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Source photo page : Facebook Ambassade du Canada

Les obstacles du parcours judiciaire des femmes victimes de violence en Haïti, un sujet qui devrait intéresser plus d’une

Après le procès simulé organisé par Avocats Sans Frontières et le Barreau de Port-au-Prince en septembre dernier, ces deux (2) institutions reviennent sur le tapis en organisant ce 7 décembre à l’Hôtel Marriott une table ronde autour du thème : Les obstacles du parcours judiciaires des femmes victimes de violence en Haïti.

Organisé par Avocat sans Frontières, ce débat a pour but de permettre aux femmes victimes de violences de connaitre les différentes démarches et d’identifier les divers obstacles auxquels elles auront à faire face en cas de poursuite. Il a aussi pour but de contribuer aux renforcements des mécanismes judiciaires de lutte contre les violences faites aux femmes dans le cadre des seize (16) jours d’activisme lancés par les Nations Unies. 

A cet effet, deux panels ont été tenus. Le premier, modéré par le Militant dans le secteur des droits de l’homme en Haïti Antonal Mortimé, était composé du Médecin Légiste Dr Jeanne Marjorie Joseph, de la Directrice de l’organisation Kay Fanm Marie Yolette Andrée Jeanty et de l’Avocate et Ancienne représentante du secteur des droits humains au sein du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) Me Dilia Lemaire.  

Dans son intervention, le Dr Jeanne Marjorie Joseph a parlé de l’importance du certificat médical dans la poursuite judiciaire, une pièce très grande indispensable dans le processus juridique en cas de coups et blessures dans les couples. Elle a parlé des démarches à entreprendre pour pouvoir l’obtenir et des difficultés rencontrées lors de la prise en charge des victimes de violence. 

« Le certificat médical délivré par un médecin issu à partir du dossier du patient est un élément de preuve. Dans les cas de coups et blessures, il peut permettre la matérialité des blessures, il permet aussi de déterminer la durée de l’incapacité de travail. Des conclusions du certificat vont dépendre la qualification des faits pour spécifier s’il s’agit d’une contravention, d’un délit ou d’un crime  », a déclaré le médecin légiste. Pour les modèles de certificat délivré gratuitement, l’Etat haïtien a validé ceux qui sont utilisés par les magistrats et les professionnels de la santé et ce depuis 2008. 

Pour sa part, la Directrice de Kay Fanm Marie Yolette Andrée Jeanty a intervenu sur les obstacles judiciaires des femmes et filles victimes de violences et des méthodes utilisées par Kay Fanm pour les contrecarrées. « Pour Kay Fanm, la violence faite aux femmes est présente partout à travers le monde mais en Haïti, le phénomène prend beaucoup plus d’allure parce qu’il est toléré et encouragé » a commenté d’un ton calme Madame Jeanty. La prise en charge à Kay Fanm se fait sur une approche globale et de qualité. On ne juge pas les victimes, on ne fait que les écouter et les assister. Des facteurs comme des attitudes rudes, des gestes impatients, des propos critiques, discriminatoires et sexistes sont les principaux obstacles qui se mettent entre les victimes et les poursuites, a conclu Yolette Andrée Jeanty.

De son côté, Me Dilia Lemaire a parlé de la réaction de certains policiers lorsqu’ils sont, soit témoins des violences à l’égard des femmes soit à leur poste lors de leur présentation dans les commissariats. Comme la plupart des gens, face à des personnes victimes de violence conjugale les policiers ont pour habitude de leur demander ce qu’elles ont fait à leur conjoint pour que ce dernier les frappe. Le plus souvent, les agents de police disent qu’ils n’ont pas les éléments nécessaires pour s’occuper de la victime.  

Toutes femmes victimes de violences devraient connaitre les procédures judiciaires pour  porter plainte contre leurs agresseurs puisque la violence à l’égard des femmes est un acte qui est sanctionné par la loi haïtienne. Autant qu’elles seront nombreuses à le faire, il y a d’autant plus de personnes et des structures qui seront intéressées à s’engager pour éradiquer ce phénomène qui a déjà ôté la vie de beaucoup de jeunes femmes en Haïti.        

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