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Photo soumise par Marie Claude Sinéas Dumelfort

L’entrepreneure et femme politique Marie Carme Sinéas fait le point sur la crise socio-économique en Haïti

Depuis les événements des 6-7 et 8 juillet 2018 le pays connaît des mobilisations anti corruptions récurrentes qui nous a amenés à l’opération « Pays Lock », ce qui a envenimé la situation socio-économique du pays. Marie Carme Sinéas Dumelfort, ancienne candidate au Sénat, a accepté de nous accorder une entrevue autour de la question.

Depuis les événements des 6-7 et 8 juillet 2018 le pays connaît des mobilisations anti corruptions récurrentes qui nous a amenés à l’opération « Pays Lock », ce qui a envenimé la situation socio-économique du pays. Marie Carme Sinéas Dumelfort, ancienne candidate au Sénat, a accepté de nous accorder une entrevue autour de la question.

Dofen News : Qui est Marie Carme Sinéas Dumelfort ?

Marie Carme Sinéas Dumelfort : Je suis originaire des Nippes, femme d’affaires dirigeant son hôtel depuis des années. J’ai été Présidente de la Chambre de Commerce des Nippes et aussi conseillère à hla Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haiti (CCIH). Je suis la Présidente du MouvmanFanm Miragwan (MOFAM) des Nippes. Egalement femme politique, j’ai été candidate au Sénat. 

D.N :  Vous êtes signataire d’une lettre adressée aux dirigeants, qu’est ce qui vous a poussé à prendre cet engagement ? 

M.C.S.D : Avant de m’y engager officiellement, j’ai beaucoup réfléchi et plusieurs raisons sont entrées en ligne de compte. En tant que militante et entrepreneure, je ne pouvais pas me permettre de rester sans rien faire et n’être qu’un témoin de tout ce qui se passe en ce moment comme par exemple les manifestations incessantes pour dénoncer la vie chère, les scènes de pillage et d’incendie, les jeunes qui sont tués par balles, et tant d’autres… Nous, les femmes, nous sommes des piliers et nous avons notre part de travail à réaliser. Cette lettre adressée au gouvernement symbolise mon cri de désespoir et celui des cinquante-six (56) autres organisations de femmes à travers les dix (10) départements. Nous avons décidé de dire “ASSEZ” puisqu’à la suite de tous ces agissements, ce sont nous, les femmes, qui aurons à ramasser les morceaux de nos enfants, de nos maris et de nos proches victimes.

D.N : Selon vous, qu’est-ce qui est l’origine de la crise qui fait rage dans le pays ?

M.C.S.D : Plusieurs problèmes sont à l’origine de la crise actuelle. La pauvreté, il est inconcevable qu’il y ait près de 80% de la population qui vit dans la misère, qui est dépourvue de soins médicaux et  incapable d’éduquer leurs enfants alors qu’une autre partie du peuple vit à son aise. Nous ne produisons pas assez pour nourrir la population c’est pour cela qu’on importe plus de 70% des produits consommés dans le pays. Ce phénomène est en partie responsable de la dépréciation de la gourde face au dollar. Le chômage est un gros morceau dans la crise, les jeunes ont ras-le-bol et veulent à tout pris lutter pour l’inclusion sociale et économique, ainsi que l’éradication de la corruption m. 

D.N : Pensez-vous que cette crise socio-économique sans merci pourrait bientôt prendre fin ?

M.C.S.D : Je vais répondre en utilisant cette phrase : « Pa gen pwoblèm ki pa gen solisyon » et on doit tous être claire là dessus. Haïti n’est pas le premier pays à faire face à une telle crise, plusieurs l’ont déjà vécus et l’ont surmonté. Et si on en croit l’histoire, ce n’est pas la première fois que la gourde perde sa valeur. Elle fut donc nommée « Zòrey Bourik » sous la gouvernance du président Jean Pierre Boyer. Nous avons par exemple nos terres pour contrecarrer ce phénomène et relancer la production locale. C’est au gouvernement par le biais du Ministère de l’agriculture de s’assurer que les agriculteurs aient tout ce dont ils ont besoin notamment des matériels modernes pour qu’ils n’aient pas à attendre la tombée de la pluie pour se remettre dans la pratique de la culture de la terre parce que consulter la météo et espérer que la pluie tombe pour pouvoir planter n’est plus d’actualité.  

D.N : Si vous deviez faire des propositions pour relancer la politique économique du pays, que suggériez-vous ?

