Crédit photo : compte twitter American Corner Haiti

Rencontre avec Jeanne Clark, Conseillère aux affaires publiques à l’Ambassade Américaine en Haïti

Madame Jeanne Clark est une diplomate de plus de quinze (15) ans de carrière. Elle a occupé différents postes un peu partout dans le monde dont au Macédoine, au Sénégal et au Ghana. En plus d’être la Conseillère aux affaires publiques à l’Ambassade Américaine en Haïti, elle en est également la porte-parole. Quelques jours après l’organisation de la 2ème édition de Tech Camp Solèy, la Diplomate nous a reçus à l’Ambassade pour une entrevue spéciale.

Dofen News : Comment faites-vous pour concilier votre vie professionnelle et votre vie personnelle de femme et notamment de mère ?

Mme Jeanne Clark : Si vous parlez à mes enfants, ils vous diront que je travaille trop. Toutefois, toute personne doit avoir une balance quant à sa vie professionnelle et personnelle. Pour la trouver, il faut bien équilibrer son travail. C’est un grand privilège pour moi d’être diplomate parce que grâce à mon métier, ma famille et moi, surtout les enfants, on apprend beaucoup de choses et ce dans chaque pays où nous vivons. Tout cela est à la fois très enrichissant et satisfaisant.

D.N : Dans le cadre de votre travail en Haïti, vous avez contribué à la réalisation de plusieurs programmes. Y a t-il un en particulier qui vous a le plus marqué ?

J.C : Je suis vraiment passionnée par l’entrepreneuriat et c’est un aspect très positif dans le développement d’Haïti. C’est un domaine qui touche énormément de jeunes. Ils ont de très bonnes idées, ils ont besoin d’inspirations et de confiance pour pouvoir atteindre le succès. Ils ont surtout besoin d’être guidés parce qu’en réalité, ils ne connaissent pas les marches à suivre. Vous n’êtes pas sans savoir que sans les petites et moyennes entreprises, l’économie globale serait en chute libre. L’économie d’Haïti et celle de beaucoup d’autres pays en dépendent. Dans ce contexte, l’Ambassade a un rôle à jouer en présentant à ces jeunes des personnes qui ont réussi pour qu’ils puissent s’en inspirer.

D.N : Il y a quelques jours, l’Ambassade a réalisé la deuxième édition du Tech Camp. Qu’est-ce qui vous a poussé à l’organiser pour les entrepreneures issues de trois (3) quartiers précaires de la capitale (Cité Soleil, Martissant et Bel-Air) ?

J.C : On a beaucoup réfléchi sur l’endroit et les entrepreneures qui seront mises à l’honneur au Tech Camp. On s’est dit peut-être que nous pourrions jouer un rôle avec les organisations civiles pour qu’ils puissent mieux connaitre les entrepreneurs qui vivent dans les quartiers précaires afin qu’ils arrivent à trouver des moyens de travailler ensemble. L’idée a plu à beaucoup de gens. On a créé un comité de pilotage pour pouvoir tout mettre en place. Au final, l’édition de cette année a été un vrai succès.

D.N : L’année dernière, Tech Camp avait été baptisée Tech Camp Okay parce qu’elle avait eu lieu dans la ville des Cayes. Pourquoi cette année, est-il baptisé « Tech Camp Solèy » alors que les jeunes femmes et hommes qui y ont pris part étaient originaires de trois quartiers précaires de Port-au-Prince ? Est-ce que le terme « Solèy »a une signification particulière ou a t-il été choisi dans un autre but ?

J.C : Le soleil symbolise la lumière et l’espoir. On a décidé de le combiner avec le Tech Camp parce qu’il projette quelque chose de positif.

D.N : A l’ouverture de Tech Camp Solèy, l’Ambassadrice a parlé d’une toute nouvelle initiative qui est l’Académie des Femmes Entrepreneures (AWE). Pouvez-vous nous en dire plus ?

J.C : Pour nous à l’Ambassade, on n’attend pas l’organisation annuelle du Tech Camp pour parler d’entrepreneuriat. Le concernant, on fait un effort pour être actif et ce, toute l’année. L’Académie des Femmes Entrepreneures est un projet pilote qui a été lancé en mars dernier par le département d’Etat et elle sera présente dans vingt-six (26) pays dont Haïti. Elle permettra à ces femmes d’avoir l’opportunité d’explorer tous les aspects ayant rapport aux entreprises dans le but de bâtir un meilleur avenir pour leurs familles et leurs communautés. L’AWE a trois (3) objectifs principaux : fournir des ressources éducatives en ligne, créer des réseaux favorisant l’accès au mentorat et connecter les femmes par le biais des programmes d’échange déjà existants. Les femmes qui y participeront auront accès à Dreambuilder, un cours en ligne sur l’entreprenariat féminin mis au point dans le cadre d’un partenariat entre l’école de gestion mondiale Thunderbird de l’Université de l’État d’Arizona et la société minière mondiale Freeport-McMoran. Le programme sera officiellement lancé en septembre 2019.

D.N : L’accès au crédit est l’une des difficultés que rencontrent les femmes entrepreneures haïtiennes. Est-ce que l’Ambassade, dans la politique extérieure du gouvernement actuel, a un plan pour aider financièrement ces femmes notamment par le biais de l’AWE ?

J.C : On reconnait que l’accès au crédit est un défi majeur pour les entrepreneures en Haïti. Ce que je veux dire pour le moment, c’est que bientôt, vous aurez à prendre connaissance d’un programme de l’USAID qui s’appelle « Invest ». Concernant l’AWE, il y aura un fond disponible pour celle qui présentera la meilleure idée de projet. Quant aux petits entrepreneurs comme ceux du Tech Camp de cette année, on n’a pas encore de programme de crédit.

D.N : Avez-vous un message pour les jeunes femmes haïtiennes ou toutes les femmes en général ?

J.C : Je leur dirai d’être confiante, de faire en sorte de toujours avoir une attitude positive pour faire face aux défis de la vie. Je lui conseillerai de ne pas seulement utiliser leur téléphone pour naviguer sur whatsapp ou facebook. Elles doivent aussi s’en servir pour intégrer les réseaux dédiés aux femmes entrepreneures parce que les opportunités existent. Elles doivent être persistante et ne doivent surtout pas abandonner aux moindres problèmes.

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