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4 grandes dames pour parler du vodou haïtien

La plateforme Haitian Ladies Network a réalisé ce lundi 10 mai une conférence sur Facebook autour du thème « Vodou : identité haïtienne, histoire et héritage ». Incluant la modératrice, ils ont été 5 femmes à intervenir sur le sujet dont la Reine Mère Dòwoti Désir – Hounon Houna II Guely, l’Anthropologue Louise Carmel Bijoux, l’Impératrice de Lakou Souvnans Velina Élysée Charlier et la Doctorante et Professeure assistante en histoire de l’art africain à l’Université de Boston Kyrah Malika Daniels. L’échange fait en anglais et en créole, riche en instruction sur la culture haïtienne, a été modéré par la journaliste Manolia Charlotin.

La voix envoûtante de la chanteuse Riva Nyri Précil sous un air a cappella a débuté l’activité où un hommage a été rendu au loa Legba pendant que plusieurs images de cérémonie vodou au Lakou Souvnans défilaient sur l’écran. Ensuite, les intervenantes ont été présentées via plusieurs fiches techniques. La seconde phase du programme a débouché sur l’expérience de chacune d’elle dans le vodou haïtien. C’est ainsi que les séries de questions relatives au sujet ont commencé à être posées.

Malgré des études en administration à l’Université du Québec et un avenir prometteur, Velina a déposé ses bagages définitivement en Haïti à l’insu de sa famille pour servir les loas. Pour elle, le vodou ne s’arrête pas à une religion, c’est un mode de vie.

« Chaque vodouisant à sa conception particulière du vodou mais à la base, c’est une façon de vivre, de croire aux bienfaits de la nature, d’interpréter ses rêves, d’être toujours connecté aux loas. C’est une recherche de sérénité, de vérité, de joie de vivre et de connaissances sur soi », a expliqué l’impératrice Velina. La Reine Mère a été du même avis. Pour elle, le vodou est une recherche de paix soi-même et l’univers. C’est la liberté et le vivre ensemble.  

Louise Carmel Bijoux, initiée au péristyle de Mariani, a avoué que parler du vodou haïtien c’est parler de l’identité haïtienne car il est sa marque identitaire.

« Le vodou est l’âme du peuple haïtien, il est lié à son existence qui lui confère une identité propre. Qu’il s’agit de notre gastronomie, de notre langue, le créole, de la façon d’utiliser les feuilles pour se soigner ou la façon de nous comporter en société et de respecter les aînés. Tout ça, à la base, c’est du vodou », a fait savoir l’anthropologue.

Les 4 intervenantes ont été du même avis quant à l’importance capitale du vodou dans notre histoire. Pour elles, il est un chemin incontournable de notre indépendance. La doctorante-chercheuse Kyra a parlé du rôle catalyseur de la cérémonie du Bois-Caïman organisée en 1791 par Boukman et Cécile Fatima.

« On ne peut être libre physiquement sans l’avoir été d’abord mentalement », a souligné Kyra qui a rappelé cette alliance puissante et extraordinaire qui avait réuni plus de 101 nations africaines et d’identités diverses afin de former une société spirituelle unique.

L’activiste Velina a profité pour souligner qu’il existe une déformation du mot Bois-Caïman. Selon ce qui est retracé, la cérémonie a été réalisée chez Manbo Inanm (Seremoni Kay Inanm) au « Lakou Soukri » de tradition Congo. Pour avoir une meilleure connaissance de cette cérémonie, elle a invité tout le monde à visiter les Lakou et écouter les chants pour connaitre toute l’histoire des esclaves depuis leur captivité jusqu’à leur indépendance.

Elles ont clôturé leurs interventions en conseillant les gens sur la nécessité d’aller mieux connaître leurs origines et d’arrêter de croire que le vodou est diabolique. Il est cette force qui nous a permis de vaincre la servitude, de combattre le racisme selon la chercheuse Kyra. Quant à madame Bijoux, spécialiste en savoirs traditionnels, elle a réclamé de la part de chaque non-pratiquant de la considération pour la religion de nos ancêtres, d’arrêter de la regarder de façon hautaine.

L’initiée au lakou Souvnans a demandé du respect, car, pour elle, cette liberté que nous jouissons pleinement aujourd’hui nous provient du vodou. Elle a souligné que chacun est libre de choisir la croyance de son choix.

« Libete w la komanse kote pa m nan fini. Nou pat moun, libete kifè nou moun jodia se vodou a ki ban nou l, se pou n respekte sa », a-t-elle déclaré. 

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