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Affaire Nice Simon, l’agresseur décide de briser le silence lors d’une conférence de presse

Yves Léonard et ses avocats ont organisé une conférence de presse, ce jeudi 17 janvier 2019, à l’Hôtel Le Plaza, à 10 heures du matin, disant vouloir donner à la population leur version des faits. Mais leur programmation a été perturbée par la visite surprise des militantes féministes, appartenant à diverses organisations, qui n’ont pas hésité à utiliser cette occasion pour faire entendre leur voix.

Très tôt à la salle de conférence de l’Hôtel Le Plaza, on remarquât la présence des supporteurs de Yves Léonard, appelé Team Leo. Une ambiance de rires, d’accolades où ils se partageaient leurs tasses de café régnait chez eux, jusqu’à l’arrivée des membres de la SOFA, Nègès Mawon, REFKAD et d’autres personnalités militantes féministes. Cris, menaces, injures, fusaient à l’encontre des féministes par les membres de ce groupe. Confusions et tohu-bohu régnaient dans la salle, avec les féministes criant « à bas l’impunité ! » d’un côté et le groupe de Team Léo criant « vive Léonard » d’un autre. Dès lors, le lago-kache entre ces deux groupes débute, l’un chahutant l’autre. 

Rappelons que Yves Leonard a été accusé par la Mairesse de Tabarre, Nice Simon, de tentatives d’assassinat, séquestration, et voies de fait suivis de coups et blessures, à son encontre, le 2 octobre 2018. Et le 28 décembre 2018, le dossier a été renvoyé au tribunal correctionnel, et deux des trois charges du prévenu ont été abandonnées par Maître Wando Saint-Villier, juge d’instruction du tribunal de première instance de la Croix-des-bouquets, dans une ordonnance de clôture. 

Dans un tel chaos, la conférence de presse a dû être annulée par les responsables de l’Hôtel, voulant éviter les altercations et la perturbation des clients présents. Mais les féministes refusaient de libérer l’espace, craignant le groupe de Team Léo qui s’est rassemblé aux rez-de-chaussée de l’Hôtel, et semblaient les attendre de pied ferme. Finalement, après les efforts de diplomatie des responsables de l’hôtel parmi les deux camps, les membres de Team Léo ont quitté le rez-de-chaussée pour que les militantes puissent libérer la salle de conférence. 

Pascales Solages de Nègès Mawon dénonce les menaces du groupe Team Leo. Elle dit n’être venue que pour assister la conférence de presse, avec banderoles, pancartes et leurs bouches pour faire passer leur message. Lyse Marie Déjean de la Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA), qualifie Yves Léonard de « malfrat » et elle estime qu’il devrait être en prison, non pas en liberté pour donner des conférences de presse. Tina Nadine Ferrier Anilus du Rezo Fanm Kapab Dayiti (REFKAD) déclare de même, en rappelant que le prévenu a des charges de justice contre lui, et se dit ferme dans sa décision de défendre les droits de la femme en soutenant Nice Simon.

Les militantes féministes furent claires dans leur message, elles scandent que c’est une honte à toute la société haïtienne que Y. Léonard soit si à l’aise pour circuler dans des voitures officielles et vaquer à ses occupations. Elles exigent aux autorités judicaires que justice soit rendue à Nice Simon avec la révocation de l’ordonnance du juge du cabinet d’instruction de la Croix-des-bouquets, et « à bas l’impunité » de toutes formes de violences envers les femmes haïtiennes. 

Pendant tout ce temps Yves Léonard était sur place, il n’a pas pu constituer son panel pour donner sa conférence de Presse,  mais, il rejette toutes les accusations de son ancienne compagne. Chenet Coriolan dit Yabout, ancien candidat à la mairie de Tabarre, soupçonne quelque chose de mauvais dans le fait que le droit à la parole à Yves Léonard a été refusé. Quant aux avocats du prévenu, ils ont rappelé au public que leur client a déjà interjeté l’appel de l’ordonnance du juge qui a instruit le dossier. Et ont annoncé que la conférence a été renvoyée pour le lundi matin 21 janvier 2019, à Tabarre, Kingdom Hôtel.

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