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L’après bac en Haïti, une équation compliquée

Une année terminée, un cycle achevé. Ce n’est pas pareil que de boucler une année d’écolage pour traverser dans une autre. C’est un terme définitif que l’on met aux études classiques. Une chose que les jeunes qualifient d’excitante, une partie de la vie que l’on voudrait apprécier, qu’on dit fantastique, car l’on va pouvoir apprendre ce dont on rêve depuis l’enfance. On va pouvoir s’investir, s’intégrer dans la vie sociale de son cher pays.

Prendre des décisions importantes est le plus dur, toutefois personne n’est parfait, l’on fera des erreurs, d’ailleurs qui n’en fait pas ? On se rachètera en apprenant d’elles. Déjà, le potentiel et la volonté sont là, comme une présence vivante qui vous caresse l’âme. On sort confiant, quasi-sûr d’atteindre ses objectifs. On est heureux comme un pingouin. Cependant, vivre dans la société haïtienne et achever ses études classiques relèvent du défi.

 Quand un jeune vit sur le territoire haïtien et met fin à cette étape de sa vie pour entamer la suivante, une partie de plaisir ne l’attend pas. Beaucoup plus de difficultés se révèlent en chemin qu’un sentiment excitant qui gouffre l’âme. Il y a là tout un monde auquel il ignorait l’existence.

En premier lieu, il y a le concours organisé par les différents établissements de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). Ces entités sont les différentes facultés misent en place par l’Etat haïtien en vue d’aider les jeunes qui ne peuvent payer une université privée afin que ces derniers puissent poursuivre leur rêve et aient un métier. Au premier abord, c’est un système qui mérite d’être félicité, car il démontre que l’Etat central se préoccupe de l’éducation des fils et des filles du pays. D’ailleurs, ils clament souvent que la jeunesse est l’avenir d’Haïti. L’on tenterait d’y croire, cependant la réalité a un goût amer. La vérité est là à étouffer plus d’un. L’UEH est dans l’incapacité d’absorber même un tiers des écoliers qui participent au concours. Et l’Etat ne trouve ou ne cherche aucune solution pour remédier à cette situation qui menace d’effondrement la société haïtienne. 

N’ayant pas été admis à l’une des entités de l’UEH, l’écolier est vite confronté au manque de moyen de ses parents. Un taux de chômage élevé, une inflation démesurée, le non accès au crédit, la société haïtienne ne semble offrir aucune alternative aux parents et à leurs progénitures. Ils vaguent alors sans destination pour certains. D’autres sont plus chanceux. Ils trouvent le moyen de payer des études dans une école professionnelle qui plus tard sera dans l’incapacité de lui fournir ses papiers. A la recherche d’un diplôme, ils se font escroquer par une école non enregistrée auprès des institutions concernées. Sa première réflexion est la dénonciation pour l’affronter en justice et récupérer son argent et se faire dédommager, mais pas plus que ses parents, ils ne possèdent pas d’argent pour se payer un avocat, sans compter la méfiance de certains qui ne croient pas en la justice haïtienne. Alors, l’oubli reste la seule solution et chercher à s’en sortir autrement. 

Effondré, il ne peut croire à ce qui lui arrive. De plus, c’est à cause d’une annonce qu’il a eu vent de cette école professionnelle. Il n’arrive pas à comprendre comment une école puisse desservir une population sans pour autant rentrer dans les normes régies par la loi. Comment l’Etat a-t-il pu laisser en fonction un tel établissement ?, se demande-t-il. 

… Derrière les études classiques, tant de difficultés durcissent le cœur d’un jeune qui se retrouve à nourrir l’envie de partir ailleurs. Cette confrontation avec la situation du pays leur laisse un mauvais goût et sape leur confiance en les institutions étatiques. Devenus insouciants face à la réalité, ils ne jurent plus que dans la résignation. S’en suivent alors des sermons, des doigts pointés sur une jeunesse en proie à des difficultés de toutes sortes qui nous privent d’un avenir certain. Eviter l’échec dans la vie professionnelle devient alors un rude combat. Au vu de la situation conjoncturelle, qu’en sera-t-il de l’avenir de ces jeunes bacheliers ?

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