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Crédit photo : APS

Une première réussie, pour la foire sur la sexualité d’APS

Ann Pale Seksyalite (APS), l’initiative de Stéphanie Lamarre a eu un an ce dimanche 14 avril 2019 et en a profité pour présenter au grand public la première foire sur la sexualité en Haïti. L’activité s’était déroulée en une journée mémorable à Yanvalou, avec la participation de nombreuses institutions et personnalité évoluant dans ce domaine.

Stéphanie Lamarre est une jeune femme pétillante, touche-à-tout, passionnée de communication et développement durable. L’idée de la plateforme lui est venue après un article qu’elle a écrit sur son blog dans Word Press, « Adieu alakyout… ». Elle a voulu réunir ensemble des contenus éducatifs sur la sexualité en général, traitant des questions diverses comme : la violence sexuelle, la santé reproductive, le consentement, l’orgasme, et autres. 

Durant une belle et fructueuse journée à Yanvalou, le dimanche 14 avril 2019, la plateforme fêtait sa première année et Stéphanie en a profité pour faire d’une pierre deux coups, en organisant la première foire sur la sexualité en Haïti. 

L’activité s’était déroulée autour du thème : « Fanm kou Gason ansanm pou yon seksyalite responsab ak epanouyi. » La programmation était riche, avec des panels de causeries pour démystifier et parler ouvertement de la sexualité des hommes et des femmes. Des débats animés dans une ambiance chaleureuse sur, les rapports parents – enfants, l’orientation sexuelle, le consentement ont fait le plaisir du public. 

Des vidéos, photos et livres ont été exposés sur la sexualité, pour diversifier un peu l’activité. Et pour guider, informer et sensibiliser les gens qui ont fait le déplacement par centaines, les organisations comme : la Fondation TOYA, Profamil, OHMASS/Djanm, Kouraj, YCWA, DSSR, AHF et tant d’autres ont répondu présent. 

Ces organisations, ont également offert des préservatifs, lubrifiants, serviettes hygiéniques, livres, test de dépistage de VIH et syphilis aux participants. Même si, généralement, le contenu de la plateforme est accessible à partir de quatorze (14) ans, mais la foire n’était réservée qu’à un public âgé de dix-huit (18) ans et plus, nous a confiée Stéphanie, compte tenu de la fragilité de la question chez nous et l’aspect légal de la chose. 

Elle ne souhaitait pas que le public se sente orienter dans leur choix, ou que les ados soient influencés dans une voie qu’ils n’auraient pas choisie. Sensibilisation, information et éducation, étaient les principaux objectifs d’APS.

Stéphanie, se dit extrêmement reconnaissante pour tout le support qu’elle a reçu de son entourage qui l’a aidé même dans les plus petits détails. Elle se sent littéralement chanceuse d’avoir eu une équipe organisatrice de l’évènement aussi solide, et les nombreux sponsors comme la Digicel, Banj, Chokarella, SPA, et tant d’autres qui ont répondu à son appel. Pour cela, elle déclare : «Je suis contente des panélistes, exposants qui ont accepté de participer et les sponsors. Mais je suis encore plus satisfaite du travail de toute cette équipe de jeunes qui a décidé de se tenir à côté de moi. Ils se sont donnés à cent pourcents dans ce travail, sans aucune rémunération et avec passion. Je leur dois une fière chandelle, parce que je n’aurais rien pu faire sans eux. »

À la fin de la journée, la satisfaction se lisait sur les visages de nombreux participants, et, dans les jours qui ont suivi les félicitations pleuvaient de partout sur les réseaux sociaux et articles. 

Pourtant, il y avait la présence d’un groupe de personnes ayant des choix sexuels différents qui ont réveillé, encore une fois, l’ancienne peur viscérale chez certains Haïtiens intolérants. La peur de l’autre, qui a pour conséquence, le refus de l’accepter dans sa différence. 

Stheevens Séraphin, l’une des personnes présentes, nous dit avoir observé que certains de ses amis restaient dans leur coin, refusaient de se laisser prendre en photo et désirait passer incognito. La cause ? Peut-être la crainte d’être jugé. Car il raconte aussi : « J’ai un ami qui travaille dans une institution. Et lors de sa pause, un de ses collègues a appelé un autre pour qu’ils regardent ensemble les photos et les vidéos de la foire publiés sur les réseaux sociaux par les médias en ligne. Et lorsque l’autre m’a reconnu, il s’est exclamé, c’est aussi l’un des nombreux Masisi présents là-bas ? »

C’est connu, parler de sexe en public provoque de l’embarras qui se manifeste soit par le rire, par la colère, ou on essaie de changer de sujet rapidement. Mais ne pas vouloir parler de sexe, c’est comme refuser de discuter des problèmes passés, présents et futures de notre pays. 

Désagréable pour certains, mais un exercice tellement nécessaire. Parce que d’un côté, les questions liées à la sexualité, abordées de manière saine, encouragent une vie épanouie et équilibrée. D’un autre côté, refouler ces questions ou les ignorer, c’est favoriser la frustration et un environnement avec une sexualité déviante. 

En peu de mots, c’est la raison d’être de la plateforme APS, et de cette foire. C’est pourquoi, il ne faut pas se laisser abattre par les jugements injustes des uns et des autres. Ne vous retenez pas de discuter des problèmes liés au sexe, au genre, et exprimer ou défendre votre sexualité librement.

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