M.C.S.D : Premièrement, je demanderais à l’Etat central particulièrement à la douane de lutter, et ce, par tous les moyens pour éradiquer la contrebande dans les différentes frontières du pays parce que ce phénomène continue de piller l’économie nationale et cause des préjudices financiers considérables. Deuxièmement, je recommanderais à la Direction Générale des Impôts (DGI) de contrôler le paiement des taxes pour que certaines personnes à faibles moyens ne soient obligés de payer des sommes exorbitantes. Troisièmement, je demanderais encore à l’Etat central de contrôler les transactions des différents bureaux de change qui ont pour habitude de vendre le dollar américain à des prix variés selon leurs propres taux. Pour finir, je mets encore le doigt sur l’agriculture, les concernés devraient prendre au sérieux ce secteur qui est un élément important de relance économique qui, s’il est utilisé à bon escient, pourrait permettre au pays de ne pas vivre et dépendre essentiellement des produits qui proviennent de l’étranger.

D.N : Avez-vous un message a pour la population haïtienne ? 

M.C.S.D : J’invite la population à garder son calme tout en continuant à réclamer justice sociale, politique et économique. Les élus du plus haut au plus bas niveau ont pour obligation de tenir leurs promesses de campagnes. J’encourage le peuple à ne pas se laisser mener dans des sentiers de violences car après tout à un niveau ou  un autre nous sommes tous victimes de ces violences. 

J’en profite pour recommander au Président de la République d’analyser les conseils des personnes issues des dix (10) départements du pays. Je demande aussi aux Parlementaires de voter et de faire des propositions de loi, de réglementer les dépenses et contrats internationaux pour éviter qu’on ait un autre cas similaire au PetroCaribe. On doit préserver le peu de ressources qu’on ait dans le pays. 

Avoir le réflexe de toujours vouloir tout détruire n’est pas une bonne attitude.

Depuis les événements des 6-7 et 8 juillet 2018 le pays connaît des mobilisations anti corruptions récurrentes qui nous a amenés à l’opération « Pays Lock », ce qui a envenimé la situation socio-économique du pays. Marie Carme Sinéas Dumelfort, ancienne candidate au Sénat, a accepté de nous accorder une entrevue autour de la question.

Dofen News : Qui est Marie Carme Sinéas Dumelfort ?

Marie Carme Sinéas Dumelfort : Je suis originaire des Nippes, femme d’affaires dirigeant son hôtel depuis des années. J’ai été Présidente de la Chambre de Commerce des Nippes et aussi conseillère à hla Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haiti (CCIH). Je suis la Présidente du MouvmanFanm Miragwan (MOFAM) des Nippes. Egalement femme politique, j’ai été candidate au Sénat. 

D.N :  Vous êtes signataire d’une lettre adressée aux dirigeants, qu’est ce qui vous a poussé à prendre cet engagement ? 

M.C.S.D : Avant de m’y engager officiellement, j’ai beaucoup réfléchi et plusieurs raisons sont entrées en ligne de compte. En tant que militante et entrepreneure, je ne pouvais pas me permettre de rester sans rien faire et n’être qu’un témoin de tout ce qui se passe en ce moment comme par exemple les manifestations incessantes pour dénoncer la vie chère, les scènes de pillage et d’incendie, les jeunes qui sont tués par balles, et tant d’autres… Nous, les femmes, nous sommes des piliers et nous avons notre part de travail à réaliser. Cette lettre adressée au gouvernement symbolise mon cri de désespoir et celui des cinquante-six (56) autres organisations de femmes à travers les dix (10) départements. Nous avons décidé de dire “ASSEZ” puisqu’à la suite de tous ces agissements, ce sont nous, les femmes, qui aurons à ramasser les morceaux de nos enfants, de nos maris et de nos proches victimes.

D.N : Selon vous, qu’est-ce qui est l’origine de la crise qui fait rage dans le pays ?

M.C.S.D : Plusieurs problèmes sont à l’origine de la crise actuelle. La pauvreté, il est inconcevable qu’il y ait près de 80% de la population qui vit dans la misère, qui est dépourvue de soins médicaux et  incapable d’éduquer leurs enfants alors qu’une autre partie du peuple vit à son aise. Nous ne produisons pas assez pour nourrir la population c’est pour cela qu’on importe plus de 70% des produits consommés dans le pays. Ce phénomène est en partie responsable de la dépréciation de la gourde face au dollar. Le chômage est un gros morceau dans la crise, les jeunes ont ras-le-bol et veulent à tout pris lutter pour l’inclusion sociale et économique, ainsi que l’éradication de la corruption m. 

