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Une deuxième bougie pour la plateforme Fanm se Fòs

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » cite avec enthousiasme Martine Denis Chandler qui se dit très satisfaite des réalisations de la plateforme « Fanm se Fòs » qui vient de célébrer son deuxième anniversaire le 27 mai dernier. Cette structure dont la mission est de former, de sensibiliser les femmes relève d’une importance capitale à l’émancipation de la femme dans notre société. À cœur ouvert, Martine Chandler nous fait part des deux années d’existence de ladite plateforme.

Dofen News : Nous savons que vous êtes psychologue, animatrice d’émissions de télé, ancienne porte-parole à la Présidence. Pouvez-vous retracer votre parcours pour les lectrices et les lecteurs de Dofen News ?

Martine Chandler : Mon parcours a commencé depuis ma tendre enfance par amour de la lecture. C’était très important pour mon père que je lise beaucoup et que je sache bien m’ exprimer mais, il faut aussi souligner que le Bon Dieu m’a donné le talent de bien parler. En étant adulte, j’ai fait du théâtre, je participais à des différentes activités et c’est à cette occasion que Kepler Hyacinthe m’a remarquée au Rex théâtre et il m’a proposé d’animer une émission sur la TNH qui s’appelait « Bonjour les amis ». Je n’avais pas encore vingt (20) ans. Et c’était la même époque que Ives Marie Chanel me propose d’intégrer l’équipe de Radio Ibo comme animatrice et journaliste culturel. J’ai étudié la psychologie à la faculté des sciences humaines mais, du côté professionnel, la communication a toujours primé. J’ai passé cinq ans au bureau de communication de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH). J’ai finalement étudié le journalisme en 2010 en intégrant la première cohorte du master en journalisme à l’Université Quisqueya. À la fin de cette formation, j’ai monté ma propre entreprise qui s’appelle la Hibiscus Multimedia Company. J’ai été contactée par la Présidence en 2017 pour devenir l’une de ses portes paroles mais après avoir occupé cette fonction, j’ai repris mes activités à la Hibiscus et j’ai créé Fanm se Fòs en mai 2019.

D.N : Que pouvez-vous nous dire de Fanm se Fòs ?

M.C : Fanm se Fòs est une plateforme qui utilise essentiellement, pour l’instant, les réseaux sociaux en vue de contribuer à une plus grande émancipation des jeunes femmes haïtiennes. Notre devise « Chacune et ensemble nous sommes une FORCE » veut mettre en avant la force que nous avons toutes et montre combien il est important de se mettre ensemble pour être encore plus fortes afin de faire valoir notre place dans la société.

D.N : Dites-nous, qu’est ce qui vous a poussé à créer cette plateforme ?

M.C : Ma sensibilité et mon éducation pour l’émancipation des femmes en Haïti a commencé quand j’étais directrice exécutive de la Chambre de commerce et d’industrie canado-haïtienne de 2012 à 2015. Le faible nombre de femmes cheffes d’entreprise ou occupant des postes de direction m’a vraiment interpellée mais c’est surtout durant l’année que j’occupais le poste de porte-parole, bon nombre de femmes savaient contacter la porte parole soit pour faire des conférences ou autres activités de sensibilisation pour les jeunes filles… Cela m’a fait comprendre qu’il y a un véritable besoin, celui d’accompagner les jeunes filles dans leur cheminement de vie.

D.N : Pouvez-vous partager avec nous le bilan des réalisations de la plateforme Fanm se Fòs pendant ces deux ans ?

M.C : En réalité, je suis très fière du travail que nous avons pu réaliser en deux ans. Sans trop de support financier et technique extérieurs mais avec surtout la motivation et l’engagement des membres de Fanm se Fòs. Pendant ces deux ans, nous nous sommes surtout concentrés sur les publications de nos pages Facebook et Instagram. Ce sont surtout des messages de motivation. Nous avons réalisé une campagne en septembre 2019 contre la violence basée sur le genre. Cette campagne consistait à la publication de vidéos dénonçant les violences faites aux femmes. Nous avons aussi réalisé conjointement avec AFPE-Femmes, une formation sur l’entretien d’embauche. Nous avons également encadré certaines initiatives de jeunes femmes de Port-au-Prince, de jeunes femmes de province particulièrement de l’Artibonite en leur fournissant des conseils ou un appui technique.

D.N : Quels sont les projets en perspective ?

M.C : Comme les organisations féministes qui travaillent sur le terrain, nous n’avons pas autant de ressources que nous souhaiterions avoir pour mettre en œuvre nos activités. Cependant à Fanm se Fòs nous croyons beaucoup au pouvoir des idées, au pouvoir des actions avec les moyens que l’on a. Aussi nous allons poursuivre nos lives de Facebook et Instagram. Et je tiens vraiment à remercier les conférencières et conférenciers qui acceptent généreusement de participer à ces interventions, à cela nous allons ajouter du contenu multimédia comme reprendre des séries de vidéos sur des thèmes importants. Et dès que la situation le permettra, nous allons recommencer aussi avec des rencontres en présentiel avec les jeunes filles mais, notre travail va surtout se poursuivre sur nos réseaux.

D.N : Quels sont les engagements de « Fanm se Fòs » dans la lutte pour le respect des droits de la femme ?

M.C : L’engagement de Fanm se Fòs se manifeste par le travail que nous faisons sur nos différents réseaux en vue d’amener les jeunes filles à croire en leurs propres valeurs car, pour nous l’égalité passe d’abord par la certitude que chaque femme croit qu’elle a de la valeur et qu’elle est extraordinaire, qu’elle croit également disposer des mêmes droits que tous les hommes et mérite le même respect que tout être humain sur terre.

D.N : Ces derniers mois, nous remarquons dans notre société que les femmes sont de plus en plus victimes de violence. Quel est votre avis sur ce point ?

M.C : J’ai été personnellement attristée, choquée, bouleversée pas les cas de viol, de kidnapping,de féminicide qu’on a constatés récemment dans notre pays. On le dit souvent, les femmes et les enfants sont les premières victimes de la dégradation du climat sociopolitique dans un pays. Mais cela ne suffit pas à le dire, il faut agir. Nous autres, à Fanm se fòs, dès le dernier trimestre de l’année 2019, nous avons réalisé une campagne contre les violences faites aux femmes à travers des publications de vidéo que nous avions mises sur notre page Facebook. Pour notre plateforme, les violences contre les femmes, c’est intolérable, c’est inadmissible et nous travaillons contre cette odieuse et révoltante réalité en apprenant aux jeunes filles à dire non fermement, en leur apprenant à faire leurs propres choix et à développer également leur leadership.

D.N : Quel est votre message pour les lectrices et les lecteurs de Dofen News ?

M.C : À la lumière de ma propre expérience à Fanm se Fòs, en tant que jeune initiative née dans un contexte difficile, le message est simple: ne baissez pas les bras, avancez avec les moyens dont vous disposez car l’avenir appartient toujours à celles et à ceux qui travaillent, qui apprennent et qui croient.

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