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Devant l’UNESCO, Dominique Dupuy évoque la situation de 4 millions d’élèves haïtiens privés d’école

L’Ambassadrice, Déléguée permanente d’Haïti, Dominique Dupuy a pris la parole lors des débats pléniers de la 215ème session du Conseil Exécutif de l’UNESCO, ce mercredi 12 octobre 2022. La réalité des 4 millions d’élèves ne pouvant pas reprendre le chemin de l’école a été la pierre angulaire de son discours.

C’est un discours qui a fait le tour du monde. Dominique Dupuy, l’Ambassadrice Déléguée permanente d’Haïti à l’UNESCO n’a pas mâché ses mots pour se faire le porte-voix des millions d’élèves privés d’école à cause des terreurs des gangs armés en Haïti.

« C’est toute la population des apprenants du pays, soit plus de 4 millions de jeunes qui ne participeront pas à ce rituel matinal (aller à l’école), aussi important qu’est la rentrée en classe. Ce sont donc des millions de mes compatriotes, parents, qui ne pourront commencer leur journée en embrassant leur enfant avec ce sentiment unique, de satisfaction et de fierté, de savoir que sa progéniture puisse jouir de ce droit universel fondamental, qu’est l’accès à l’Éducation », a-t-elle déclaré dans son discours.

Mme Dupuy rappelle la collaboration étroite existant entre Haïti et l’UNESCO, de quoi interpeller les membres et représentants sur ce qui se passe véritablement dans le pays, avec les élèves qui ne peuvent pas reprendre le chemin de l’école.

« Quand toutes les écoles, dont les 25 institutions associées de l’UNESCO, et toutes les universités restent fermées, que ni science ni culture ne peuvent y être évoquées, quand la peur, la souffrance et la colère paralysent toute vie; quand les théâtres sont transformés en antres de fantômes, que les laboratoires, les centres de recherches, les hôpitaux, sont barricadés, pourquoi et de quoi parler ici ? », s’interroge Dupuy.

Pour l’Ambassadrice, l’accès à l’éducation ne devrait pas être une question de chance.

« Que nous, les adultes, nous avons l’ambition de transformer ces aléas, en acquis. Que nous comprenons que l’égalité des genres bascule lorsque l’éducation s’arrête. Que nous savons que sans Éducation, c’est le seul repas par jour qui disparaît. Que ce sont les grossesses d’adolescentes qui se multiplient. Et que nous sommes alarmés par l’avenir volé de la jeunesse d’un pays, prise en otage, marginalisée, déplacée, et forcée à la migration. »

Il esi important de rappeler que la rentrée scolaire était initialement prévue pour le 5 septembre. Celle-ci a été renvoyée pour le 3 octobre. 11 jours après, les élèves ne peuvent toujours pas reprendre le chemin de l’école à cause de l’insécurité et de la rareté du carburant.

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