòl la pa gen vire won se yon lang ki klè ki onét ki dirèk sa wap di en kreyòl la wap dil e ou fini ou pa bezwen pase pa plizye chimen. Te vle ekri avèk nanm, avèk koulè lakay, koulè peyi m pou tout ayisyen lè yo tandem pale pou yo konprann. mwen vle bay kreyòl la fòs, vlel chita sou tab, vlel ale pi lwen pou tout timoun tandel e renmenl pou yo pa wont palel. Kreyòl la se premye eritaj kiltirèl mwen, se premye richès tout ayisyen, se premye fòm ekspresyon, premye langaj nou, premye sa ki konekte nou. Kidonk pou mwen map toujou metel anlè.

D.N : Ce livre parle de quoi à la base ?
S-D : Il y a des choses dont je voulais en parler à travers l’écriture. J’avais l’intention de me débarrasser de ce qui me tire vers le bas, de ce qui me contrarie et aussi de ce qui me fait plaisir. J’avais envie de manifester mes désirs de conjuguer mes passions. C’est à partir de là que j’ai pris la décision d’écrire les quatre poèmes qui forment le livre.
Le premier poème titré Senfoni Fenwè parle entre autres de dépression, d’Haïti, de tristesse, de la jeunesse haïtienne. Le deuxième poème s’appelle Kamelon c’est une section communale du Sud où j’ai passé une bonne partie de mon enfance. J’allais toujours là-bas pour passer mes vacances. C’est un endroit qui compte pour moi, il a une très grande importance. J’ai également parlé de la nostalgie, de comment je me sens quand j’y vais. Je parle aussi du pays, de la façon dont je voyais Haïti avant tous les problèmes, de la politique, des problèmes sociaux et économiques, etc.

Il y a Marèl lanmou, le troisième poème. Je crois qu’il est le premier que j’avais écrit. A cette époque, je me questionnais. J’avais un très grand problème avec les relations amoureuses. Je me demandais ce qui n’allait pas ? Puis, je me suis dit que j’arriverais à comprendre qu’en écrivant ce qui me passait par la tête. De là, j’ai fait une introspection. Je ne m’y attendais pas car ça a fini en un long texte qui parle d’absence, de cicatrice, de manque. C’est à la fin que j’ai pu comprendre que je ne pouvais pas aimer comme tous les autres, que je ne me donnais pas toujours à 100% dans mes relations. C’est là que j’ai compris qu’il fallait que j’apprenne à m’aimer, à pardonner aux autres qui m’ont fait du tort et à ouvrir mon cœur pour pouvoir aimer les autres, pour pouvoir recevoir beaucoup d’amour. J’en reçois beaucoup mais de mon côté, il y a toujours une méfiance, une certaine peur de me livrer.
Ensuite, le dernier c’est Siwomyèl ak Sèl qui parle de passion. Il y a aussi de la géographie. Par cette dernière, j’entends des lieux, des sites d’Haïti, des villes, des communes mais l’accent est plutôt mis sur deux personnes qui partagent un feu commun. Ce récit a beaucoup de mystère, c’est pourquoi je parle beaucoup de la mer en me référant à l’un des protagonistes car il est mystérieux.

D.N : C’est pour quand la date officielle ?
S-D : La première vente signature se fera pour le samedi 5 juin 2021 à Makaya chocolat à Pétion-Ville. L’ouvrage sera disponible au prix de 1000gdes. Il y aura également une partie culturelle, des échanges avec d’autres artistes, des poètes et des musiciens.

D.N : A qui se livre s’adresse t’il en particulier ?
S-D : Le livre s’adresse à tout le monde surtout aux jeunes, aux jeunes filles, aux amants, aux amoureux, aux politiciens et aux adultes.

D.N : Est-ce que vous aimeriez remercier quelqu’un en particulier ?
S-D : Au fait j’ai beaucoup personnes à remercier mais les premières personnes qui me viennent en tête sont mes camarades de Saint François d’Assise. Ses filles étaient mon premier public. Elles m’avaient beaucoup encouragé. Je remercie également mes camarades à la fac, mes amis proches, les gens qui ont toujours cru en moi, qui m’ont toujours aidé. Les personnes qui m’ont toujours contacté pour me mettre sur un projet ayant rapport avec un texte. Il y a surtout les gens sur instagram, ils sont toujours avec moi. Je ne savais pas si j’allais avoir une telle communauté sur un réseau social.

D.N : Que conseilleriez-vous aux jeunes qui aimeraient se lancer dans l’écriture ?

S-D : Pour tous les jeunes qui aimeraient se lancer dans la littérature, qui aimeraient écrire, je leur conseille de foncer, d’y aller car il y a de la place, que les écrivains et aussi le monde a besoin d’eux. Vous n’avez pas idée de ce que vous pouvez faire avec des mots, de ce que vous pouvez faire avec une plume et un cahier. Si vous avez ce talent et vous êtes intéressé à l’écriture, formez-vous, faites des recherches, soyez proches de vos dictionnaires, cherchez à vous perfectionner, développez vos styles et surtout vous devez parler car si vous êtes doué dans ce domaine, vous avez une force en vous dont personne n’a pas. N’ayez pas peur de vous différenciez des autres. Se pa paske nou nan yon jenerasyon ki petèt pa twò akode inpòtans ak sa ki pou wè ak lespri pou nou deside rete nan lomb. Alors prenez place !

Marie Fillette Guerlie Edouard

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