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Nerlande Gaëtan Civil veut apporter un nouveau souffle à Saint-Léonard

Présente sur le sol canadien, depuis 11 ans, Nerlande Gaëtan Civil Miss Vidéomax 2004 a fait son petit bonhomme de chemin. Femme impliquée et mère au combat, la directrice de Festival Théâtre créole est actuellement candidate à l’élection municipale de Saint-Léonard à Montréal. Au micro de Dofen News, elle a donné beaucoup détails sur sa participation.

Dofen News : Étant passée de présentation, pouvez vous rappeler aux lecteur-rices dans quelle condition avez vous laissé Haïti  ?

Nerlande Gaëtan Civil : Je réponds carrément. Je ne suis jamais partie d’Haïti. En tant que bonne haïtienne, on ne peut pas laisser le pays car il restera toujours dans notre cœur. On continue de s’impliquer à travers les initiatives qui se font en Haïti. J’ai participé avec Miss Initiative en 2019 à mettre en place une bibliothèque dans la zone de Cité-Soleil. On ne peut quitter un pays comme ça d’ailleurs il vit en nous comme le chante Emmeline Michel. Je suis cette haïtienne qui se trouve sur une autre terre et qui continue de s’impliquer, de s’occuper des choses qui peuvent changer le monde, les conditions des communautés et dont la communauté du Québec.

D.N : Comment a été le premier contact avec la réalité canadienne ?

N.G.C : Ça été un choc parce que c’est un apprentissage. Il faut apprendre à connaître la culture, comment les gens élèvent leurs enfants, comment ils laissent la place aux femmes. Dans mon cas, ça a été que pour le mieux car j’adore l’idée de pouvoir s’exprimer librement. Un journaliste pourrait argumenter sur un politicien sans craindre pour sa vie. Je trouve que c’est une belle façon de vivre et je crois qu’un jour que ce sera la même chose pour Haïti.

La réalité canadienne a rattrapé mes convictions. Je suis une personne qui aime la liberté. Pour que les gens puissent faire part de leur désarroi, de leur désapprobation sur certains points et aussi applaudir sans craindre les représailles. Mais pour l’intégration, ça a été plus difficile. On parle le français mais d’une autre façon. Une autre forme d’éducation et d’enseignement. Je me suis adaptée assez difficilement. J’ai appris à prendre ma place. C’est la première chose que quelqu’un qui émigre doit savoir. Il faut apprendre à trouver sa place, sa voie. Peu importe le pays. C’est la meilleure façon de s’intégrer.

D.N : Pourquoi se lancer en politique maintenant ?

N.G.C : Je ne me lance pas en politique. J’ai toujours été une femme très impliquée et visible dans la communauté. Pour moi, aujourd’hui c’est une continuité des différentes actions que j’ai accomplies par le passé et que je continue d’accomplir tous les jours. Tout est politique dans la vie. Prendre position contre la violence, ce que je fais tout le temps sur mes réseaux sociaux. C’est de la politique. Je fais un autre pas tranquille vers mes convictions comme femme impliquée, mère et personne qui veut apporter un nouveau souffle dans le quartier dans lequel je vis, qui est Saint-Léonard.

D.N : Dans quel parti politique êtes vous ?

N.G.C : Projet Montréal qui est un parti dirigé par Madame Valérie Plante.

D.N : Quels sont les défis auxquels vous faites face ?

N.G.C : Je suis jeune et mère de famille. Actuellement en regardant les statistiques, je suis en très bonne position. Je fais partie de la diversité qui représente 43 % des personnes que Valérie a choisi pour monter son équipe. On s’approche des 50 % . Je fais partie des 23,2 % de jeunes dans la catégorie des moins de 35 ans. Néanmoins une maman au combat comme j’aime affirmer. Quand je demande une meilleure accessibilité dans les parcs pour tous. C’est également une belle opportunité pour moi, pour mes enfants.

Ce qui a été plus difficile était d’accepter ce défi. Je dois jongler entre plusieurs responsabilités. Étant directrice du Festival Théâtre créole, je m’occupe de la campagne en m’assurant que mes enfants n’ont pas de manquements. Je dois dire que c’est plus difficile pour les femmes d’accéder à des postes plus gradés. Qu’une femme dépose sa candidature pour la mairie c’est pas chose facile.

Je le clame haut et fort, il est temps pour que Saint-Léonard connaît un nouveau souffle, qui va prendre conscience du changement démographique de la région. D’arrêter de l’attribuer au titre de quartier d’une communauté, mais qui ouvre la porte à toutes et tous et surtout à toutes les générations. Les jeunes n’ont pratiquement pas de place à Saint-Léonard. Ils ont du mal à trouver des endroits pour s’amuser, se recréer etc. Les aîné-e-s sont très respecté-e-s. C’est bien que le multi-générationalité puisse cohabiter et c’est ce nouveau souffle là que je veux apporter.

D.N : Quel plan d’action avez vous pour Saint-Léonard ? Quels sont les secteurs dans lesquels comptez vous apporter des améliorations ?

N.G.C : Dans le sud de la zone, j’estime que les gens sont vraiment délaissés. Le quartier va avoir besoin de personnes dynamiques, jeunes qui seraient prêts à prendre le dossier à bras les cornes, qui n’auront pas peur d’aller négocier.

Mes objectifs sont l’amélioration de l’accessibilité dans les parcs, de permettre aux familles de vivre dans des logements abordables. L’aménagement des parcs d’écoles qui sont faits de béton. Mettre du verdissement sur les routes pour permettre aux riverains de mieux respirer et de prévenir les ilots de chaleur. Mettre un centre de loisir où les jeunes ne vont pas seulement faire du sport que pendant l’été, qui ne dure seulement trois mois environ malheureusement. Ils auront toute l’année de pratiquer le sport qu’ils aiment. Les permettre d’avoir accès au passe d’autobus à moitié prix et les aîné-e-s gratuitement. Les familles à faible revenu pourront avoir accès aux loisirs gratuitement. Mais surtout de les permettre de rester ici. Quand Saint-Léonard devient trop cher et qu’on fait pas cas de ses citoyens, on les chasse tranquillement.

La sécurité est importante pour nous. Mais on ne veut pas le faire n’importe comment. On ne veut pas encourager le profilage racial. Il faut créer un lien de confiance entre la police, nos jeunes et nos organismes et bien sûr les parents. Il y a encore beaucoup à faire à Saint-Léonard. On ne peut s’asseoir et dire moi j’ai déjà fait.

D.N : Une parole ou un conseil pour les femmes qui souhaiteraient se lancer en politique

N.G.C : Commencez d’abord à vous impliquer à petite échelle. On ne peut pas se lever d’un bon matin pour se lancer en politique. Pour moi quelqu’un qui fait ça est un imposteur, et vient juste prendre un privilège. Il faut avoir été cette personne qui a eu à cœur le changement dans sa communauté, qui a essayé de faire ce changement à petite échelle et qui aujourd’hui pense qu’elle peut avancer le pas pour le faire à grande échelle.

Shylene Prempin

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