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Danta : « Fè pitit la se yon angajman. Se kò ki pote l la ki dwe deside »

Danta, représentation tenue dans le cadre du Festival Nègès Mawon, a fait salle comble le 29 juillet au centre cinémathèque de turgeau. Les sujets liés au viol, à l’avortement ont été peints devant un public qui n’a pu cacher ses émotions.

L’histoire s’articule autour de Soimise Petit-Frère, fille de Soimene Petit-Frère, mère de Danta, née suite d’un viol. Enceinte à l’âge de 13 ans, elle a quand même gardé l’enfant. Néanmoins, le destin ne sera clément avec sa progéniture qui subira les conséquences néfastes d’une interruption volontaire de grossesse faite en secret.

Désemparée, désorientée, au bord de la folie avec un foulard bleu autour de ses reins, Man Danta a dû mal à comprendre et à accepter le décès de son unique fille. Danta est partie à l’âge de 17 ans, suite à un avortement raté. Agonisant sur son lit, elle a parvenu à écrire à sa mère.

Quand elle a su qu’elle était enceinte, Danta ne voyait qu’une solution, se faire avorter. Avec son amie Raymonde, en secret, elle va à la rencontre de qui pourrait l’aider à enlever ce « zo pwason ». Hélas, « Chalatan pa retire zo a non se lalwèt mwen li koupe », raconte t-elle à sa mère dans la lettre, tout en ayant peur des étiquettes qu’on va lui attribuées.

À sa fille décédée, Soimise a répondu, « si w te fè pitit la, mwen ta p grann », mais le choix de ne pas le garder ne serait pas une fatalité.

« Sak pi fèm mal la se yon bagay m te ka rezoud », dit-elle, remémorant ses connaissances dans les plantes abortives. Un savoir qui lui vient de Mant Swa.

« Se sèl fanm lagwos bay gro vant. »
« Koze lagwòs se pyèj pou fanm ki pa pare. » « Pa bay jouman lè w pa pare. Pa pran desizyon pou li. » « Fè pitit la se yon angajman. Se kò ki pote l la ki dwe deside. » Des phrases lancées par Soimise qui soulignent que les femmes seules ont le droit de décider sur leur corps.

« Danta pa selman abòde avotman. Li abòde koze vyòl tou. Li abòde chwa kenbe pitit. Chwa pou fanm nan fè sa l deside, e li ka fè nenpòt kisa li vle. Menm jan ak manman Danta ki te fè yon pitit vyòl men l te chwazi kenbe pitit li », a déclaré après le spectacle, Joeanne Joseph, auteure et interprète de Danta, au micro de Dofen News. « Je suis contente que le message a atteri. Le feedback du public est positif », a-t-elle ajouté. L’actrice était accompagnée sur scène par Charline Jean Gilles

Le sujet de l’avortement n’est en effet pas nouveau dans le monde. Il est au cœur des débats depuis des décennies et les avis continuent à diverger. Le 24 juin dernier, la Cour suprême américaine a accordé aux États la décision d’interdire ou non l’avortement. Un choix qui a fait scandale.

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