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Covid-19 : Quand les mesures de protection s’effacent devant le poids de la mauvaise gestion de la maladie et de l’économie boiteuse

Selon le dernier bilan réalisé ce 19 avril par l’Agence France Presse (AFP), 2 331 318 cas de coronavirus ont été recensés dans le monde depuis le début de la pandémie pour 160 502 personnes tuées. Ce chiffre peut s’avérer faible puisque tous les pays ne pratiquent pas ou ne peuvent pas pratiquer un dépistage massif. Haïti a enregistré ses 2 premiers cas de coronavirus le 19 mars dernier. De cette date à aujourd’hui, le MSPP a recensé 618 cas suspect, 57 confirmés, 54 cas actif, 0 cas de guérison et 3 décès. Vu la contagion express et de manière exponentielle de ce virus dans les autres pays, sommes-nous les plus chanceux ou faisons-nous partie de ces pays qui ne peuvent pas signaler d’innombrables cas de Covid-19 parce qu’ils n’ont pas suffisamment de test de dépistage ?

Vu les mesures qui doivent être prises pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus dont le confinement, la limitation des déplacements au strict nécessaire, le lavage répétitif des mains et la distanciation social, Haïti figure dans la liste de pays qui peuvent difficilement faire face à cette ravageuse maladie d’une part à cause de la réalité quotidienne de la population qui pour vivre et survivre doit sortir au jour le jour et d’autre part à cause de la banalisation de la maladie car pour certains, elle reste encore un mythe ou une machination politique. L’apparition de la maladie sur le territoire est tombée comme un véritable coup de massue, frappant de plein fouet l’économie du pays et le quotidien d’un peuple qui, pour la majorité, doit se rendre dans les marchés publics, dans les factories pour répondre aux besoins de leurs familles.

Comment respecter le confinement quand on sait pertinemment que la population doit sortir pour survire ? Comment prétendre pouvoir respecter la distanciation sociale quand dans nos marchés et nos transports en commun, les gens sont entassés comme des sardines en boîte ? Comment vouloir que des mères de familles, des madan sara qui ne vivent que de ce qu’elles gagnent en vendant leurs marchandises restent chez elles sans l’espoir d’avoir en fin de journée de quoi mettre dans les assiettes de leurs enfants ou sans qu’elles n’aient l’espoir de trouver un quelconque support d’une tierce personne ou entités ? Est-ce que le respect des mesures peut vraiment épargner les haïtiens ? Est-ce que l’application des mesures seront vraiment suffisants ? En prenant en compte la réalité quotidienne et les mesures préventives pour limiter la propagation du Covid-19, cette dernière et Haïti ne vont vraiment pas de pair. Toutefois, la maladie est présente sur le territoire. On doit se protéger et/ou s’attendre au pire.

Le jour de l’annonce des premiers cas de coronavirus dans le pays, le président Jovenel Moise avait annoncé entre autres la fermeture de toutes les écoles, des centres de formations et des universités. Il avait aussi ordonné la cessation de toutes activités dans les usines et l’interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes. Près d’un mois après, alors qu’on a franchi le cap des 50 contaminés à travers le pays dont le plus grand nombre est enregistré dans le département de l’Ouest ce qui devrait pousser les autorités à demander l’application le plus stricte des mesures, le premier ministre Joseph Jouthe a annoncé la reprise des activités dans les usines comme quoi l’épée de Damoclès que représente le Covid-19 n’est plus au-dessus de notre tête. A t-il déjà atteint son pic dans le pays ? Cette décision est-elle raisonnable et réfléchie ? Pourquoi ce revirement ? Pourquoi vouloir à tout prix nous jeter dans la gueule du loup ? Pourquoi décider d’ouvrir une brèche à la prédiction du ministre des Travaux publics, Transport et Communication qui presage entre 1000 à 1500 morts par jour d’ici le mois de mai particulièrement dans les quartiers populaires ? Selon le premier ministre, les gestes barrières seront respectées, des masques et des gants seront distribués aux employés pour les protéger. Une promesse qui vient s’ajouter à une autre. Quelques semaines plus tôt, le président avait annoncé la distribution massive de masques à la population spécialement dans les marchés publics. Pour l’heure, rien n’a été fait. La population qui n’a aucun leader qui pense à sa survie et sa protection sévie entre la menace flagrante de la propagation du coronavirus, la mauvaise gestion de cette dernière par des autorités qui minimisent la situation alors que l’Organisation panaméricaine de la santé met en garde contre les risques de propagation du Covid-19 dans les Caraïbes et l’obligation de continuer à vivre en dépit de tout au risque et péril de contracter le virus.

Pour l’instant, il y a qu’une chose qui soit vraie. Le coronavirus existe, il est réel et il à nos portes. Respectez autant que possible les mesures pour le contrecarrer et surtout restez chez vous.

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