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Entre espoir et incertitude. L’avenir du peuple haïtien se joue une fois de plus” à pile ou face” face à la Covid-19

L’annonce du Président de la République, depuis déjà deux(2) mois est tombée comme un couperet semant dans l’esprit des uns la confusion, l’incrédulité, renforcant dans l’esprit des autres l’incertitude et dans l’esprit de beaucoup d’autres, la peur. Depuis l’annonce des deux (2) cas infectés de la Covid-19 en Haïti, la situation a bien evolué. On parle maintenant de milliers de cas et d’une trentaine de morts enregistrés.

Le confinement, se heurtant aux problèmes sociétaux, n’est toujours constaté que partiellement. Le transport public, malgré les interdictions et mise en garde, n’est pas totalement paralysé. Certains chauffeurs font toujours cargaison pleine en n’oubliant pas d’ajuster leur prix à la hausse. Malgré ce remue ménage qui semble s’enregistrer dans les rues, qu’en est-il de l’activité économique ? Sur l’ensemble du territoire national les acteurs des petites commerces et du marché informel ne s’arrêtent pas de plaindre du ralentissement des activités de l’offre et de la demande, surtout que désormais dans plusieurs communes les marchés publics fonctionnent selon un horaire fixé par la municipalité. Les consommateurs de leur côté sont aux abois, face aux prix des produits de première nécessité qui ont triplé sans que les autorités publiques n’aient pipé mot.


Une autre catégorie souffre quant à elle de manière plus fragrante de cet état de confinement même partiel. Il s’agit des entrepreneures de petites entreprises surtout et des moyennes entreprises dans un sens plus large.
Interviewées par DOFEN NEWS, quelques entrepreuneures du Nord lèvent un peu le drap sur leur situation depuis le confinement qui survint après des mois de pays lock occasioné par les par les troubles politiques. Elles n’évoluent pas dans le même secteur d’activités, pourtant leur problème révèlent des similitudes et la solution semble commune.

Myrlène BORGELA

Propriétaire de ChocoClic, Myrlène Borgella est diplômée en gestion, en technique de management public à l’ENAP et en entrepreneuriat. Cette dernière se plaint que le secteur de l’agribusiness, quoique très en vogue ces dernières années en raison d’une multitude de jeunes entreprises qui se sont implémentées, n’est pas pris en compte par les institutions étatiques et même privées. Ils n’ont pas beaucoup d’accès au crédit, et ne bénéficient pas de subvention également.
Avec le confinement elle enregistre une rupture de stocks du fait que pour faire fonctionner pleinement elle est obligée de s’approvisionner à l’étranger pour certains produits. De plus, obligée de réduire son personnel et de ne produire qu’en petite quantité, ChocoClic est loin de faire des recettes.

Carlène P. ULYSSE

Carlène P. Ulysse est dans la restauration. Au coeur de la ville , son restaurant “Le Nutritif” essaie de faire la différence tant au niveau de la qualité de la nourriture que le service client. “En Haiti , le manque d’encadrement oblige les entrepreneures à faire l’impossible pour subsister” nous confie Carlène . Les activités ont ralenti bien sûr . Toutefois Carlène est motivée par l’après. En ces propres mots, cette situation est passagère et ne durera pas. On peut encore la convertir en atout. Il faudra plus que la covid et la baisse des recettes pour la démotiver.

Souindie DORCY

Son entreprise, Lys Decor, est spécialisée dans la décoration d’intérieure. Fonctionnant également comme une mini factorie, Souindie DORCY s’occupe elle-même de confectionner les rideaux qu’elle vend en gros.
“Déjà lors des pays lock, mes activités étaient quasi totalement paralysées”, nous raconte Souindie Dorcy. Utilisant l’internet comme vitrine pour ses produits, l’entrepreneure nous dit que les gens avaient peur et étaient méfiants. Car en passant une commande online, ils ne savaient plus à quoi s’attendre vu l’insécurité dans les rues. Du coup certains, se mettaient par 4 pour récupérer leur commande au cas où il y aurait un inconvénient.
Le confinement dû à la covid-19 ne vient en rien améliorer son chiffre d’affaire. C’est le même même cas de figure, les activités sont paralysées. Dans le souci de respecter les gestes barrières, elle ne peut pas produire en ce moment. Souindie Dorcy qualifie cette année comme étant perdue, car habituellement s’approvisionnant en matières premières à Panama elle ne peut effectuer aucun voyage pour l’instant. En temps normal, elle devrait refaire le plein de tissus pendant cette période pour se préparer pour les fêtes de fin d’année. Toutefois pendant le week-end de la fête des mères elle a conclu quelques ventes, mais pas grand chose.

La pandémie a gelé l’activité économique mondiale. L’état d’urgence est décrété jusqu’en Juillet en Haïti. Espérons d’ici là que la propagation aura baissé et que les entrepreneures puissent récupérer les mois restants.

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