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Avec AFEL, Blondine Joseph Metellus milite pour l’autonomisation et l’émancipation de la femme rurale

Le Cap-Haïtien l’a vu naître, le Limbé l’a vu grandir, et depuis plus de dix ans, Blondine Joseph Metellus fait de la cause des femmes rurales son affaire, grâce à cette organisation dont elle est la Coordonnatrice depuis cinq ans, AFEL.

L’Association des Femmes Engagées de Limbé, depuis sa création suite au séisme du 12 janvier, a vu Blondine militer en son sein en tant que Secrétaire, Vice-coordonnatrice, et la-voilà à présent à la tête de l’association, menant à bien ce plaidoyer pour les femmes rurales, particulièrement les « madan sara ».

En effet, parlant de plaidoyer, c’est une description qui convient amplement à Blondine, elle qui est en dernière année de Sciences Juridiques à l’Ecole de Droit et des Sciences Economiques des Gonaïves. En ce qui a trait à l’ensemble de ses études, elle a roulé sa bosse entre le Limbé, le Cap-Haïtien, et la capitale du pays. La native du Nord a connu ses premiers balbutiements scolaires à l’école Saint Anièce au Limbé pour ensuite s’en remettre à l’éducation capoise pour ses études secondaires de la 7e à la rheto, et a bouclé ce cycle à Port-au-Prince au collège Immaculée Conception, où elle a passé sa dernière année de classe. Un séjour à la capitale qu’elle a dû écourter, à cause du séisme du 12 janvier qui l’a obligé à refouler le sol de cette ville qui l’a vu grandir, le Limbé.

Madame détient à ce jour plusieurs cordes à son arc. Après avoir bouclé ses études classiques, Mme Metellus a opté pour les Sciences Agronomiques, qu’elle a étudiées à l’Université Chrétienne du Nord d’Haïti (UCNH), d’où elle est sortie licenciée. Elle est aujourd’hui étudiante en Master II en éducation agricole, sécurité alimentaire et nutritionnelle à l’Université Internationale d’Hispaniola (UNIDHI) à Port-au-Prince. Son savoir, elle ne la garde pas pour elle seule. Blondine est en effet professeur à l’Université, où elle enseigne la production agricole, la conservation des sols, et aussi l’ethique et le protocole. Pour avoir fait ses premiers pas dans le monde de l’éducation au Limbé, elle y administre aujourd’hui une école professionnelle « EPRONGE-H », Ecole Professionnelle de la Nouvelle Génération Haïtienne.

Elles sont à présent plus de 400 femmes à bénéficier des formations de l’AFEL. Cette dernière, à travers ces formations régulières aborde des thématiques comme l’émancipation de la femme, la mutuelle solidarité, le leadership féminin, et l’autonomisation de la gent féminine. Les formations seules ne suffisent pas ; grâce à AFEL, ces femmes bénéficient aussi de conférences, de dons offerts par l’organisation et de méthodes ou encore techniques d’entraide mises sur pied par AFEL. Cette dernière fait des visites dans les hôpitaux, les prisons, et aident ceux et surtout celles qui en ont le plus besoin.

En mars 2020 AFEL a rencontré certaines femmes, plus précisément les « madan sara » pour avoir leur avis sur la manière dont elles sont perçues dans la communauté, mais aussi les circonstances dans lesquelles elles évoluent dans le cadre de leur entreprise. Une initiative prise par l’association en prélude à la Journée Internationale des droits de la femme. C’est avec enthousiasme que les concernées ont accueilli le projet, qui leur ont permis de faire entendre leur voix. Ces femmes, mêlées à d’autres œuvrant de divers secteurs, ont été honorées par AFEL le 20 décembre 2020 lors d’une cérémonie.

Celle qui se réclame le titre d’entrepreneure sociale et agricole accompagne aussi un groupe de paysans, en leur proposant des formations sur la culture agricole et les meilleures techniques d’aménagement agricole, tout cela à travers un mouvement coiffé par la jeune dame dénommé « Mouvman Peyizan pou Avansman Ayiti » (MOPA). Un mouvement qui compte en son sein plus de 200 paysans, hommes et femmes confondus. Il y a AFEL, il y a MOPAH, mais il y aussi AGR’ELLES ; cette organisation que coordonne Mme Metellus, qui regroupe les femmes dans le domaine de l’agriculture, en d’autres termes, des agronomes, Ingénieures-agronomes et agricultrices. L’organisation a pris naissance en mars 2020, en plein balbutiement de la COVID-19.

Cette ardeur de toujours vouloir venir en aide aux femmes, lui vient du fait qu’elle a grandi dans une famille monoparentale. Sa mère, qu’elle décrit comme une battante est celle qui l’a inspirée, qui a mis en elle ce goût de l’entraide, ce désir de vouloir tendre la main aux femmes en détresse, sa mère, qui a éveillé en elle cette conscience féminine qui fait qu’elle se sent concernée par les affres que connaissent les femmes. En outre, déjà toute jeune, cette mission l’appelait. Alors qu’elle suivait encore ses cours, elle travaillait aussi à une école où la tâche qui lui a été confiée fut de venir en aide aux jeunes filles. Faisant office de « counsellor » Blondine était celle que les jeunes filles venaient voir pour se confier, partager leurs peines, leur désespoir et entendre conseil. L’organisation TEARFUND HAITI l’a connue aussi comme bénévolat, où elle faisait partie du groupe d’entraide qui tendait la main aux femmes.

Membre de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti, et coordonnatrice d’une organisation du nom de « Mercy for Children », Mme Blondine Joseph Metellus fait partie des 15 femmes Dofen nominées pour l’année 2020. La cérémonie de la Femme Dofen aura lieu le jeudi 28 janvier 2021, au local de l’hôtel Le Plaza dans l’après-midi. Issues des dix départements du pays, les 15 femmes nominées pour le prix prendront part à la 2e édition de cette aventure qui promet d’être très enrichissante.

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