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Photo soumise par Estherline Abraham

Quand les femmes de Cité Soleil s’engagent

La réalité quotidienne à Cité-Soleil n’est un mystère pour personne. Cité-Soleil est le bidonville où l’on voit et ressent toutes les douleurs et difficultés dont souffre le pays. Fondée dans les années 1960 par l’ancien Président François Duvalier, cette commune est devenue, au fil des années, la référence de la misère et le bastion d’insécurité d’une population qui essaient, tant bien que mal, de s’en sortir. Dofen News a rencontré trois jeunes femmes qui font tout pour faire la différence.

Estherline Abraham, Alaskar Milien et Jenny Love Niclas, sont trois (3) jeunes femmes qui vivent à Cité-Soleil et qui, en dépit de tout, essaie de changer le visage de leur municipalité. Sept questions ont été posées a chacune d’elles. Elles ont toutes les trois été honorées Peace Prize Cité Soleil. Dofen News vous invite à les découvrir.

Dofen News : Qui est Estherline Abraham ?

Estherline Abraham : Je suis Estherline Abraham. On m’appelle aussi « Ti Etensèl la ». J’ai fait des études en communication et en hôtellerie. Je suis membre fondateur de l’Organisation Citoyenne pour l’Emancipation vers l’Avancement National (OCEAN). Par le biais de OCEAN, j’ai crée OCEAN Woman, une association qui est là pour contrecarrer les divers problèmes qui font le quotidien de la gente féminine. Je suis Ambassadrice pour la paix certifiée par l’ONU. Je suis également fondatrice de « Konbit Timoun leve » et je joue le role de bibliothécaire à la « Konbit Bibliyotèk » de Cité-Soleil.

D.N : Depuis quand êtes-vous engagée dans votre communauté?

E.A : Ca fait environ 14 ans que j’y suis engagée. Mais j’ai commencé à comprendre l’ampleur de ma décision et à me fixer des objectifs clairs qu’en 2012.

D.N : Quel genre de travail effectuez-vous dans votre communauté ?

E.A : Par le biais de Konbit Timoun Leve, je travaille avec des enfants en les formant notamment sur le civisme. On les aide à développer leurs talents cachés. Ajouté à cela, on essaie d’implanter le volleyball au sein de la Cité pour les plus grands. Un projet qui leur permettra d’occuper leur temps libre ce qui les empêchera de sombrer dans la délinquance. Cette idée concerne encore les filles et les jeunes femmes dans le but de les aider à éviter des grossesses non désirées, un phénomène qui prend une ampleur importante au sein de la communauté. On les pousse pas seulement à jouer au volleyball, on les initie à l’entrepreneuriat afin qu’elles puissent créer leur propre affaire pour pouvoir subvenir à leurs besoins.

D.N : Comment faites-vous pour marquer la vie des femmes autour de vous?

E.A : Cela m’a toujours choqué de voir que les filles de Cité-Soleil ne pense qu’à tomber enceinte et rester sous la domination d’un homme. C’est ce qui m’a poussé a fondé OCEAN. J’ai voulu les faire comprendre que la vie d’une femme ne se résumait pas qu’à faire des enfants, qu’elles doivent aussi se former, se meubler la tête. Ce travail commence a apporté des fruits parce que, désormais, certaines d’entre elles pensent autrement.

D.N : A quels types de difficultés faites-vous face d’habitude et comment faites-vous pour les surmontés ?   

E.A : J’en ai surmonté un paquet, ce qui m’a permis, au fil du temps, d’être toujours sur la défensive parce que je me bats pour mon émancipation en tant que femme et aussi pour celles de la population de Cité-Soleil. L’un des plus grands obstacles auxquels peut faire face une personne c’est quand les gens pour lesquels tu te bats font tout pour te décourager en t’accusant de gagner de l’argent à leur insu. J’ai, quand même, réussi à leur faire comprendre qu’on fait tout ça dans le but d’aboutir à un changement au niveau de la communauté. Un changement qui sera bénéfique à toutes et à tous.

D.N : La paix dans la commune de Cité Soleil veut dire quoi pour vous ?

E.A : Pour moi, la paix dans la commune signifie « La vie ». Avoir la paix nous permettra de trouver des solutions à des tas de problèmes. On pourra avoir une bibliothèque moderne qui aidera les écoliers à obtenir de bons résultats. Pour moi, la vie se résume, en quelque sorte, à tout ça. 

D.N : Quel message adresseriez-vous aux jeunes de Cité-Soleil ?

