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La question de la violence faites aux femmes, des propositions féminines pour en finir

Plusieurs cas de violences conjugales ont été enregistrés tout au long de cette année. Femmes publiques, simples citoyennes, mères de familles, étudiantes, aucune catégorie n’est épargnée. Dans le but d’éradiquer ce phénomène et d’accompagner les survivantes, deux militantes et deux victimes anonymes ont accepté de partager avec Dofen News des propositions pouvant aboutir à l’éradication, sinon une réduction considérable des violences à l’égard des femmes.

Maître Dilia Lemaire et Madame Guerlyne Résidor sont deux femmes qui militent pour mettre fin aux violences dont les femmes haïtiennes sont victimes. Avocate au Barreau de Port-au-Prince, Me Dilia Lemaire, par le biais de l’organisation Mouvement des Femmes Haïtiennes pour l’Education et le Développement (MOUFHED) dont elle est membre, fait partie d’un consortium d’association pour présenter le projet « KonbatVyolans ». Mme Guerline Résidor pour sa part, est juriste de formation. Ex candidate à la mairie de Carrefour, elle est la Coordonatrice générale de « Kri Fanm Ayiti (KRIFA) ». 

Dofen News : Parlez-nous de MOUFHED ? 

Me Dilia Lemaire : MOUFHED est une association qui a été fondée en 1993 par des femmes issues de diverses disciplines dont moi, Madame Jessie Benoît et Madame Florence Noël. A MOUFHED, on fait la promotion du droit des femmes en général. Je peux citer entre autres le droit à la vie, le droit à la sante et le droit à l’éducation, le droit à la liberté d’expression et le droit de participation à la vie politique. On s’intéresse également à celles qui sont victimes de violences. De ce côté-là, l’association accompagne ces femmes dans tout ce qui rapporte aux processus juridiques.  

D.N : En quoi consiste le projet Konbat Vyolans ? 

D.L : Konbat Vyolans est un programme qui vise à réduire la Violence Basée sur le Genre en Haïti. « A travers ce groupement, on organise des activités de sensibilisation, on fait des plaidoyers pour mieux contribuer dans l’élimination de la violence faites aux femmes ». 

D.N : Parlez-nous de KRIFA ? 

Mme Guerline Résidor : Fondée en octobre 2016. KRIFA est une organisation qui a pour mission de défendre et de promouvoir les droits des femmes et des filles en Haïti par l’éducation, la santé, le développement et la réinsertion sociale des plus vulnérables. Quant aux femmes victimes de violences, on les accompagne sur le plan juridique et psychologique.      

D.N : Si vous aviez la possibilité de faire des propositions pouvant amener à éradiquer les violences faites aux femmes, que proposeriez-vous ?

G.R : Mes propositions pour éliminer la violence faites aux femmes seraient de sensibiliser les jeunes qui sont l’avenir du pays ; de former les femmes et les filles, les rendre autonome ; de demander aux autorités d’encadrer les organisations défendant les droits des femmes ; demander aux victimes de violence de dénoncer leurs agresseurs. 

D.L : Premièrement, les femmes doivent prendre conscience qu’elles sont des adultes, qu’elles ont des droits et des devoirs vis-à-vis des autres et d’elles-mêmes. Elles doivent accepter quand une relation ne va plus parce que sans communication, il n’y a pas moyen d’avancer. Les femmes doivent être capables d’identifier les signes avant-coureurs parce que les violences physiques ne commencent pas du premier coup. Elles doivent cesser d’avoir honte.     

Pour Jeanne Jean, jeune femme victime de violence de la part de son compagnon qui souhaite garder l’anonymat, l’élimination des violences faites aux femmes doit commencer avec les hommes. Selon elles, ces derniers doivent respecter toutes les femmes comme ça se fait dans les autres pays parce qu’en Haïti, on viole toutes les règles qui doivent normalement être respectées. 

Selon Jina Doe, une autre victime anonyme, pour que les femmes ne se fassent plus bastonner par leur compagnon, elles doivent réagir dès l’apparition des violences verbales. Si toutefois, ils en viennent aux mains, la victime ne doit pas rester sans rien faire, elle doit porter plainte. 

Beaucoup de personnes et institutions luttent pour finir avec les violences faites aux femmes. Toutefois, les victimes aussi ont leur part de responsabilité. Aux premières insultes, aux premiers coups ; sortez, parlez-en à des personnes qui seront en mesure de vous aider. Ne restez pas dans vos coins, il est temps de sortir du silence.      

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