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À la perpétuation de la mémoire de la journaliste Yvonne Hakim Rimpel

La commémoration de la mémoire de la journaliste et militante Yvonne Hakim Rimpel, sous l’égide de la Fondation Devoir de Mémoire-Haïti a été déroulée dans une atmosphère teintée d’émotions, ce samedi 8 janvier à Pétion-ville. Reportages, témoignages et débats ont été au cœur de cette activité qui mettait la lumière sur le vécu de cette femme engagée qu’a été la présidente du journal, Escale.

Arrivée à la salle d’acceuil, on a un peu l’impression d’être retournée à la période duvaliériste. Pancartes, affiches, photos et listes des personnes assasinées font le décor de la petite salle aménagée pour la circonstance. Parmi cette exposition sur la période dictatoriale, deux numéros du journal Escale sont affichées. Les deux titres qui ont coûté très cher à l’auteure. « À moi général… Deux mots » et « Peuple à genoux, attends ta délivrance » qui ont constitué deux articles de protestation.

Devant une salle clairsemée, la présidente de la Fondation Marie-Marguerite B. Clérié d’entrée de jeu adresse des salutations de bienvenue qui sont suivies de souhaits pour la nouvelle année. La modératrice fait ensuite une brève mise en contexte de l’affreuse agression subie par Yvonne Hakim Rimpel.

Une courte vidéo de Loop Haïti est alors projetée. Guylene B. Salez qui était une voisine de madame Hakim et aussi membre de la Fondation, narre les qualités de cette dame très impliquée dans le changement du sort des femmes de l’époque. « C’était une femme moderne en avance sur son temps », dit-elle.

Une seconde projection illumine la salle silencieuse et attentive. C’est au tour de la fille aînée de la défunte, Maryse Von Lignau de revenir sur la fameuse nuit du 4 au 5 janvier, étant témoin oculaire. Sa mère prise de force en chemise de nuit a été amenée sous les yeux impuissants des enfants, qui eux étaient battus aussi.

L’un des petits fils prend également la parole. Alex Von Lignau a fait le déplacement pour la circonstance. Personne de la famille ne savait que la matriarche a été violée après les faits, néanmoins l’information circulait. « Du vagin à l’anus, elle a été violentée par un colt 45 » déclare t-il tout en versant quelques larmes.

En dépit des atrocités qu’a connues sa grand-mère dit-il elle ne voulait aucunement la vengeance. « Elle a réuni la famille pour dire qu’elle ne voulait pas de vengeance. Elle ne voulait qu’aucun membre cherche à savoir ce qui s’était passé », s’en souvient il.

L’historien Michel Soukar va par la suite intervenir sur les droits de la presse bafoués lors de cette époque dictatoriale qui s’en est suivi d’un débat avec l’assistance. Alfred Dauphin, voisin des Rimpel qui a entendu les bruits de la famille désespérée dans la nuit témoigne via la plateforme Zoom pour clôturer l’activité.

Madame Clérié qui a reçu pour la Fondation Devoir de mémoire Haïti, le Prix international des droits humains Emilio Fermin Mignone du gouvernement argentin croit qu’il y a jusqu’ à présent une complicité du silence. Les victimes, le peu qui en restent ont peur de parler.

Shylene Prempin

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