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La Covid-19 et l’État , un duo infernal contre le marché informel

Déjà plus de 1000 personnes infectées et une trentaine de décès. Le nouveau Coronavirus gagne du terrain en Haïti. Alors que la population se tourne vers les remèdes naturels, l’État opère de plus en plus avec maladresse . Les promesses d’accompagnement tardent à venir. Les décisions sont controversées. Plusieurs secteurs de la vie nationale sont victimes de cette mauvaise gestion de la crise. Les commerçantes du marché informel principalement sont perplexes. Témoignages.

Madame A est commerçante attitrée au marché de Petit-Goâve. Elle propose des  vêtements qu’elle achètent en gros soit à Tabarre ou à « Hippolyte ». Un itinéraire qu’elle entreprend depuis dix ans. « Depi lè Covid-19 sa, m pa vann anyen. Moun yo pa sou achte rad vre. Defisi nèt paske se nan komès la pou m retire pou m manje ak timoun yo », raconte-t-elle.
 
Nana est madan Sara. Les trois jours de marché autorisés par la Mairie de Petit-Goâve ne lui sont pas bénéfiques. Elle se plaint: «  Mache sèlman Lendi, Mèkredi ak Samdi a pa bon pou mwen menm. Bannann yo gentan mi, kowosòl yo gate. »  
 
 À la rue Oswald Durand, une famille étale tous les soirs, des fritures, barbecues et ragoûts. Violant le couvre-feu, des arrestations ont été faites ce Lundi 25 Mai. L’un des habituels consommateurs rouspète : « Leta pap fè anyen serye la. E moun sa yo li ka arete ? Moun kap touye vè nan vant nou yo ? Moun yo kap degaje yo chache lavi a ?  Gen nan nou se 8 è a nap tann pou nou vinn pran ti ragou a. Kote madanm nan pral jwenn 3000 goud poul peye amand ? »
 
 
 À l’entrée Sud du Marché Salomon, une vendeuse de breloques occupe une petite place près des longues files de mangues. On ne voit que son buste derrière la montagne de marchandises. Des bracelets, colliers, anneaux, accessoires de cheveux, produits de beauté… Tous les articles à 25 gourdes l’unité. Elle raconte: « Moun yo pa vinn nan likidasyon an ankò. Genyen ki menm di m se bagay ki soti lòtbò map vann, yo pap vinn pran Kowonaviris. Adje! », s’ensuit de nombreuses plaintes.
 
 Tout porte à croire que les marchandes de produits alimentaires se coulent du miel grâce à de belles ventes. Mona conteste avec velléité: « Se kredi moun yo plis mande achte. Yap fè dèt sou 3000 goud Prezidan an, pa gen afè ditou. Leta sa ap finn touye nou. Tout bagay ap monte e pa gen lajan vre. »
 
 
Peu de moyens, encore plus de chômeurs déguisés. Le commerce informel tient un semblant de vie, la Covid-19 n’est pas compatissante, l’Etat est visiblement incapable. La triste réalité est là, la crise n’est pas que sanitaire. Elle est multidimensionnelle !

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