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Photo soumise par Valora Badet

Entre la médecine et Valora Badet, c’est une vraie histoire d’amour…

Valora Badet est très connue sur les réseaux sociaux pour son dévouement avec l’initiative STOP ACCIDENT et en tant qu’étudiante en médecine, elle est aussi très impliquée dans les activités estudiantines, telles que la semaine internationale du cerveau en Haïti, ou la conférence-débat sur l’environnement et la santé. Mais nous savons peu de choses sur cette brillante jeune femme ; Dofen News s’est proposé d’aller à sa rencontre à travers ce portrait.

On peut présenter Valora Badet comme une jeune femme pétillante, une touche-à-tout et très multitâche. Fille unique de son père, mais du côté de sa mère elle a une demi-sœur et quatre (4) demi-frères. Elle est née à Miragoâne, où elle a passé une partie de son enfance avec ses parents à Guirand, la 10ème section communale de la commune d’Aquin, et c’est là aussi qu’elle a reçu ses instructions préscolaires. Cependant, très tôt elle a dû rejoindre la capitale pour continuer ses études scolaires. Elle est rentrée à Port-au-Prince sans ses parents qui sont restés à Guirand, pour avoir un accès à une meilleure éducation. 

Ses études classiques achevées, au Collège Coeur Immaculée Marie (CIM), elle s’est inscrite à plusieurs entités de l’Université d’État d’Haïti et à l’Université Notre-Dame d’Haïti. Elle a brillamment réussi tous ses concours d’admission auxquels elle avait participé. Et finalement sous l’influence de son père qui est agent de santé à l’hôpital de Ste Thérèse, elle a choisi d’étudier la médecine à la Faculté de Médecine de l’Université d’Etat d’Haïti. Évoluant dans ce milieu, son père a toujours voulu qu’elle soit médecin, et elle a réalisé ce souhait qu’elle et son père partageaient. Actuellement, elle est une interne à l’Hôpital de l`Université d’État d’Haïti, c’est-à-dire qu’elle est à sa 6ème année d’études médicales.

Entre la médecine et Valora Badet, c’est une vraie histoire d’amour… 

Toute petite elle avoue avoir toujours voulu être médecin, et confie : « […] pendant les vacances, j’allais souvent avec mon père à l’hôpital Sainte-Thérèse de Miragoâne et depuis là nourrissait le rêve de me voir un jour à la place des professionnels de la santé. » Et ce rêve ne l’a pas quitté depuis, car à l’école elle avait déjà un penchant, d’un côté pour les sciences naturelles particulièrement la biologie, la chimie et la physique ; d’un autre côté pour les mathématiques. Élève brillante, elle a été lauréate de sa promotion en bac II, ce qui lui a mis dans la visière du ministère de l’Education Nationale pour une bourse d’études qu’on octroyait aux lauréats de différentes écoles. Bien heureusement nous raconte-t-elle, les démarches n’ont pas été concluantes. Sinon, elle n’allait pas réaliser ce désir qu’elle chérissait tant, qui est de devenir médecin, puisqu’il n’y avait pas de médecine dans les choix d’études pour le Mexique. 

Sa première année n’était pas facile, elle ne faisait qu’étudier et étudier. Comme conséquence elle s’est renfermée sur elle-même. Mais à sa deuxième année, elle commença par s’intégrer dans la vie universitaire. Alors, elle s’est engagée corps et âme à organiser et participer à différentes activités paras-universitaires. Comme : le Club Cerveau qui a marqué l’Université avec la première célébration de la Semaine Internationale du Cerveau en Haïti en 2015. Ensuite pendant deux (2) années, elle fut la déléguée culturelle de sa promotion. Sans oublier les journées scientifiques de la faculté, la journée porte ouverte avec l`UEH et l’Action Communautaire pour l’Accès aux Soins de Santé (ACASS-FMP), sa participation aux campagnes de dépistage du cancer du col et du sein, etc.