D.N : Pensez-vous que cette crise socio-économique sans merci pourrait bientôt prendre fin ?

M.C.S.D : Je vais répondre en utilisant cette phrase : « Pa gen pwoblèm ki pa gen solisyon » et on doit tous être claire là dessus. Haïti n’est pas le premier pays à faire face à une telle crise, plusieurs l’ont déjà vécus et l’ont surmonté. Et si on en croit l’histoire, ce n’est pas la première fois que la gourde perde sa valeur. Elle fut donc nommée « Zòrey Bourik » sous la gouvernance du président Jean Pierre Boyer. Nous avons par exemple nos terres pour contrecarrer ce phénomène et relancer la production locale. C’est au gouvernement par le biais du Ministère de l’agriculture de s’assurer que les agriculteurs aient tout ce dont ils ont besoin notamment des matériels modernes pour qu’ils n’aient pas à attendre la tombée de la pluie pour se remettre dans la pratique de la culture de la terre parce que consulter la météo et espérer que la pluie tombe pour pouvoir planter n’est plus d’actualité.  

D.N : Si vous deviez faire des propositions pour relancer la politique économique du pays, que suggériez-vous ?

M.C.S.D : Premièrement, je demanderais à l’Etat central particulièrement à la douane de lutter, et ce, par tous les moyens pour éradiquer la contrebande dans les différentes frontières du pays parce que ce phénomène continue de piller l’économie nationale et cause des préjudices financiers considérables. Deuxièmement, je recommanderais à la Direction Générale des Impôts (DGI) de contrôler le paiement des taxes pour que certaines personnes à faibles moyens ne soient obligés de payer des sommes exorbitantes. Troisièmement, je demanderais encore à l’Etat central de contrôler les transactions des différents bureaux de change qui ont pour habitude de vendre le dollar américain à des prix variés selon leurs propres taux. Pour finir, je mets encore le doigt sur l’agriculture, les concernés devraient prendre au sérieux ce secteur qui est un élément important de relance économique qui, s’il est utilisé à bon escient, pourrait permettre au pays de ne pas vivre et dépendre essentiellement des produits qui proviennent de l’étranger.

D.N : Avez-vous un message a pour la population haïtienne ? 

M.C.S.D : J’invite la population à garder son calme tout en continuant à réclamer justice sociale, politique et économique. Les élus du plus haut au plus bas niveau ont pour obligation de tenir leurs promesses de campagnes. J’encourage le peuple à ne pas se laisser mener dans des sentiers de violences car après tout à un niveau ou  un autre nous sommes tous victimes de ces violences. 

J’en profite pour recommander au Président de la République d’analyser les conseils des personnes issues des dix (10) départements du pays. Je demande aussi aux Parlementaires de voter et de faire des propositions de loi, de réglementer les dépenses et contrats internationaux pour éviter qu’on ait un autre cas similaire au PetroCaribe. On doit préserver le peu de ressources qu’on ait dans le pays. 

Avoir le réflexe de toujours vouloir tout détruire n’est pas une bonne attitude.

Depuis les événements des 6-7 et 8 juillet 2018 le pays connaît des mobilisations anti corruptions récurrentes qui nous a amenés à l’opération « Pays Lock », ce qui a envenimé la situation socio-économique du pays. Marie Carme Sinéas Dumelfort, ancienne candidate au Sénat, a accepté de nous accorder une entrevue autour de la question.

Dofen News : Qui est Marie Carme Sinéas Dumelfort ?

Marie Carme Sinéas Dumelfort : Je suis originaire des Nippes, femme d’affaires dirigeant son hôtel depuis des années. J’ai été Présidente de la Chambre de Commerce des Nippes et aussi conseillère à hla Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haiti (CCIH). Je suis la Présidente du MouvmanFanm Miragwan (MOFAM) des Nippes. Egalement femme politique, j’ai été candidate au Sénat. 

D.N :  Vous êtes signataire d’une lettre adressée aux dirigeants, qu’est ce qui vous a poussé à prendre cet engagement ? 

M.C.S.D : Avant de m’y engager officiellement, j’ai beaucoup réfléchi et plusieurs raisons sont entrées en ligne de compte. En tant que militante et entrepreneure, je ne pouvais pas me permettre de rester sans rien faire et n’être qu’un témoin de tout ce qui se passe en ce moment comme par exemple les manifestations incessantes pour dénoncer la vie chère, les scènes de pillage et d’incendie, les jeunes qui sont tués par balles, et tant d’autres… Nous, les femmes, nous sommes des piliers et nous avons notre part de travail à réaliser. Cette lettre adressée au gouvernement symbolise mon cri de désespoir et celui des cinquante-six (56) autres organisations de femmes à travers les dix (10) départements. Nous avons décidé de dire “ASSEZ” puisqu’à la suite de tous ces agissements, ce sont nous, les femmes, qui aurons à ramasser les morceaux de nos enfants, de nos maris et de nos proches victimes.

