Marie Elise Obas - Source photo : google search

Entre Marie Elise Obas et le monde du ballon rond, c’est une histoire d’amour

Il est difficile de rencontrer des femmes avec un chapeau de responsable dans le secteur sportif, mais certaines arrivent quand même à s’y frayer un chemin. Parmi celles qui évoluent dans le milieu, on retrouve Marie Elise Obas, Vice-Présidente du Club de Football Don Bosco de Pétion-Ville depuis environ deux (2) ans. Pour elle, ce secteur longtemps dominé par les hommes lui a gratifié d’un chaleureux accueil et son intégration est réussie au point qu’elle a tissé des liens etroits avec ses collègues.

Dans l’entretien qui suit, Marie Elise qui a étudié le Droit et l’Administration et qui détient une maitrise en Football Business nous raconte son arrivée et sa progression dans ce qui est devenu pour elle plus qu’une profession mais une véritable passion.

Dofen News : Avez-vous toujours voulu exercer dans le domaine du sport ?

Marie Elise Obas : Pas du tout. Des amis de longue date me posent toujours la question : Comment en es-tu arrivée la ? C’est le fruit d’un heureux hasard et j’en remercie le ciel. C’est le dernier domaine auquel j’aurais pensé… Enfant, je savais assister à des matchs de football dans mon quartier. J’avais également l’habitude de suivre deux (2) compétions majeures : la Copa America et la Coupe du monde mais me retrouver en plein cœur du football, cela ne faisait pas partie de mes projets.

D.N : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire carrière dans ce domaine ? Pourquoi en êtes-vous si passionnée ?

M.E.O : J’ai fait la rencontre du Président du club lors d’un voyage au Cap-Haïtien. Je m’y rendais pour mon travail et lui pour un match. Nous avons lié connaissance au cours du vol et échangé nos coordonnées. Il m’a invitée à assister aux matchs du club et de là il m’a insufflé sa passion. Aujourd’hui, je peux passer toute une journée à regarder des matchs de football et je suis presque tous les grands championnats. Et me voilà en plein cœur d’un secteur qui m’était totalement inconnu.

D.N : Comment en êtes-vous arrivée à vous faire une place ?

M.E.O : Toujours humble et en quête constante d’apprentissage, je n’ai jamais caché que ce n’était pas mon domaine et je me suis arrangée pour obtenir de l’aide. J’ai fait appel à des amis-ies qui n’ont pas hésité et ne se sont pas fait prier. J’ai posé des questions, j’ai lu, j’ai fouillé les pelouses pour me familiariser avec mes joueurs-euses et mon staff. Ce sont là les cartes que j’ai utilisées. Voyant que cela ne suffisait pas, j’ai décidé, de concert avec le Président de faire des études dans le domaine. Je remercie Paul Moise/FUSA qui m’a aidée à trouver le Football Business Academy (FBA), basé à Genève. En dépit de tout cela, je continue à apprendre car c’est un secteur très compétitif.

D.N : Quelles sont vos perspectives pour le Don Bosco de Pétion Ville ?

M.E.O : Actuellement il n’y a aucune compétition à cause de la Covid19, tous les joueurs-euses sont chez eux et nos locaux sont fermés. Toutefois, cela ne nous empêche pas de continuer à explorer des pistes pour mieux structurer le club et de travailler sur d’autres projets. Nous travaillons en ce moment sur un projet afin de doter le club d’une académie. Ce qui nous tient à cœur c’est de faire le mariage entre le football et l’éducation en nous assurant que tous nos joueurs aillent à l’école et aient une profession autre que le football.

D.N : Le mois dernier, le football haïtien a été frappé de plein fouet par le dossier de viols sur les joueuses, comment faites-vous au sein du club que vous dirigez pour empêcher que vos joueurs/joueuses ne soient victimes de viols, d’harcèlement sexuels ou autres ?

M.E.O : Pour les joueurs, nous n’avons pas vraiment mis un système en place pour les protéger. Par contre, pour les joueuses, nous nous assurons d’avoir une intendante qui habite au local et nous nous arrangeons pour organiser des rencontres avec les filles et si quelque chose les tient à cœur, elles peuvent s’adresser sans crainte à un membre du staff. Mais après ce scandale, peu importe le verdict, nous allons renforcer le contrôle au niveau de nos locaux.

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