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« Zora », un drame de 15 minutes au cœur de la réalité d’Haïti

Jadis, Haïti était considéré comme la perle des Antilles de la caraïbe. Aujourd’hui, sous l’emprise des gangs armés, il fait sa descente progressive aux enfers. Intriguée par la réalité accablante du pays, la scénariste Magdala Louis nous transporte dans les coulisses de la société haïtienne. Entre assassinat, cavale et survie, le film « Zora » vous tiendra en haleine.

Dans le but de donner une première impulsion sur le contenu du drame, Magdala Louis a répondu à quelques questions.

Dofen News : Etant la scénariste du film, quel en est le synopsis ?

Magdala Louis : Le film raconte l’histoire de Zora, une jeune femme de 20 ans. Elle vit au niveau de la 4ème avenue, un banlieue de Port-au-Prince. Après qu’un chef de gang ait tué son père, un journaliste qui dénonçait les gangs du quartier, l’assassin se lance à la poursuite de Zora et de son petit frère de 12 ans pour les éliminer. Maintenant en cavale, Zora lutte pour sa survie et celle de son frère. Le danger les guette, alors elle doit compter sur la solidarité des gens du quartier pour essayer de s’enfuir ou pas… ».

D.N : Quel est la durée du film ? Et quel en est le ton ? (humouristique, informatif, décalé…)

M.L : Ayant pour toile de fond la situation d’insécurité imposée par les gangs dans la zone métropolitaine et les autres villes du pays, ce film est un drame de 15 minutes.

D.N : Pouvez-vous nous dire l’idée ou le message véhiculé dans le film ?

M.L : Dans le film, il sera question de démontrer comment la solidarité d’un quartier pourrait contribuer au changement d’une société entière.

D.N : En quoi ce film aurait-il un rapport avec la réalité actuelle du pays ?

M.L : Il a un rapport étroit avec la réalité du pays en se basant sur les gens, parfois de rudes travailleurs, qui sont forcés de laisser leurs zones de résidence à cause de la violence des gangs armés (….) Le film ne reflète pas seulement la réalité de Zora mais il fait référence également à toutes personnes au sein de la société haïtienne qui font face aux différentes troubles et qui essaient d’en survivre.

D.N : Quel sont vos attentes suivant les impacts positifs qu’il pourrait avoir dans la société haïtienne ?

M.L : J’aurais voulu qu’un soulèvement se fasse auprès de toutes personnes une fois qu’ils ont regardé le film. Ce soulèvement consisterait à dénoncer le climat d’insécurité imposé par l’Etat et de revendiquer leurs droits de vivre ainsi que ceux des générations à venir. En somme, j’espère que « Zora » éveillera une solidarité générale au sein de la population.

D.N : Quel est le but précis de la réalisation du film ?

M.L : J’estime que beaucoup de gens vivent dans des conditions précaires, d’insécurité économique etc… Il est évident qu’ils n’ont pas les moyens suffisants pour se faire entendre. Donc, l’objectif de la réalisation de ce film est de sensibiliser et de transporter leurs supplications aux endroits qui leurs sont inaccessibles. Ce moyen nous permet également de résister face à la réalité du pays (…) Nous sommes des humains ! Nous sommes des victimes ! C’est une façon d’exprimer notre rage !

D.N : Ce projet a-t-il eu des subventions ?

M.L : Nous sommes un ensemble de professionnels qui se sont réunis dans le but se réaliser le film. La promotion se fait principalement sur les réseaux sociaux (…) Il n’y a pas une agence de production proprement dite. Par ailleurs, l’idée nous est venue subitement et au même moment nous avons essayé de lui attribuer un nom, « Zora production » (dans l’informalité).

Nous sommes à la recherche de sponsors car pour le moment, la production est en attente. Un extrait devrait apparaître ce mois-ci. En effet, les intéressés peuvent toujours nous contacter pour leurs subventions.

D.N : Avez-vous préalablement fixé un délai de livraison du film ?

M.L : Il n’y a pas encore de date prévue pour la sortie du film. L’apparition est susceptible pour l’année prochaine ou en toute éventualité cette année même.

D.N : Quels sont vos motivations et attentes à propos de ce projet ?

M.L : Originaire de Martissant, j’y ai pratiquement vécu mes 11 premières années. Durant ces années, j’ai assisté à la réalité des gangs qui faisaient peur à la population. Sur ce, réaliser un film avec l’état de fait actuel comme toile de fond, est en quelque sorte un acte de dénonciation qui évitera aux générations futures de vivre ces moments de troubles.

Comme une sonnette d’alarme, j’espère que ce film constituera un réveil national et international sur la situation actuelle du pays. C’est la limite de ce qu’on peut endurer !

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