D.N : Selon vous, qu’est-ce qui est l’origine de la crise qui fait rage dans le pays ?

M.C.S.D : Plusieurs problèmes sont à l’origine de la crise actuelle. La pauvreté, il est inconcevable qu’il y ait près de 80% de la population qui vit dans la misère, qui est dépourvue de soins médicaux et  incapable d’éduquer leurs enfants alors qu’une autre partie du peuple vit à son aise. Nous ne produisons pas assez pour nourrir la population c’est pour cela qu’on importe plus de 70% des produits consommés dans le pays. Ce phénomène est en partie responsable de la dépréciation de la gourde face au dollar. Le chômage est un gros morceau dans la crise, les jeunes ont ras-le-bol et veulent à tout pris lutter pour l’inclusion sociale et économique, ainsi que l’éradication de la corruption m. 

D.N : Pensez-vous que cette crise socio-économique sans merci pourrait bientôt prendre fin ?

M.C.S.D : Je vais répondre en utilisant cette phrase : « Pa gen pwoblèm ki pa gen solisyon » et on doit tous être claire là dessus. Haïti n’est pas le premier pays à faire face à une telle crise, plusieurs l’ont déjà vécus et l’ont surmonté. Et si on en croit l’histoire, ce n’est pas la première fois que la gourde perde sa valeur. Elle fut donc nommée « Zòrey Bourik » sous la gouvernance du président Jean Pierre Boyer. Nous avons par exemple nos terres pour contrecarrer ce phénomène et relancer la production locale. C’est au gouvernement par le biais du Ministère de l’agriculture de s’assurer que les agriculteurs aient tout ce dont ils ont besoin notamment des matériels modernes pour qu’ils n’aient pas à attendre la tombée de la pluie pour se remettre dans la pratique de la culture de la terre parce que consulter la météo et espérer que la pluie tombe pour pouvoir planter n’est plus d’actualité.  

D.N : Si vous deviez faire des propositions pour relancer la politique économique du pays, que suggériez-vous ?

M.C.S.D : Premièrement, je demanderais à l’Etat central particulièrement à la douane de lutter, et ce, par tous les moyens pour éradiquer la contrebande dans les différentes frontières du pays parce que ce phénomène continue de piller l’économie nationale et cause des préjudices financiers considérables. Deuxièmement, je recommanderais à la Direction Générale des Impôts (DGI) de contrôler le paiement des taxes pour que certaines personnes à faibles moyens ne soient obligés de payer des sommes exorbitantes. Troisièmement, je demanderais encore à l’Etat central de contrôler les transactions des différents bureaux de change qui ont pour habitude de vendre le dollar américain à des prix variés selon leurs propres taux. Pour finir, je mets encore le doigt sur l’agriculture, les concernés devraient prendre au sérieux ce secteur qui est un élément important de relance économique qui, s’il est utilisé à bon escient, pourrait permettre au pays de ne pas vivre et dépendre essentiellement des produits qui proviennent de l’étranger.

D.N : Avez-vous un message a pour la population haïtienne ? 

M.C.S.D : J’invite la population à garder son calme tout en continuant à réclamer justice sociale, politique et économique. Les élus du plus haut au plus bas niveau ont pour obligation de tenir leurs promesses de campagnes. J’encourage le peuple à ne pas se laisser mener dans des sentiers de violences car après tout à un niveau ou  un autre nous sommes tous victimes de ces violences. 

J’en profite pour recommander au Président de la République d’analyser les conseils des personnes issues des dix (10) départements du pays. Je demande aussi aux Parlementaires de voter et de faire des propositions de loi, de réglementer les dépenses et contrats internationaux pour éviter qu’on ait un autre cas similaire au PetroCaribe. On doit préserver le peu de ressources qu’on ait dans le pays. 

Avoir le réflexe de toujours vouloir tout détruire n’est pas une bonne attitude.

 J’exhorte le Président, le gouvernement, la société civile et l’opposition d’entamer un dialogue franc sans hypocrisie dans le but de trouver une solution à ce conflit qui permettra à Haïti de se remettre sur les rails du

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