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« L’avortement, un choix féminin » : Thara St Hilaire en défend le droit

L’organisation féministe Gran Jipon a mené une campagne virtuelle titrée « l’avortement, un choix féminin » en prélude à la journée mondiale pour le droit à l’avortement célébrée le 28 septembre. Dans une interview accordée au journal, Thara Layna Marucheka Saint Hilaire est pour le droit à l’avortement au sein de la société haïtienne.

Dofen News : Etant l’initiatrice de Gran Jipon, pouvez-vous nous présenter brièvement l’organisation et son impact sur la population haïtienne ?

Thara St Hilaire : L’organisation Gran jipon est une jeune organisation féministe, active depuis 2020. Nous avons pour structure un magazine qui permet la vulgarisation de connaissances, l’apprentissage. Il nous permet principalement d’affirmer notre position sur tous sujets ayant rapport aux droits de la femme. Le but est de leur faire connaître leurs droits en tant que femme et leur apprendre à être autonome.

D.N : Quelles sont les principaux raisons qui vous encourage à entreprendre cette campagne visant le droit à l’avortement ?

T.S.H : La campagne « l’avortement, un choix féminin » a été lancée en prélude à la journée mondiale pour le droit à l’avortement, le 28 septembre. Le mois de septembre est considéré comme le mois du Droit à la Santé Sexuelle et Reproductif (DSSR), car il renferme de nombreux date ayant rapport au DSSR, qui fait aussi partie des axes d’intervention de Gran Jipon. La raison initiale est le fait que l’avortement est illégal en Haïti, qui dit illégal se dirige indubitablement vers les pratiques clandestines et dangereuses. Donc, promouvoir le sujet au sein de la société pourrait faciliter la compréhension des gens là-dessus.

D.N : En quoi l’illégalité de l’avortement consiste une violation des droits de la femme ?

T.S.H : L’illégalité de l’avortement en Haïti consiste une violation des droits de la femme à plusieurs niveaux. Premièrement, la violation sur le DSSR. Avorter est une pratique médicale et de santé publique, donc contraindre une femme à ne point le faire c’est lui enlever la possibilité de gérer sa santé sexuelle et reproductif. En second lieu, avorter se réfère aussi aux droits humains qui se base sur l’autodétermination individuelle ou la personne humaine.

D.N : L’article 262 du code pénal haïtien stipule que l’avortement est considéré comme un crime et punissable aux yeux de la loi. Selon vous, en quoi cette campagne pourrait-elle apporter un changement ?

T.S.H : Aux prémices, cette campagne à pour but de changer l’imagerie collectif des gens au fait que l’avortement est un crime. Pratiquer l’avortement à un stade non-avancé n’est pas une question de perte en vie humaine, beaucoup sont ceux qui pensent le contraire. Il faut souligner que l’avortement ne devrait pas dépasser le stade embryonnaire ou de fœtus. Le vide parlementaire que confronte le pays actuellement ne peut en déduire à une amendement des textes de loi mais initier ce sujet dans la sphère publique donnera la possibilité à un dialogue ouvert sur les droits que dispose une femme à l’avortement.

D.N : Les méthodes de contraception préventives ne sont-elles pas de mise au détriment de l’avortement, tenant compte des risques ?

T.S.H : Aucune prévention ne pourrait remplacer l’urgence existentielle de légiférer sur le droit et un accès à l’avortement. Les raisons sont multiples. Il y a des gens pour des raisons médicales ou biologiques qui ne peuvent pratiquer la contraception, sans oublier les grossesses durant la prise de médicaments contraceptive et ceux qui précèdent les cas de viol. Les statistiques évaluent à 41% le pourcentage des grossesses non désirées, soit 9000000 de femmes à l’échelle mondiale. Suivant les mauvaises pratiques de l’avortement à l’heure actuelle, il serait préférable aux femmes d’être plus prudente.

D.N : L’éducation sexuelle en Haïti reste jusqu’à date un sujet tabou dans de nombreux familles. Maintenant, avoir un accès libre et volontaire à l’avortement se serait-il pas une entrave pour la société ?

T.S.H : Les statistiques montrent que le taux d’avortement est beaucoup plus élevé dans les pays où il est illégal que dans les autres où c’est permis. Le mieux c’est de ne pas s’adonner aux mythes discriminatoires apporter à ce sujet, car toute femme devrait être libre de choisir si elle veut avorter ou non. Et une fois l’avortement est défini selon les normes, celà, en aucun cas, pourrait déclencher une augmentation des cas.

D.N : Que pouvez-vous en dire de l’aspect sécuritaire que devrait avoir l’avortement ?

T.S.H : L’une des priorités c’est sa dépénalisation par la loi. Ensuite, son déroulement devrait être régit selon des principes médicales et juridiques, dans le cas de non-respect des normes des sanctions. Les médecins destinés à pratiquer l’avortement devraient être éligible aux yeux de la loi et l’acquisition des médicaments à cette fin serait exclusivement sur ordonnance de médecins qualifiés.

D.N : Quel message adresseriez-vous aux femmes qui ont vécu ce genre de situation ?

T.S.H : A toutes les femmes qui ont été au moins une fois confrontées à cette situation, dans la réalité où nous sommes actuellement, je lui dirai qu’elle est une survivante et aucune femme, à un moment donné, n’aurait à subir la même expérience. Dans l’espoir d’un avenir meilleur, l’avortement sera légal, sécurisé et libre.

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