Son histoire avec la médecine, Valora la décrit comme une vraie histoire d’amour, où elle y revient toujours quoi qu’il arrive. Jusqu’à présent, malgré les moments difficiles, elle dit vouloir garder sa profession avec amour et passion au plus profond de son cœur. Et avoir la possibilité de soigner, de soulager et d’aider les gens est sa plus grande satisfaction personnelle. En tant que professionnelle de la santé, sa plus grande aspiration est d’apporter une aide efficiente pour la réforme du système médical haïtien car elle avance dans l’espoir de voir changer  les conditions de prise en charge médicale dans les prochaines années. Elle aimerait être la voix de la médecine préventive et communautaire en Haïti car prévenir vaut mieux que guérir et la prévention est bien moins couteuse, nous fait-elle savoir avec ferveur. 

Valora, une jeune femme très impliquée dans le social 

STOP Accidents est une structure qui existe depuis deux ans, elle œuvre pour un pays, où l’insécurité routière est réduite à sa plus simple expression. Elle n’est pas l’initiative personnelle de Valora Badet, mais elle l’a intégré en décembre 2017, grâce à une invitation pour animer une formation pour des chauffeurs de motocyclette dans le Sud (Cayes). Durant ce parcours, les discussions sur la problématique des accidents de la voie publique l’ont sensibilisé et elle a décidé de se lancer avec eux dans la lutte. Et environ un (1) mois après son intégration, elle a été nommée directrice du département de sensibilisation de STOP Accidents. Dès lors, elle s’est engagée à sensibiliser la population contre les mauvais comportements sur les routes et de promouvoir la sécurité routière dans tout le pays.

Presque chaque mois, avec STOP Accidents, il y a des activités d’information, la formation, et la conscientisation des usagers de la voie publique sur la prévention, la prise en charge et le suivi des accidents de la route. Pour réaliser ces activités, la tâche n’a pas été facile pour l’équipe. Valora nous explique la lenteur de certains acteurs dans l’organisation à travailler en intersectorialité et le manque de moyens économiques furent parfois un frein ou ralentissement à la réalisation de certains projets. Mais l’organisation a eu le soutien de beaucoup de partenaires comme HI (Humanité et Inclusion), Croix-rouge Haïtienne, GSH (Groupement des secouristes d’Haïti), etc. 

Également, Valora s’est impliquée dans plusieurs autres mouvements sociaux et projets, par exemple sur la protection de l’environnement. Elle était la directrice de projet de CYEN Haiti, (Caribbean  Youth Environment Network, Haiti). Elle a aussi participé à CASCOSAN (Caravane Scolaire sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle) de la SOHASAN, une organisation qui travaille dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et sur plusieurs autres projets de santé. Mais cette année avec l’internat, elle est moins disponible qu’avant. Pour cela, elle a choisi de se focaliser sur seulement deux activités sociales, STOP Accidents et Big Bang santé dont elle est la coordonnatrice de la santé de la femme et des enfants.

À toute jeune femme qui voudrait faire de la médecine… 

Étudier la médecine était le rêve de Valora, et c’est encore celui de millier d’autres jeunes femmes en Haïti. Un médecin pour elle représente un modèle de réussite, et en allant voir son père elle observait les médecins qui soignaient les malades étant petite, elle déclare : «  Je pouvais lire sur le visage des patients le respect et la gratitude qu’ils éprouvaient vis à vis des prestataires de soins. Assise à l’hôpital, dans ma tête je me voyais déjà soit avec un scrub soit avec une blouse blanche. » Mais ce n’est certainement pas une chose facile. 

À toute jeune femme qui voudrait faire de la médecine, Valora lui dirait honnêtement que si c’est pour gagner sa vie ou pour devenir millionnaire c’est loin d’être le meilleur choix. Cependant, si c’est pour satisfaire le besoin de se sentir utile à sa communauté, c’est la meilleure vocation. Elle lui dirait que prendre ce chemin exige beaucoup de sacrifices, beaucoup de courage et beaucoup de détermination, mais il demeure un chemin passionnant. Toutefois, elle n’oublie pas de dire à cette jeune femme que la population haïtienne est très misogyne. Car une doctoresse est souvent appelée miss, comme quoi la médecine ne devrait être que l’histoire des hommes. Mais personnellement, cela ne perturbe point Valora quand un patient l’appelle miss, parce que en tant que médecin ou infirmière on s’adonne toutes/tous, à cette noble tâche qui est de soigner et de soulager l’autrui.

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