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Junie Samantha Pierre, celle qui se dédie entièrement à la défense des droits des marginalisées

En Haïti, le respect des droits humains n’est pas un concept bien assimilé ou bien appliqué par tous. Les organismes de droits humains privés ou publics essaient tant bien que mal de mettre les bouchées doubles.
Malgré tous les efforts consentis, on est loin de voir le bout du tunnel, celles et ceux qu’on appelle « minorité » sont les plus à plaindre. Junie Samantha Pierre est nominée Femme Dofen 2021 dans la catégorie « Émancipation » , « Mon souci pour la défense a commencé depuis mon adolescence, à la maison, à l’école, à l’église etc… Mais après avoir été victime physiquement du tremblement de terre et avec ma nouvelle façon de vivre après 2010, j’ai commencé à m’impliquer aux côtés des femmes handicapées dont j’en fais partie », nous a-t-elle confiée.

Cette jeune femme bourrée de détermination et d’un idéal hors pair, est née le 9 novembre 1993. Elle est détentrice d’une licence en administration et marketing.
Depuis plus de 10 ans, Samantha œuvre pour le respect des droits des personnes handicapées, spécialement ceux des femmes et des filles. Elle est responsable de l’Administration et des Finances de l’Union des Femmes à Mobilité Réduite d’Haïti (UFMORH), selon elle, c’est une  organisation de la société civile qui milite pour l’autonomie et le respect des Droits inaliénables des femmes et des filles handicapées. Elle est également, depuis 2009 directrice du département de l’inclusion de SantéPrenariat. Elle est la secrétaire du Groupe de Référence de la Société Civile de l’initiative Spotlight, conseillère du Centre de Support aux Personnes handicapées et membre du comité de pilotage du projet Genre, handicap et développement inclusif/Haïti.
La jeune femme s’est lancée dans ce genre de militance pour la bonne cause, celle de défendre les marginalisées. Elle s’est dite consciente de la discrimination, la stigmatisation, les stéréotypes auxquelles font face les femmes et les filles qui vivent avec un Handicap dans la société Haïtienne. Pour elle, il est impérieux de se lancer dans cette lutte car, comme elle le dit assez souvent, “plus les voix sont nombreuses, plus elles arrivent à destination avec facilité”.

Une telle démarche ne vient pas sans difficultés, ce qui justement lui a permis d’être celle qu’elle est aujourd’hui.
Les obstacles sur son chemin ont été nombreux, elle cite :  » la méfiance de la société; les regards hostiles à cause de mon handicap, le manque de volonté de l’Etat haïtien à faire appliquer les lois, comme la Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH),  les lois portant sur l’intégralité des personnes handicapées, ect. ; la population qui n’est pas sensibilisée sur le handicap, les doubles discriminations à la fois basées sur mon sexe (parce que je suis une femme) et sur mon handicap, ainsi que d’autres… ».

Pour Junie Samantha, militer pour les droits des femmes et  des filles handicapées est un rêve, elle a indiqué vouloir les porter au centre de toutes les réflexions, de faire respecter leurs droits, de les accompagner pour la réussite de leurs vies, tant économiques, sociales et politiques.

Comme toutes les nominées de l’édition 2021 de Femme Dofen Awards elle n’a pas caché sa satisfaction quant à l’organisation d’un tel événement. Du coup elle en a profité pour remercier l’équipe organisatrice et a aussi salué l’initiative qui d’après elle vise a, mettre le zoom sur les femmes effectuant des travaux exceptionnels dans leur environnement depuis 2018. Elle a précisé aussi qu’avec Dofen Awards, les femmes ont la chance d’être récompensées pour leurs belles réalisations au sein de la société Haïtienne.

Elle se réjouit également d’avoir fait partie de la 3ème édition, une participation qui pour elle, la procure de la fougue et du courage pour continuer la lutte.

Les marginalisées, les laisser pour contre sont légion dans le pays, les structures étatiques de protection et d’accompagnement des personnes handicapées existent, certes, mais n’ont pas assez de moyen pour faire face aux problèmes du secteur. Samantha est inquiète, lorsqu’elle imagine qu’à n’importe quel moment de la durée une personne peut devenir handicapée.

 » Planifier pour l’inclusion des personnes handicapées c’est planifier pour un développement durable. Par ailleurs, je veux  dire à mes paires, de garder leur  esprit sain, de croire en leurs rêves, de continuer à se battre, car vivre ici bas est une lutte perpétuelle. Pour finir, j’encourage à tout un chacun de prendre part à la lutte pour le respect des droits des femmes et des filles handicapées. J’encourage aussi tous les acteurs de la vie nationale et internationale à faire la promotion d’une société inclusive parce que, c’est un droit, ce n’est pas une faveur », a-t-elle conclu fièrement.

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