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Caribbean Culture Festival : Faible présence des artistes féminines

Revenons à ce fameux Caribbean Culture Festival, qui s’est déroulé au Miramar Regional Park en Floride les 16 et 17 octobre. D’entrée de jeu, les artistes féminines n’ont pas été assez représentées. La preuve en est grande, on compte une dizaine de chanteurs, de dj et de groupes musicaux masculins contre une poignée de dames qui, on doit dire pour la plupart n’ont pas été aussi à la hauteur. De Bedjine à Blondedy, les prestations n’ont pas été satisfaisantes.

En dépit du fait que bon nombre de nos chanteuses ont assuré durant l’été avec la sortie de nouveaux sons très prisés, elles sont toutefois pour la plupart absentes dans les festivals. Une situation qui dure depuis des années. Le « HMI » est un milieu qui ne fait pas de cadeaux aux voix féminines.

En effet, cela a été remarqué une fois de plus au récent Carribean Culture Festival. Déjà, l’affiche nous mettait au parfum. Un essaim de photos d’hommes dans lequel sont perçus difficilement deux visages féminins. La chanteuse antillaise Tara Lyne et Phyllisia Ross. Maintenant, parlons des performances et des tenues mal fagotées pour certaines.

Bedjine en robe de mariée veut impressionner

Voulant créer le suspens à la manière de Vitaa et Slimane, la chanteuse Bedjine a fait son apparition dans une robe de mariée qui cachait un autre ensemble plus audacieux. Sans faire du rabat-joie, le haut de l’ensemble faisait mastoc et comprimait la poitrine de cette dernière. La fermeture de la robe était ouverte, ce qui a diminué la surprise. Les lumières sont éteintes. Deuxième tenue. Monokini rose et une sorte de pantalon tapis qui n’ont vraiment pas mis la morphologie de Bedjine en valeur.

Côté voix. Il y a eu ce troublant constat. On veut le mettre sur le compte du stress ou de la timidité. L’artiste a eu du mal à maîtriser sa voix. Qu’il s’agit des interprétations de Pouki n te marye ou Koupe m sa. Les détonations vocales ont été inconfortables au tympan. Les séances de répétitions doivent être néanmoins plus soutenues.

Une « queen » à l’image d’un Nicky Minaj ratée

Que dire du look de celle surnommée « Queen » ? Son ensemble sexy deux pièces de couleur verte n’a pas caché grand-chose, avec ses atouts fessiers, sous les projecteurs. Bon ce qui n’étonne pas vraiment, connaissant le style sulfureux de l’artiste. Pour compléter, elle a chaussé une paire de cuissardes noires avec laquelle la voix de « Ou sou may » avait du mal à bouger. 

La prestation quant à elle a été d’un goût douteux. On a eu du mal à suivre Blondedy avec le premier titre interprété. Men l ap fè san. Une réponse à ceux et celles qui la critiquent parce qu’elle ne sait pas chanter. Fait flagrant et indiscutable. La femme d’affaires a répondu qu’elle n’en a rien à faire et d’ailleurs, c’est elle qui récolte les « hits ». Elle a continué avec « Renmen m renmen w », sa collaboration avec J-beatz. Le coup de grâce a été donné avec « Ou sou may » qui n’a pas soulevé grand monde. La maîtrise vocale n’est pas pour aujourd’hui. Il y a encore du chemin à faire. Mais tellement.

Phylissia Ross égale à elle-même

Néanmoins, la chanteuse Phylissia Ross a eu le mérite à elle seule de se démarquer de ses paires malgré sa brève apparition, accompagnant Medji de Enposib sur le titre de « Ovèdoz ». Dans une courte robe chic semi-transparente de couleur argentée, l’interprète de « Konsa » a été remarquable avec son statut de « Fanm chè ».

On n’en manque pas de femmes dans le monde musical haïtien qui savent chanter. Pourtant, elles ne sont pas assez encadrées et supportées. Le succès pour ces dernières découle d’un travail titanesque où généralement, elles sont obligées de vendre de leur personne. Mais celles qui ont pu percer d’une façon ou d’un autre ont encore du pain sur la planche. La présence des artistes féminines dans les festivals et autres activités de ce genre est à reconsidérer.

Shylene Prempin

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