E.A : Mon message sera pour les gens qui vivent en dehors de la Cité. On vous a envoyé le signal de paix qu’il y a. On vous prie d’arrêter de dire qu’elle est une zone « rouge ». On vous invite à venir nous visiter. C’est ensemble qu’on arrivera à changer Haïti et Cité-Soleil, en nous débarrassant de cette forme d’exclusion sociale qui nous empêche de voir l’Haïti dont on rêve tant. 

Dofen News : Qui est Alaskar Milien ?

Alaskar Milien : Je suis une infirmière et agent de santé communautaire polyvalent.

D.N : Depuis quand êtes-vous engagée dans votre communauté?

A.M : Ca fait huit (8) ans que je suis au service de ma communauté.

D.N : Quel genre de travail effectuez-vous dans votre communauté ?

A.M : Avec mon organisation «  Konbit Fanm Leve », je travaille avec des femmes afin qu’elles puissent créer des liens entre elles, se former et s’impliquer. Je travaille aussi en tant que volontaire dans le bureau du Deputé Lemaire où mon rôle consiste à assurer la participation des femmes dans tous les projets de la cité, tel que celui de nettoyer la zone.

D.N : Comment faites-vous pour marquer la vie des femmes autour de vous?

A.M : Je les sensibilise et les aide à comprendre l’importance de leur participation dans le changement de notre communauté, que c’est tout un processus. Qu’elles peuvent, comme moi, impacter la vie des autres en travaillant au profit du changement.

D.N : A quels types de difficultés faites-vous face d’habitude et comment faites-vous pour les  surmonter ? 

A.M : J’ai fait face à beaucoup de difficultés. Certains m’accusaient de blanchiment de l’argent et d’autres de remplir ma poche. J’ai surmonté tout ça surtout en les faisant comprendre que tout ce qui était fait n’était que pour eux, pour la communauté, pour les enfants , pour les femme.

D.N : La paix dans la commune de Cité Soleil veut dire quoi pour vous ?

A.M : Pour moi, la paix à Cité-Soleil est synonyme d’un développement durable. Le terme veut dire accès à l’éducation et à la santé. Sans la paix, tout cela ne sera pas réalisable. 

D.N : Quel message adresseriez-vous aux jeunes de Cité-Soleil ?

A.M : Je les demanderais de continuer à travailler, sans relâche. De continuer à mobiliser le plus de monde pour prendre part aux travaux parce qu’on pourra avoir un brin de changement quand étant uni pour la même cause.

Dofen News : Qui est Jenny Love Niclas ?

Jenny Love Niclas : Niclas Jenny Love est une jeune femme très active dans la commune, reconnue et respectée pour son leadership. Elle est Secrétaire générale de la Fondation Sabathem et promotrice de la Konbit Bibliothèque Cité Soleil. 

D.N : Depuis quand êtes-vous engagée dans votre communauté?

J.L.N : Je suis engagée dans la communauté depuis 2014.

D.N : Quel genre de travail effectuez-vous dans votre communauté ?

J.L.N : En tant que jeune, je travaille avec les enfants, en les formant dans l’objectif qu’ils aient un lendemain meilleur. On les encadre aussi en leur donnant des formations dans divers domaines.

D.N : Comment faites-vous pour marquer la vie des femmes autour de vous?

J.LN : Ordinairement, la femme est un être sensible. En même temps, on est des « poto mitan » de la société. Moi, je suis, à travers mon travail, je fais la motivation tout en étant un modèle pour les jeunes filles.

D.N : A quels types de difficultés faites-vous face d’habitude et comment faites-vous pour les surmonter ? 

J.L.N : Dans tout ce qu’on fait de positif, on doit toujours s’attendre à faire face à des difficultés. Encore plus et surtout quand on est une femme. J’aime ce que je fais, et le fait de savoir que c’est pour changer la situation de la communauté me donne beaucoup plus de forces pour atteindre mon objectif qui se résume en un mot, le changement.

D.N : La paix dans la commune de Cité Soleil veut dire quoi pour vous ?

J.L.N : Le mot « paix » veut dire beaucoup pour moi. Sans accalmie, la Cité est comme figée parce qu’on ne se sent pas en sécurité. A la Fondation Sabathem, on (les jeunes) s’estengagé à donner une autre image de Cité-Soleil pour que les générations futures puissent vivre en paix. 

D.N : Quel message adresseriez-vous aux jeunes de Cité-Soleil ?

J.L.N : Cité-Soleil est notre zone, notre commune. C’est à nous de nous unir pour trouver le changement tant attendu et assurer une stabilité pour les générations futures. On invite tous ceux qui n’ont pas encore visité la Cité à venir découvrir les valeurs et les cadres qui y regorgent.

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