Crédit photo : soumise par l'initiatrice LAVE PWÒP

LAVE PWÒP, une idée ingénieuse

Bien que le métier de blanchisseuse soit resté avec la même essence, la même façon de procéder, il a à chaque période changé d’adeptes. Du temps de l’esclavage, les femmes esclaves s’en chargeaient. A ce moment, aucune rémunération n’était allouée. Avec l’affranchissement, l’abolition sous sa forme première de l’esclavage, les noires s’en chargeaient et furent rémunérées. J’insiste sur la forme première car l’esclavage peut avoir été aboli, mais les descendants d’esclaves, les noirs ont continué à vivre en marginaux. Malgré le temps, cette race peine encore à voir le bout du tunnel de discrimination. Elles sont devenues entrepreneurs, intellectuelles, mais subissent toujours un mauvais traitement dans ce monde.

Pour en revenir aux blanchisseuses, dans les pays développés ce métier a disparu. Laissant place aux buanderies modernes, où des machines à laver tiennent lieu de blanchisseuses. Paradoxalement, dans les pays sous-développés de braves femmes s’occupent encore de faire la lessive des autres en contrepartie d’une rémunération pour subvenir aux besoins de leurs familles.


Issue de cette matrice, Monica TINTIN met sur pied une entreprise qui s’occupe de laver nos vêtements. Pour mener à bien son projet, elle engage 4 blanchisseuses et offre ses services à qui veut, à domicile de surcroit. Cette idée lui est venue alors qu’elle était elle-même en difficulté pour se procurer les services d’une blanchisseuse. Cette situation lui a permis de comprendre que bien d’autres personnes font face à ce même déboire. En entrepreneure née, elle y a vu une opportunité de monter sa propre affaire et de desservir la communauté, d’apporter une réponse à ce problème.
Originaire de Petit-Gôave, Djawide Monica TINTIN, 21 ans, est en 3ème année à l’école de droit et des sciences économiques des Cayes. Engagée dans la lutte pour les droits des handicapés, elle fait partie de l’association des sourds d’Haïti.


Buanderie LAVE PWOP fut créée aux moments des troubles politiques d’octobre 2019. Pendant les moments de “pays lock”, cette jeune entreprise va de porte en porte, soupeser, négocier et délivrer un travail de qualité à sa clientèle. A préciser que l’entreprise LAVE PWÒP est basée à Port-au-Prince, dans la capitale Haïtienne.


Comme pour beaucoup d’autres entreprises, le Coronavirus cause un ralentissement dans les activités de LAVE PWÒP. Pourtant Monica TINTIN est loin de se laisser décourager. Elle est en train de réviser sa stratégie comme beaucoup d’autres entrepreneures. Ses plans pour l’été ne tiennent plus, d’après ce qu’elle a partagé avec la rédaction. Toutefois, la jeune entrepreneure est plus motivée que jamais de s’accaparer du marché haïtien.


“les routes sont glissantes en période pluvieuse. Mais elles ne le resteront pas éternellement. Une fois le beau temps revenu, ce sera toujours le bon moment de se remettre en selle.” Monica TINTIN

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