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Deux journées réussies pour la clinique mobile organisée par MOFAVIDA, CCFEH et Fanm Eklere

L’organisation Mouvman Fanm Vizyonè Dayiti (MOFAVIDA), la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti (CCFEH) et Fanm Eklere ont organisé les jeudi 10 juin et vendredi 11 juin 2021, deux journées de consultation. Une clinique mobile faite pour les réfugiés de Martissant, au Centre Sportif de Carrefour. Une initiative prise en partenariat avec plusieurs autres organismes tels que : Unicef, Sel Ayiti, et la clinique communautaire bucco-dentaire de Carrefour, supportés par le professeur Dieudonné Lherisson, PLANSPA, pour ne citer que ceux-là.

L’activité a débuté le jeudi 10 juin vers les 10 heures dans la matinée. Dès le premier jour, elle a reçu plusieurs centaines de personnes, dont la majeure partie était des femmes et des enfants en bas âge. Dans l’une des maisonnettes en bois disposées sur la cour du Centre, les organisatrices offrent divers services. Avec la présence de plusieurs médecins et infirmières, les patients ont le choix de consulter un dentiste, un généraliste et même des psychologues.

Ceux qui n’ont pas eu le temps de se faire consulter, sont venus le lendemain 11 juin. Le service de la pharmacie a reçu plusieurs patients, qui n’ont pas pu avoir auparavant leurs médicaments. Des serviettes hygiéniques, des vêtements pour enfants et adultes ont été distribués aux patients durant ces deux jours.

Selon les dires de Madame Lucinda Cassagnol Laguerre, la responsable de MOFAVIDA, les membres organisateurs ont été obligés de prolonger la clinique mobile pour une deuxième journée. Car les demandes étaient beaucoup trop élevées pour être satisfaites en un seul jour.

Le ‘’service santé mentale’’ a été l’un des services, accueillant le plus de personnes durant ces deux journées. Qu’il s’agit d’adolescents, d’adultes et de personnes âgées. Dans cette salle, deux femmes psychologues ont écouté avec soin une centaine de gens traumatisées par les récents évènements. Il y a eu cette femme qui n’a pas arrêté de pleurer, elle venait de perdre son fils. Réticent à l’idée de quitter la zone, le corps de ce jeune garçon de 15 ans a été démembré par les bandits. Cette mère dans la soixantaine est dévastée. Avec son chapeau et sa chemise un peu froissée, le vieillard n’a pas cessé de remercier les psychologues. Selon ce dernier il avait grand besoin de vider son sac.

Léonne Milfleur, l’une des psychologues qui a deja passé toute une journée à écouter ces gens, n’est en aucun cas dérangée par le flux des paroles. Elle souligne que c’est nécessaire pour aller de l’avant. « C’est vraiment très important pour ces gens-là de raconter ce qu’ils ont vécu. Nous n’avons aucun problème pour les écouter, peu importe le temps que cela demande d’ailleurs, c’est notre boulot. A chaque fois que quelqu’un prend le soin de les écouter c’est une sorte d’énergie positive qu’il les transmet. Et au fur et à mesure qu’ils parlent, ils créent des espaces libres dans leur cerveau. Cela ne va pas effacer leurs pensées noires, toutefois il sera plus facile pour eux d’y faire face », a expliqué la travailleuse sociale.

Ruth Dorméus l’autre psychologue, de son côté croit que les gens attendaient et avaient besoin de cela. « Je pense que c’est quelque chose que les gens voulaient. Mais étant donné que ce n’était pas leurs premiers besoins (ils ont eu besoin de manger, de trouver un endroit pour dormir), ils ne se sont pas exprimés. Au début en dépit de quelques réticences, car ils ne savaient pas exactement de quoi il en était, pensant que le service s’occupait des personnes ayant besoin de soutien. Nous avons profité pour leur expliquer. Après cela ils s’étaient manifestés en grande nombre. J’ai vraiment apprécié leur collaboration », a ajouté la représentante de FANM EKLERE.

« Je considère ces deux journées comme une réussite malgré qu’il y avait beaucoup de stress au début, à cause de nos maigres moyens. Les gens avaient vraiment besoin de ces consultations. Ils étaient très contents après. Néanmoins, c’est ce qui fait notre satisfaction. Je profite de cette occasion pour remercier nos donateurs. » a déclaré Madame Laguerre.

Un homme au ‘’service de la pharmacie’’ a exprimé son contentement à vive voix. Le dentiste venait de lui extraire une dent qui selon ses dires l’empêchait de manger depuis des jours. Il se dit soulagé et heureux.

Il n’a pas été le seul à manifester sa joie.  » C’était une bonne idée de venir nous voir. Je félicite toute l’équipe pour tous les soins apportés. Je ne me sentais pas bien auparavant. Mais après ma consultation le docteur m’a prescrit des médicaments que j’ai eu gratuitement et qui m’ont soulagé. Un grand merci à toute l’équipe », a témoigné une dame à la fin de l’activité.

Par ailleurs, elle a avancé que c’est une activité qui doit être poursuivie. Puisqu’elle ne sait pour combien de temps les réfugiés seront gardés au Centre sportif de carrefour. Déjà qu’ils ne pensent plus à retourner chez eux.

Une idée qui a été soutenue par un autre patient.  » Je les remercie de tout coeur. Cependant, on doit continuer à apporter ces soins aux gens. Il y a plusieurs personnes âgées qui ne sont pas venues parce qu’elles ne peuvent pas marcher. Et aussi des femmes avec des nouveaux nés qui sont restées à la grande salle », a enchaîné l’autre bénéficiaire.

Pour la responsable de la CCFEH, l’une des membres organisateurs, Daniella Jacques, il a été primordial de réaliser cette clinique mobile. Elle a rappellé l’importance de s’unir. « Au niveau de la Chambre on était très contente de faire ce qu’il fallait faire, car nous croyons que seules nous sommes invisibles mais ensemble nous sommes invincibles. »

« J’en profite pour remercier chaque personne indistinctement, qui a fait un geste quelque soit sa taille, je vous dis que c’était important. Merci au nom des familles déplacées », a conclu la directrice de Dofen News.

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