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Crédit photo Dofen News

Les femmes de Mirebalais nous offrent une savonnerie bio

Ce 18 janvier, une équipe du journal est allée à la rencontre de Wideleine Avrissaint, Présidente de l’association « Pwodiksyon Fanm Plato Santral (PwoFaPlaS) », pour visiter l’atelier de la dite institution. Créée par quinze (15) femmes, l’entreprise est une société en nom collectif à travers laquelle ces dames pour la plupart des mères de famille s’adonnent entre autres à la production de savons dépourvus de produits chimiques. Voyons de plus prêt le déroulement de cette journée de visite.

Arrivée à la gare de Mirebalais, Wideleine Avrissaint a eu la gentillesse de venir nous chercher en voiture pour nous amener à l’atelier. Vu que c’était l’heure de récupérer ses enfants à l’école, elle en a profité pour nous faire faire un tour dans la ville, à ma grande satisfaction. Arrivée à l’endroit où toute la magie opère qui est également sa maison, on a trouvé des dames vêtues de tabliers, de gants protecteurs et de bonnets qui préparaient par saponification à froid du savon à base d’argile. Wideleine, l’Entrepreneure-Administratrice, a tout de suite rejoint l’équipe pour les aider dans la préparation. 

Pour commencer, elles ont fait fondre à feu doux, en remuant avec une cuillère en bois, du ghee, un beurre clarifié comme on aime bien appeler mantègue ici, mélangé à de l’huile de coco et de l’huile de palma cristi. Refroidit en bain-marie après la liquéfaction, elles y ont ajouté dans un premier temps, toujours en remuant, la caustique, un élément nécessaire à la préparation de savon, et par la suite la poudre d’argile. Pourfinir la recette et donner un peu d’odeur au savon, elles ont ajouté de l’extrait de citron et ont versé la préparation dans les différentes formes de moule à savon. Laissé à l’air libre, le savon durcira et prendra la forme du moule dans lequel il est versé. Une explication dit comme ça parait simple mais quinécessite toutefois unminimum de précaution tant dans les dosages des ingrédients que dans le processus depréparation en général. Un travail que Kettelie Thales, responsable de vente de Pwofaplas, Etude Avrissaint, Naomie Jean, respectivement membre de la production, et Wideleine Avrissant font au sein de Pwofaplas. 

L’idée de devenir entrepreneur et de fabriquer des savons à base d’éléments naturels est venue à Wideleine après une expérience pas très enrichissante. « J’ai décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat en 2007. A cette époque, j’étais membre de l’organisation Solidarite Nègès Sodo (SONESO) et l’une des personnes affiliées à cette organisation avait sa fille qui avait un cancer de la peau parce qu’elle utilisait beaucoup de produit chimique. Une fois, réunie avec d’autres membres, je leur ai dit que j’ai envie de créer une entreprise, une fabrique de savon » a confié l’experte en technologie médicale. « On a ri en se disant comment va-t-on apprendre à faire des savons. Et l’avenir s’est chargé du reste. » a-t-elle continué. 

Après avoir reçu une formation donnée par l’organisation « AID to Artisans », destinée à quinze (15) femmes de la zone sur la préparation du savon, Wideleine et les autres ont commencé à produire du savon sans pour autant avoir l’idée d’en faire un business. « Après la formation, on a décidé d’utiliser ce qu’on a appris pour produire des savons naturels, des savons qui n’auront aucun effet secondaire sur la peau compte tenu de ce qui s’était passé avec la fille de notre collègue. Ainsi, en 2013, les quinze (15) femmes qui ont reçu la formation sur la préparation de savon, dont moi, ont créé Pwofaplas  », a ajouté Wideleine. 

L’entreprise qui compte depuis peu deux (2) hommes dans la production fabrique plus d’une trentaine de variétés de savons soit environ cinq-cents (500) par jour et près de dix-mille (10000) dans un mois. Parmi les savons naturels qu’elles fabriquent, on peut citer celui à base d’orange amer pour les peaux grasses; celui à base de café que les restaurateurs aiment utiliser, il aide à enlever les odeurs fortes dans la main comme celle du poisson, de l’ail ou de l’oignon et celui à base de safran qui est un adoucissant qui peut-être utilisé pour les enfants âgés d’un an et plus. Très apprécié du public, les savons de Pwofaplas sont vendus un peu partout sur le territoire national et également à l’étranger. 

Au sein de l’institution, les dames de Pwofaplas, en plus de la savonnerie, se livrent à la fabrication d’autres produits dont des robes et des sous-vêtements. Toutefois, la création de ces produits sont encore restreinte vu qu’elles n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour bien expérimenter le milieu.

Même si l’atelier se trouvent à Mirebalais, ceci n’empêchera pas aux personnes qui vivent dans la capitale du pays de tester les savons de l’entreprise. A cet effet, les têtes pensantes de Pwofaplas ont aménagé un point de vente situé à Fontamara 47 dans le but d’élargir leurs horizons et cibler plus de monde. Pour avoir la peau propre et ce en toute naturalité, vous savez désormais où vous trouverez du bon savon bio.

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